Ce que Dieu a uni…

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annulment« Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas. » (Marc 10, 9) Avec le récent Synode sur la famille, cette question du divorce et du remariage a surgi de nouveau dans les échanges. Peu de gens de mon entourage arrivent à comprendre cet « endurcissement » face aux couples qui ont vécu un premier échec et qui se retrouvent jugés par l’Église en raison d’un nouvel engagement conjugal.

J’ai moi-même eu « l’honneur » dans ma vie d’être appelé à témoigner au cours de deux mariages dans ma famille. Les deux couples m’avaient demandé de préparer leur mariage avec eux et d’y apporter ma contribution lors de l’homélie. Je dois confesser aujourd’hui que j’ai échoué lamentablement. Non pas que ce que j’ai pu dire à l’époque n’avait aucun sens, bien au contraire! En tant que jeune théologien, j’ai énoncé clairement et avec fierté le rôle et la mission du couple dans le monde: « Être le reflet fidèle de l’amour de Dieu pour l’humanité, du Christ pour l’Église en se nourrissant quotidiennement à même cet amour divin ». Non, mon échec n’est pas théologique, il est plutôt anthropologique!

La très vaste majorité des couples qui s’adressent à l’Église, ici au Québec, pour se marier « religieusement », ont une très vague idée du sens théologique de leur engagement. Ils y viennent pour sceller leur amour et lui conférer une sorte de caractère sacré, ce qui montre bien leur « bonne foi ». Mais même s’ils se montrent patients en écoutant l’énoncé de mission qu’on leur confie, ils sont le plus souvent à des lieues de pouvoir en saisir toute la portée et de prendre un engagement aussi définitif.

Je crois sincèrement que je n’ai pas été digne de la confiance des deux couples qui ont voulu m’associer à leur démarche. J’étais pour eux une personne de confiance face à un univers devenu étranger (l’Église) et des codes de langage qu’ils ne comprenaient pas. En principe, j’aurais dû partir de leur projet, de leur amour, de leur volonté de s’établir comme couple plutôt que de leur imposer une sorte de mission qui ne collait en rien à leur situation. J’aurais dû leur proposer quelque chose d’intermédiaire, une fête de l’amour, une reconnaissance publique d’un projet en marche, mais pas un mariage. Les deux couples ont divorcé. Les quatre personnes se sont réengagées autrement et je n’ai pas été « demandé » pour être au coeur de leur nouvel engagement. Et ça se comprend!

Une mission qu’on embrasse progressivement

un-forum-discussion-lors-rassemblement-national-jeunes-religieux-religieuses-france_1_730_484Faisons un parallèle avec les personnes « consacrées », celles qui font un engagement au sein d’une communauté religieuse catholique. Celles-ci ont à vivre un certain nombre d’étapes avec des temps de discernement et parfois même d’épreuves. Une femme ou un homme se présente à une communauté, elle manifeste un intérêt. La plupart du temps, on lui montrera un certain détachement de manière à éprouver son désir. Elle reviendra et insistera. On lui proposera un temps relativement court pour « voir ». Parfois, on institue même une telle étape en appelant ces personnes des « regardantes » et on leur offre un accompagnement en vue de toujours s’assurer de leur liberté. Au bout de cette période qui peut durer un à deux ans, la personne peut demander à entrer dans la communauté. Si le discernement le confirme, on l’accueillera comme « novice ». Cette nouvelle étape lui permet de vivre entièrement dans la communauté, mais c’est un temps d’apprentissage, d’études, de travail. Le noviciat peut durer trois ans, parfois plus longtemps! La personne est toujours libre de quitter sans rompre un quelconque engagement. Ce n’est qu’après cette période qu’une première forme d’engagement plus formel entre en scène, la « profession temporaire ». La personne s’engage à approfondir sa vocation en étant pleinement membre de la communauté, mais ses « voeux » seront à réviser au terme de l’échéance qui peut durer de deux à trois ans, parfois plus! Enfin, parvenu au terme de ce temps qui vérifie constamment la liberté de l’individu et le discernement de sa vocation, celui-ci peut alors prononcer ses « voeux perpétuels » considérés comme irrévocables. Au total, un tel cheminement peut prendre de 5 à 10 ans avant de se conclure par un « mariage avec l’Époux ». La personne consacrée y reçoit la mission d’être fidèle et de témoigner de l’amour sans partage de Jésus pour elle-même et pour chaque être humain!

Revenons au mariage entre un homme et une femme. Ceux-ci ont passé quelque temps à se fréquenter, de moins en moins d’ailleurs. Ils ont assez souvent déjà vécu quelques mois ensemble, parfois plus. Et ils se présentent à l’Église. On leur donnera un weekend de préparation et on bénira leur alliance par le sacrement. Désormais, ils seront engagés de façon perpétuelle aux yeux de Dieu et personne sur terre n’aura plus le droit de « les séparer » (pas même eux)!

Ne voyez-vous pas, comme moi, une incohérence totale entre ces deux manières de s’engager devant Dieu et devant l’Église? Dans le premier cas, en outre, il s’agit d’une personne seule! Elle n’a qu’elle-même à scruter et à se voir cheminer vers son objectif alors que dans le mariage, il y a deux individus avec tout ce qu’ils sont: histoire personnelle, joies, peines, hésitations, peurs, désirs, etc.

Le sexe, le vrai problème?

La différence entre les deux situations, c’est la sexualisation de l’engagement religieux. Dans le premier cas, c’est la chasteté qui est en jeu. Dans le second, les relations sexuelles feront partie de l’équation tôt ou tard. Et comme il est rarement possible de les reporter de quelques années (!), vaut mieux alors unir les amoureux le plus tôt possible pour leur éviter le péché du « sexe hors mariage » (et bien sûr encadrer aussi l’arrivée d’enfants).

Je suis sans doute bien prétentieux de croire que la gradualité de l’engagement vocationnel devrait s’appliquer de la même manière à un couple chrétien qu’il est de mise pour une personne seule. Mais mon expérience personnelle me démontre que le mariage « religieux » devant Dieu et devant l’Église ne devrait survenir qu’après bien des années de fidélité que le couple aurait vécues et qui l’auraient éprouvé. Une majorité de couples ne survit pas au temps. Ceux qui survivent et qui reconnaissent la présence de Dieu et son amour indéfectible pour eux pourraient être accompagnés et invités à sceller cet amour dans l’alliance du mariage. C’est alors et alors seulement que nous pourrions parler d’un mariage « que Dieu a uni »…

Il est probable qu’ainsi nos tribunaux ecclésiastiques seraient beaucoup moins occupés qu’ils ne le sont actuellement et que les mariages célébrés à l’Église porteraient davantage la marque de la vocation sacramentelle dont nous avons tant besoin pour signifier au monde toute la beauté de l’amour qui s’engage, qui dure et qui se transforme au rythme du temps, à l’image et à la ressemblance de Dieu…

À propos de Jocelyn Girard

Marié depuis 1984, 5 enfants (que des "gars"), 6 petits-enfants... Je travaille dans l'équipe diocésaine de pastorale pour l'Église catholique au Saguenay-Lac-St-Jean et en tant que professeur à l'Institut de formation théologique et pastorale. Ce n'est pas un travail pour convertir les gens à la foi chrétienne, c'est plutôt pour accompagner ceux et celles qui ont choisi de croire... Je ne suis donc pas très effrayant et plutôt de bonne compagnie, accueillait et discutant avec quiconque se montre respectueux, sans distinction d'origine, d'ethnie, de religion d'orientation sexuelle ou de handicap. J'ai auparavant fait partie de L'Arche de Jean Vanier (en France et à Montréal) à laquelle je continue d'être attaché spirituellement. Autre blogue: http://lebonheurestdansleoui.wordpress.com Twitter : http://twitter.com/#!/jocelyn_girard Facebook : Jocelyn.Girard.9

réponses "

  1. Jocelyn. En tant qu’homme marié en église et heureux de cet état depuis 32 ans, puis-je oser un commentaire. Le mariage « devant la communauté de foi et dans la foi » est conçu pour des chrétiens pour qui la marche à la suite du Christ a une signification bien concrète. Il en va de même de la parole du Christ sur le mariage, qu’il adresse à ses disciples puis, plus largement, au peuple d’Israël qui est en alliance avec Dieu. Être en alliance avec Dieu, c’est assumer, implicitement, une mission dans le monde. Beaucoup de confusion a été créé au Québec et ailleurs du fait que les catholicisme a plus ou moins endossé le rôle de religion de la cité – la cité de tous les Canadiens-français. Le pratiquant est présumé chrétien, et cela ne pose pas beaucoup de questions tant qu’il pratique un tant soit peu sa religion. Mais lorsqu’il ne la pratique plus et n’y comprend plus grand chose, il est toujours présumé chrétien et le service religieux du mariage, un service que l’église doit offrir aux citoyens (baptisés?). La confusion est inévitablement au rendez-vous. S’y ajoute peut-être l’idée vague que le mariage religieux aurait un quelque chose de plus que le mariage civil. Évidemment, il a une dimension de plus pour le croyant, le disciple de Jésus, qui s’inscrit déjà dans l’alliance et participe de tout son cœur à la mission. Mais pour les autres, pour ceux qui ne s’identifient pas à cette mission, qu’est-ce que cela peut signifier ?

    • Bonjour Graphou, osez tant que vous le désirez! Je suis bien d’accord que les préalables sont le plus souvent absents au regard de la foi chrétienne engagée à la suite du Christ. C’est bien pour cela que le mariage « en Église » est dans une telle crise, à mon avis. Mais comme vous le soulignez, nous sortons d’une société où la culture et la religion étaient en quelque sorte fusionnées. Dès lors que les deux se séparent et que la première vit sereinement cette déliaison, nous ne pouvons plus poursuivre nos pratiques anciennes de la même manière sans en éprouver un réel sentiment d’incohérence! Il nous faut donc, nous catholiques, tout revoir notre « machinerie » qui a été trop longtemps automatisée pour développer quelque chose de plus plus adapté et surtout de plus personnalisé, d’où un dialogue pastoral et du temps. Ma proposition constitue une forme de mi-chemin, non pas pour donner un sens élitiste au mariage chrétien, mais plutôt pour donner du temps aux couples, en les accompagnant, pour voir surgir au milieu d’eux Jésus qui marche sur leur chemin et prendre conscience que leur vie de disciple doit être première et qu’elle englobe également leur union conjugale.

  2. J’ai apprécié cette réflexion même n’étant pas mariée j’y trouve matière à revoir en effet les pratiques de ce sacrement. D’ailleurs je pense bien que les jeunes générations (se situant entre 20 et 40 ans) ne savent pas ce que cela veut dire sacrement. Des jeunes de mon entourage familial voit dans le mariage à l’église comme un engagement marquant et sacré. Je vais leur présenter ta réflexion et je verrai ce que tout cela leur dit.

  3. Jocelyn. Merci pour ta réponse. Si j’ai bien compris ta position, tu souhaites qu’on marie en église les couples « que bien des années de fidélité auraient déjà éprouvés », les couples qui « ont survécu au temps » et qui « reconnaissent la présence de Dieu et son amour indéfectible pour eux ». En bref, si j’ai bien compris, tu souhaites que l’église marie les couples qui marchent, qui réussissent ou qui offrent des garanties de réussite. Leur mariage serait alors une mariage que Dieu a réellement uni. Ainsi, éviterait-on d’unir des couples qui divorceront par la suite (ou on en unira moins), ce qui éviterait de se retrouver avec un bon nombre de divorcés qui, en principe, n’ont plus droit au mariage chrétien. Je le reformule à ma manière pour être certain de t’avoir bien compris.

    • Oui, c’est exact, sans exclure complètement les couples moins éprouvés par le temps qui ont déjà, à l’aube de leur vie à deux, pris la mesure de la place centrale qu’ils donnent à Dieu dans leur vie… d’où le discernement.

  4. Bonjour Jocelyn. C’est à vous qu’il revient de trouver un chemin de sagesse en considération du rapport compliqué de votre église à la société québécoise. La précarité des unions et l’éclatement de la base familiale ajoute à la difficulté. La recherche du conseil de Dieu dans la prière et la méditation de l’Écriture est indispensable. Que le Dieu de toutes grâces vous révèle sa volonté et qu’il éclaire votre chemin à mesure que vous y marcherez.

    Il me semble toutefois que votre approche a le défaut de mettre le mérite, et non la foi, au premier plan. En réservant le mariage religieux aux couples qui « marchent » déjà, vous risquez de créer une forme d’élitisme, non plus basée sur la croyance, mais sur l’avantage qu’ont certaines personnes par rapport à d’autres. Certains couples ont plus de chances de réussir, en raisons de leurs caractères, de leurs antécédents, de leur éducation et d’autres facteurs. Alors que d’autres couples ont tout contre eux et ne pourront tenir qu’au prix de grands combats et, comme il arrive, d’un échec. En réservant le mariage religieux et le statut de « ceux que Dieu a uni » aux couples qui réussissent, ne risque-t-on pas de « sanctifier », en fin de compte, les plus favorisés humainement ? Serez-vous toujours fidèles à l’Évangile de Jésus-Christ ? Ce même Jésus qui invita la Samaritaine aux cinq mariages ratés à croire en lui pour s’abreuver des eaux vivre de l’Esprit.

    Je suis persuadé que la foi du cœur (non pas « croyance », mais « fidélité indéfectible à l’égard d’une personne »), non la performance, est le facteur-clé de la réussite du couple. J’ai vu des couples qu’on pourrait appeler « improbables » qui ont tenu et qui tiennent toujours, malgré les efforts que cela demande semaine après semaine, simplement parce que ces personnes avaient foi en Dieu et, implicitement, foi en eux-même et foi en leur partenaire. On cherche aujourd’hui toutes sortes d’explications à l’éclatement des couples et de la famille et la plupart de ces explications sont correctes. Mais il est rare qu’on mentionne « la perte de la foi ». Perte de foi en Dieu (et pas seulement dans la religion qui est supposée le représenter) qui se traduit par la perte de foi en sa propre capacité à s’engager à aimer toujours, et perte de foi en la capacité du conjoint d’en faire autant. On laisse les circonstances décider du jeu, en espérant qu’elles nous seront favorables. Elles sont souvent défavorables.

    Je me pose spontanément cette question : Pourquoi nous est-il si difficile, aujourd’hui, d’engager un dialogue honnête sur la question de la foi (au sens où je l’emploie) ? La question est-elle devenue à ce point « personnelle » qu’il est déplacé d’en parler ? Il me semble que tant que cette question n’est pas abordée courageusement, on risque de construire sa maison sur du sable.

  5. Bonjour Graphou. Merci d’entretenir cette conversation. Le risque de l’élitisme est réel avec la proposition que je lance, mais il me paraît réduit justement par le « comparable » que j’établis avec le processus vocationnel des personnes consacrées. Ce n’est jamais le critère de réussite ni de performance qui est scruté dans le cheminement vocationnel, mais justement le lien que la personne entretient avec le Christ et comment celui-ci continue d’appeler à le suivre. Voilà pourquoi le mariage n’est pas dans mon esprit une récompense au mérite, mais bien plutôt une reconnaissance de la présence gratuite et constante de Dieu dans la vie du couple. Je propose des étapes, comme dans le cheminement catéchuménal, et du temps. Des étapes qui sont à chaque fois Bonne Nouvelle du travail de l’Esprit et des fruits qu’il donne dans la vie du couple. C’est ici que le problème avec « mon » Église survient, car notre code de droit canonique est loin de permettre des étapes, elle ne reconnaît même pas la validité d’un mariage civil (tout en s’opposant à ce que les personnes homosexuelles y accèdent)!
    Imaginons simplement une bénédiction simple d’une union d’un couple en ses commencements, pour signifier qu’ils veulent tenir compte et intégrer progressivement la reconnaissance de la source de leur amour qui se trouve dans le coeur de Dieu. Imaginons ensuite des fiançailles qui marquent une étape de plus (ce serait par ailleurs un moyen de réhabiliter cette promesse publique de l’un à l’autre). Et enfin le mariage (précédé peut-être par le mariage civil qui serait alors détaché du mariage religieux dans la ligne d’une vraie laïcité), lorsque les premières crises du couple ont été traversées et que la maturité permet d’envisager plus sereinement la fidélité à long terme…
    Je ne crois pas qu’une telle approche vaudrait pour tous les couples, mais si un certain pourcentage s’engageait dans cette veine, ne pourrait-on pas être justifiés de croire que le mariage en serait valorisé?

  6. Jocelyn. Du côté protestant, le mariage est avant tout une union civile – très honorable, même si on en fait pas un sacrement. C’est pourquoi l’église reconnaît pleinement le mariage civile et ne lui donne même pas un statut inférieur au mariage religieux. D’ailleurs, pour dire les choses comme elles sont, le célébrant en église est de prime abord le mandataire de l’État pour l’inscription légale du mariage. Tout mariage est en premier lieu un mariage civil. Pour le croyant, il s’y ajoute la dimension spirituelle. On se marie devant Dieu et la communauté de foi, on prononce ses vœux en sa présence et le prend à témoin. Bref, la dimension légale est distincte de la dimension spirituelle, sans lui être inférieure.

    J’ai vécu cette distinction lors du mariage de ma fille. Elle s’est d’abord mariée civilement, en Europe, pour mettre en branle la démarche d’acceptation de son mari comme résident permanent du Canada. Un peu plus d’un an plus tard, nous avons célébré leur mariage au Québec, dans sa dimension de foi. Nous avons donc marié des mariés, mais cette fois en célébrant leur engagement de foi. Il faut dire que les Européens sont familiers avec l’idée d’une nette distinction entre mariage civil et mariage religieux. On se marie à la mairie et, s’il y a lieu, à l’église, pour y ajouter la dimension de la foi. Peut-être pourriez-nous vous inspirer de cette pratique…

    Le remariage, chez-nous, c’est du cas par cas. Il n’y a pas de règle ecclésiastique qui l’interdise absolument. Mais les pasteurs ne sont pas sots. Ils s’assurent, en général, que la personne qui veut se remarier se soit saisie de sa part de responsabilité dans l’échec de son premier mariage. Ok pour une deuxième chance, mais pas question de l’offrir les yeux fermés. Cela arrive rarement. Peut-être parce que les gens concernés choisissent alors le mariage civil – s’ils tiennent toujours à se marier. En vérité le divorce est une tragédie dans la vie d’un croyant. Il n’est pas rare que sa foi en soit brisée.

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