Archives de catégorie : Société

Comment mesurer la valeur de notre monde devant les champions de la haine?

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Un homme et sa fille fuient un quartier de Mossoul, contrôlé par l'État islamique, durant les combats, le 4 mars 2017.

Un homme et sa fille fuient un quartier de Mossoul, contrôlé par l’État islamique, durant les combats, le 4 mars 2017.   (CNS photo/Goran Tomasevic, Reuters)

Mon plus jeune fils me demande souvent, à propos de ce qu’il fait ou observe: «est-ce un record du monde, papa?» Comme bien de nos contemporains, il a besoin de mesurer la valeur des performances pour leur accorder l’attention qu’elles méritent.

Depuis toujours, les représentants des grandes religions témoignent à leur manière d’un mécanisme semblable à propos des persécutions religieuses. C’est comme si, à l’image de ce qui se passe dans le sport de compétition, il existait un besoin impérieux d’établir une hiérarchie des champions et des perdants.

Notre époque aurait-elle atteint un sommet en matière de persécution religieuse? Les attentats dans deux églises coptes en Égypte, en plein dimanche des Rameaux, ont rappelé aux chrétiens qu’ils demeurent les plus persécutés dans le monde. Il y a quelques années, Le livre noir de la condition des chrétiens dans le monde notait que jusqu’à 200 millions de chrétiens étaient discriminés dans près de 140 pays, faisant du christianisme la religion la plus persécutée au monde, une réalité que de nouveaux rapports confirment chaque année. Voilà pour les «champions» du supplice!

Malheureusement, il n’existe pas d’époque sans persécution religieuse. Il suffit de revoir l’histoire de l’humanité pour se rendre compte qu’elle en fait partie intégrante.

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De qui sommes-nous les frères, les soeurs?

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Après une attaque chimique le 3 avril à Idleb, en Syrie (CNS photo/handout via EPA)

 

Voir une fois de plus des images d’enfants syriens gazés arrache le cœur. Même chose pour la Somalie et le Soudan, encore aux prises avec une famine. De telles visions d’enfer interpellent immédiatement le sens de la famille.

Tous les parents du monde protègent leur progéniture, lui procurent le nécessaire, l’éduquent et lui donnent un milieu familial et social qui permet la croissance, en tentant de lui éviter tout mal. La nature nous a dotés d’un instinct de préservation élémentaire. Nous y répondons en élargissant le cercle familial à l’ethnie, parfois à la patrie.

Mais lorsque la fatalité s’abat sur une famille, comme il arrive pour des milliers en Syrie et ailleurs, c’est l’instinct de survie qui prend le dessus. Nous pouvons assister à cette réalité chaque jour par le biais des médias. Là où la guerre fait rage, les pères et les mères font tout pour protéger leurs enfants des bombardements et de la violence des combats. La fuite devient souvent la seule issue quand elle est encore possible. Nous répugnons à entendre leurs hurlements de douleur. N’avoir jamais vécu un tel drame ne nous épargne pas du devoir de nous y projeter afin de chercher à comprendre et à compatir.

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Des regards qui créent des murs

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mur de berlinEn vivant désormais dans un monde virtuel où les informations nous submergent de toutes parts, tant les vraies que les fausses, les sérieuses que les superficielles, ne nous sentons-nous pas envahis d’un sentiment durable que le monde est plus mal en point que jamais?

Il y a bien matière à acquiescer. Regardons juste à côté de chez nous. Comment comprendre qu’un peuple libre, fier et puissant, ait été jusqu’à élire un être caricatural, à la suite d’une campagne d’injures, de faussetés répétées, suscitant haine et violence tournées vers des minorités? N’est-ce pas la plus grande démocratie qui a donné un tel résultat?

Un monde qui fait peur

Le monde dans lequel nous vivons a changé considérablement. Les politiques néolibérales ont permis la fluidité des échanges internationaux et la concurrence souvent déloyale lorsque les salaires de pays en émergence permettent des coûts de production outrageusement bas. L’ouverture des marchés y contribuant, nos usines locales ferment une à une, victimes de la délocalisation au profit d’actionnaires toujours plus avides et amoraux. Les grandes entreprises qui subsistent font la réingénierie de leurs processus, comptant de plus sur les sous-traitants et leurs emplois précaires. L’austérité ajoute une couche à la morosité. Prédire l’appauvrissement progressif de nos classes ouvrière et moyenne est devenu un truisme.

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Le prophète et la Femen

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Le 21 mars 2017, une militante Femen s’est trouvée acquittée à la suite d’un procès pour tapage et vandalisme dans le cadre du Grand Prix de Formule 1 à Montréal en juin 2015. Neda Topaloski et une complice s’étaient présentées, poitrines dénudées marquées de messages provocateurs, sur un site public où l’on exposait des voitures, grimpant sur l’une d’elles et proférant les slogans du groupe à tue-tête et d’où elles furent violemment interceptées.

Après l’acquittement, l’avocate de Mme Topaloski, Véronique Robert confiait au Devoir qu’il s’agit d’une décision importante pour le droit de manifester et pour les revendications féministes, la décision retenant surtout que l’intention était de transmettre un message contre l’exploitation des femmes.

Face aux manifestations des Femen à travers le monde, je suis, comme plusieurs, perplexe et parfois choqué. L’utilisation qu’elles font de leur corps, dont l’instrumentalisation par des tiers est dénoncée, pourrait porter à confusion et ne pas servir leur message, surtout lorsqu’il y a grabuge. Mais il faut admettre que cette nouvelle forme d’activisme s’avère efficace pour dénoncer l’exploitation des femmes et de leur corps en particulier.

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Pédophilie et Église, la question qui tue

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Le cardinal américain Sean O’Malley, président de la Commission pontificale pour la protection des mineurs, prenait part à un séminaire sur la protection des enfants à l’Université pontificale grégorienne, à Rome, le 23 mars 2017.

Le cardinal américain Sean O’Malley, président de la Commission pontificale pour la protection des mineurs, prenait part à un séminaire sur la protection des enfants à l’Université pontifical grégorienne, à Rome, le 23 mars 2017. (CNS photo/Paul Haring)

 

L’accusation revient sans cesse sur le tapis, comme un truc collant dont on essaie de se débarrasser sans y parvenir. Cette semaine en France, par exemple, une équipe de journalistes a mis le doigt sur la situation française. À en croire leur reportage, 25 évêques auraient couvert les actes pédophiles de 32 agresseurs sexuels. Jusque-là épargnée par les nombreux scandales qui sont déterrés dans des pays comme le Canada, les États-Unis et l’Australie, l’Église de France pourrait désormais s’approcher du podium. Quant à la situation mondiale, le pape lui-même a lancé le chiffre de 2% de prêtres abuseurs en 2014, ce qui indique bien qu’il s’agit d’un vrai problème.
Toute forme d’agression contre les enfants est devenue la valeur suprême dans l’échelle d’indignation de nos contemporains. Les lois protégeant l’enfant ont foisonné un peu partout à partir des années 1970. Il est courant pour nous, aujourd’hui, de savoir reconnaître ce qu’est un abus sexuel sur mineur, mais cela n’était pas si évident il y a à peine cinquante ans, y compris pour les gens d’Église.

Tout en nous aspire à la lumière*

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soleilLorsque le mois de mars arrive, en nos pays nordiques, notre lassitude collective de la grisaille s’amplifie avec les derniers soubresauts d’hiver. Même si les journées commencent à allonger, nous n’en avons jamais assez des quelques heures d’ensoleillement qui nous sont données de temps à autre.

Ce n’est pas pour rien que nous avons instauré une « semaine de relâche », pour les parents autant que pour les écoliers. Cette habitude fait désormais partie de nos traditions. De nombreuses familles prennent leur congé durant cette période afin de profiter d’un voyage dans le sud. Certaines profitent de la générosité des grands-parents qui gardent les enfants. Le but est simple : trouver un peu de lumière et de chaleur afin de quitter, pour un moment, l’hiver qui s’étire toujours trop à notre goût.

soleil1C’est aussi en mars que survient le fameux changement d’heure. Nous nous mettons à l’heure avancée, rebaptisée « l’heure d’été » bien avant l’heure ! Nous justifions encore aujourd’hui ce changement pour des motifs liés à la lumière : pour étirer les jours et aussi pour économiser sur l’énergie.

Enfin, en mars toujours, arrive l’équinoxe du printemps. Même si l’hiver nous poursuit de ses derniers élans, le soleil nous offre ses chauds rayons qui permettent à nos cœurs de se réchauffer à leur tour. En démontant leurs abris temporaires, certains voient apparaître leurs voisins qui, comme nous tous, ne sortaient que lorsqu’il le fallait en n’abusant jamais du temps passé à l’extérieur!

La véritable lumière

N’est-il pas inscrit dans notre chair, dans nos rythmes saisonniers et mêmes dans nos rituels sociaux, que nous sommes des êtres faits pour la lumière? N’est-ce pas d’ailleurs à cela que l’Église cherche à répondre par sa liturgie?

Ce temps du Carême peut parfois nous paraître semblable à la grisaille de l’hiver. Il s’inscrit habituellement dans cette même période où tout nous paraît long et durant laquelle nous aspirons à plus de lumière.

C’est dans cette préparation intérieure que nous laisserons surgir le printemps, toujours plus tardif que l’équinoxe, en Boréalie. Nous serons au diapason de la fête que l’Église nous donne à célébrer, la Pâques, qui est un authentique passage des ténèbres de nos tombeaux à la lumière du Christ ressuscité, de la mort à la vie nouvelle.

Ainsi le rythme de nos saisons se présente comme en harmonie avec nos rythmes intérieurs, à moins que ce ne soit le contraire! Ce qui importe, c’est ce besoin semé profondément en nous de tendre vers la lumière.

lumiereUn personnage important dont nous célébrons l’anniversaire le 17 mars, saint Patrick, patron et évangélisateur de l’Irlande, a lui-même bien illustré le désir intérieur qui nous pousse vers la lumière. Ainsi écrivait-il:

Nous […] croyons et adorons le soleil véritable, le Christ, qui jamais ne périra, et quiconque fait sa volonté ne périra pas, mais il demeurera éternellement.

Puissions-nous vivre plus sereinement ces moments où l’obscurité et parfois même l’opacité de la fin de l’hiver concordent avec nos propres expériences de vie. Que toujours nous soyons assurés, tout comme le printemps succède à l’hiver, qu’au bout de la nuit viendra l’aube nouvelle.

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* Ce texte est le 44e article de la série “En quête de foi”, publié dans l’édition de mars 2017 du Messager de Saint-Antoine.

Que personne ne soit laissé seul*

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La période des Fêtes arrive à grands pas. Après le magasinage et les « partys » de bureau, la vaste majorité d’entre nous se laissera gagner peu à peu par la joie des retrouvailles en famille. Et les chants traditionnels entendus jusqu’à saturation nous répéteront sans cesse à quel point le temps des Fêtes est un temps pour penser à l’autre, à ceux et à celles qui sont isolés surtout.

Le mal de la solitude

La solitude peut être une avenue très intéressante au milieu du stress de la vie moderne. Entre les enfants (les petits-enfants), l’école, le travail, les loisirs, les rencontres, les sorties, les visites médicales, etc., il ne reste souvent que peu de temps pour se retrouver avec soi-même. Lorsque nous trouvons de tels moments dans quotidien, il n’est pas rare que ceux-ci deviennent des moyens d’équilibre et d’apaisement, parfois de rencontres avec Dieu. Alors que le tourbillon des Fêtes s’amène à grands pas, il est certes recommandé de garder de la disponibilité pour cette solitude qui régénère.

Mais la solitude peut aussi s’avérer plus accablante pour d’autres personnes : celles qui n’ont pas de famille ou dont la famille a cessé de se rencontrer; celles qui ont vécu une séparation difficile qui a laissé des marques profondes; celles qui n’ont pas d’amis parce que leurs habiletés sociales ne comptent pas parmi les modèles à suivre; celles qui ont cessé de croire à la bonté des autres et qui se réfugient dans leur monde à eux, privés du bonheur de la relation.

Je pense notamment aux solitaires qui auront développé une sorte d’addiction, en compensation pour le manque de « petites joies » quotidiennes. Récemment, des chiffres sur l’utilisation des appareils de loterie vidéo ont été publiés. Ces machines que l’on trouve un peu partout dans les bars et les casinos sont de véritables pièges à solitaires : 83 % des utilisateurs fréquentant les casions sont devenus dépendants des machines à sous. En moyenne, ils dépensent individuellement plus de 1 600 $ par année, ce qui rapporte à la société d’État près de 1,5 milliard de dollars! Une personne sur huit au Québec s’adonne régulièrement à ces jeux de hasard conçus pour vous garder le plus longtemps devant la fameuse machine qui joue avec votre adrénaline. Celle-ci peut même devenir la seule « relation » de certains individus!

Il en va de même pour d’autres dépendances, qu’elles soient relatives aux substances, à la nourriture, au sexe. Elles sont la plupart du temps sources de honte pour les personnes qui s’engouffrent dans leurs tentacules. Et la honte, cette maladie de la dépendance, produit son propre fruit : l’isolement.

Partageons un bon moment

Alors que nous serons nombreux à nous rassembler et être bien entourés de nos familles et nos amis en cette fin d’année, nous pourrions réfléchir à un geste à poser qui serait tout simple : aller à la rencontre d’une personne seule. Il suffit d’un coup de téléphone, d’un petit texto ou d’un message pour s’inviter chez l’autre. Qui sait? Peut-être lui permettrez-vous de retrouver le goût de vraies relations?

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* Ce texte est le 42e article de la série “En quête de foi”, publié dans l’édition de décembre 2016 du Messager de Saint-Antoine