Le Christ par-ci, le Christ par-là là

JeanTremblay YGreck

Crédit: http://ygreck.typepad.com/ 

Dans une semaine, le règne de Jean Tremblay se terminera à Saguenay. Faisant partie d’un groupe peu envié de personnages qui comptent parmi les plus ridiculisés au Québec, il aura pourtant eu les coudées franches durant vingt ans pour terroriser celles et ceux qui ont tenté plus ou moins directement de s’opposer à ses idées.

Mon propos concerne moins ses invectives blessantes qu’il a adressées à quiconque s’est trouvé dans sa mire que ses allusions à la personne du Christ qu’il a plus d’une fois instrumentalisé pour ses propres intérêts, pour justifier certains de ses combats ou tout simplement pour se défendre d’être comme il est.

La plus récente allusion concerne justement ses réactions à l’emporte-pièce au Conseil de Ville qu’une journaliste qualifiait de « durs »! Il s’est empressé de légitimer une telle posture en la ramenant sur son terrain de prédilection, la religion : « Pensez-vous qu’il y a des paroles plus dures que celles du Christ ? C’est mon modèle. Il m’a inspiré. »

Regardons de plus près ce « modèle ». Jésus s’est-il montré si dur que Jean Tremblay l’affirme? La réponse est… oui. Car Jésus a été souvent confronté à l’incompréhension des foules et même de ses disciples ainsi qu’à l’hypocrisie des gens, surtout des responsables religieux. Voici quelques exemples des paroles dures à entendre :

  • « Ce ne sont pas tous ceux qui me disent : «Seigneur, Seigneur», qui entreront dans le Royaume des cieux, mais seulement ceux qui font la volonté de mon Père qui est dans les cieux. » (Mt 7,21)
  • « Je vous le dis, si votre justice ne surpasse celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez sûrement pas dans le Royaume des cieux. » (Mt 5, 20)
  • « Va-t’en! Derrière moi, Satan! » (Mt 16, 21)
  • « Si ta main entraîne ta chute, coupe-la;… et si ton oeil entraîne ta chute, arrache-le » (Lc 8,43-47)
  • « Si quelqu’un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, ses soeurs, et même sa propre vie, il ne peut être mon disciple. » (Lc 14,25-26)
  • « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même et qu’il me suive. En effet, qui veut sauver sa vie, la perdra; mais qui perdra sa vie à cause de moi et de l’Évangile, la sauvera » (Mc 8,34-35)

Et des paroles encore plus dures envers ceux et celles qui abusaient de leur pouvoir :

  • « Vous voilà bien, vous, les pharisiens! C’est l’extérieur de la coupe et du plat que vous purifiez, alors que votre intérieur est plein de rapacité et de méchanceté. » (Lc 11, 39)
  • « Malheur à vous, pharisiens, parce que vous aimez le premier siège dans les synagogues et les salutations sur les places publiques! » (Lc 11, 43)

On pourrait passer de longues minutes de lecture si on mettait à la suite tous les passages qui montrent un Christ « dur ». Ce n’est pas pour rien qu’un scribe se permit une remarque : « Maître, en parlant de la sorte, tu nous insultes, nous aussi! » (Lc 11, 45). Il peut sembler difficile de mettre en relation de telles paroles avec l’auto-affirmation de Jésus qui se dit « doux et humble de coeur » (Mt 11,29). Et pourtant…

Imitation de Jésus-Christ

Jean Tremblay a sans doute connu le fameux petit livre publié à la fin du XIVe siècle et intitulé L’imitation de Jésus-Christ. Ce livre est une profonde méditation sur la vie du Christ et un appel à imiter ses attitudes, surtout celles concernant sa profonde humilité, lui qui s’en est toujours remis à Dieu pour tout ce qu’il a fait. Je me propose donc de souligner quelques passages qui valent pour toute personne, à commencer par moi-même, et qui ne peuvent pas ne pas s’adresser à notre vertueux maire…

Dès la première page, il est écrit : « Que vous sert de raisonner profondément sur la Trinité, si vous n’êtes pas humble, et que par-là vous déplaisez à la Trinité ? » Et plus loin : « Ne rien s’attribuer et penser favorablement des autres, c’est une grande sagesse et une grande perfection. »

L’auteur médiéval va plus loin, s’inspirant toujours de la figure de Jésus:

« Ne vous estimez pas meilleur que les autres; peut-être êtes-vous pire aux yeux de Dieu, qui sait ce qu’il y a dans l’homme. Ne vous enorgueillissez pas de vos bonnes oeuvres, car les jugements de Dieu sont autres que ceux des hommes, et ce qui plaît aux hommes, souvent lui déplaît. S’il y a quelque bien en vous, croyez qu’il y en a plus dans les autres, afin de conserver l’humilité. »

Si ce livre a connu une diffusion ininterrompue depuis 600 ans, c’est sans doute qu’il a dû frapper assez juste sur ce que c’est que d’avoir pour modèle le Christ lui-même.

Imiter Jésus est une chose, s’imaginer être à sa place en est une autre ! Si Jean Tremblay s’est plu à pourfendre ses adversaires, ce n’était certes pas pour défendre le Christ, comme lui-même défendait la Vérité, mais bien plus souvent pour les envoyer paître de la manière la plus vile. Dire tout et son contraire, accuser l’un et ridiculiser l’autre, sont des manières qui n’ont rien à voir avec le modèle allégué du maire Tremblay.

En tant que croyant ayant pour modèle le même personnage que celui du maire sortant, je me suis senti profondément vexé chaque fois que Jean Tremblay a usé de son baptême pour frapper des gens du haut de son pouvoir, car si le Christ a dû user de mots « durs » pour faire passer son message, jamais il n’a manqué de respect envers ses interlocuteurs et jamais il ne leur a fermé la porte à un vrai dialogue, allant même jusqu’à accueillir un éventuel adversaire en pleine nuit pour lui éviter des représailles. C’est encore lui qui a montré le chemin ultime du pardon lorsqu’il a affranchi ses bourreaux sur la croix.

Blessé par les attitudes incompatibles de Jean Tremblay avec notre foi commune, j’aspire de sa part à une demande de pardon sincère adressée à toutes les personnes qu’il a sciemment offensées au cours de sa vie publique… C’est peut-être de cette façon qu’il pourra montrer de la manière la plus authentique qu’il est un vrai disciple du doux et humble Jésus.

Un choc des civilisations au Québec?

clashSommes-nous en train de vivre le « choc des civilisations » prédit par Samuel Huntington en 1992, qui affirmait que les conflits de notre époque seraient davantage liés aux différences civilisationnelles qu’à des enjeux économiques? Faut-il nous inquiéter du fait que des majorités de citoyens musulmans dans des États islamiques souhaitent que la charia devienne le cadre normatif juridique de leur pays? Et si ces musulmans majoritaires « chez eux » militent pour qu’il en soit ainsi, comment croire qu’ils ne le voudraient plus lorsqu’ils ont immigré « chez nous »?

À trop crier au loup…

Commençons par parler de « nous ». Nous formons historiquement une société majoritairement chrétienne. Mais nous savons bien que cette majorité est loin de se considérer pleinement conforme aux lois de l’Église, même aux temps de la Grande Noirceur. Le « droit canon » catholique peut, dans une certaine mesure, s’apparenter à la charia pour les musulmans, prévoyant des obligations, des interdits et des sanctions. Si les réformes les plus récentes de cette loi ne comportent plus de châtiments comme la peine de mort, c’est bien parce que la compréhension des Écritures a connu des adaptations qui permettent de contextualiser certains passages aujourd’hui devenus inapplicables. Par exemple, la lapidation est bel et bien un châtiment biblique, tout comme l’obligation de marier une jeune vierge qu’on aurait violée en payant simplement une dot au père pour laver « son déshonneur » (Deutéronome 22, 22-27). Et inutile de rappeler que la liberté de conscience ne fut pas le premier des droits promus par l’Église dès qu’elle fut reconnue « religion d’État »! Il est probable que l’émancipation de nos sociétés et la valorisation des libertés individuelles aient engendré une manière plus « spirituelle » de comprendre certaines transgressions et que, tout en les réprouvant, l’Église catholique a compris qu’elle devait consentir à laisser aux États l’autonomie de définir leurs propres lois.

Par ailleurs, nous connaissons tous plus ou moins des croyants fondamentalistes qui voudraient que leurs Écritures soient considérées comme la seule source du droit. Le roman de Margaret Atwood, La servante écarlate, montre bien ce que pourrait devenir une société dont le droit serait exclusivement tiré de la Bible. Il y a fort à parier que les inégalités seraient plus criantes et que la loi favoriserait certains, en apparence plus vertueux, au détriment de la majorité.

Quand nous crions au loup avec la charia, nous oublions peut-être que nous avons dans notre placard intégriste une charia biblique toute prête à être mise en œuvre et dont, fort heureusement, ni le magistère ni nos savants les plus érudits ne voudraient pour rien au monde qu’elle vienne à être instaurée! Est-il possible que nos indignations camouflent un désir secret de dicter leur conduite à certaines catégories de citoyen.e.s sans comprendre que, faisant ainsi, nous ouvririons le chemin à ce que nos propres libertés soient peu à peu vidées de leur substance?

Lois d’État et lois religieuses

La visée de la Loi est de permettre que chacun.e puisse vivre en toute quiétude, tant que son comportement ne vient pas brimer la liberté d’autrui ou qu’il ne porte pas atteinte au bien commun. Bien qu’inspirée du Coran, la charia n’en constitue pas moins une loi humaine qui vise l’ordre social et la régulation des comportements. Tout autant que pour la Bible, les croyants musulmans savent généralement nuancer ce qui est de nature à être appliqué littéralement et ce qui relève davantage de l’interpellation éthique et de la conscience de chaque individu. C’est d’ailleurs ce que nous entendons souvent de la part de musulman.e.s, lorsqu’ils et elles parlent de « leur islam » dans le sens d’une religion personnelle.

Ceux et celles qui ont quitté des républiques islamiques ont tourné le dos à des régimes répressifs qui n’adhèrent pas aux droits fondamentaux inscrits dans la Charte des droits de l’Homme. D’autres sont venu.e.s, attiré.e.s bien plus par nos libertés que par un quelconque intérêt à reproduire intégralement leur mode de vie. Mais il faut aussi comprendre que les inégalités qui sévissent dans plusieurs de ces pays incitent parfois les croyants, espérant un monde meilleur, à s’en remettre entièrement à Dieu pour la gouvernance de leur nation. Mais Dieu ne gouverne pas. Ce sont des hommes qui le font « à sa place ». Dans toute forme de gouvernance humaine, il y a toujours, au final, des privilégiés et des exclus. Or, c’est bien ce que nous désirons combattre, ici.

Notre vivre-ensemble, ici et maintenant

Plutôt que de craindre l’immigration musulmane comme étant vecteur d’importation de la charia, ne devrions-nous pas mieux nous engager à connaître nos concitoyens et concitoyennes venus de ces pays? Si, au plus secret de leurs cœurs, des musulmans rêvent qu’un jour le Canada et le Québec soient gouvernés par la charia, cela est-il si différent de tous ces ultra-conservateurs qui voudraient que soient démontées les cliniques de planning familial, que soient renvoyées au foyer les femmes et que soit réinstaurée la peine de mort ?

Il doit subsister en toute société démocratique une liberté de pensée et de s’exprimer sur de tels sujets. La raison humaine et la volonté de s’engager pour le bien commun feront plus et mieux que toutes les lois répressives que nous pourrions voter, comme la récente Loi 62 qui concerne principalement des femmes immigrantes, souvent plus vulnérables, accentuant le risque qu’elles soient la cible de propos et gestes discriminatoires, faute de se compromettre elles-mêmes face à leur propre conscience religieuse.

L’intégration repose sur une attitude et sur un travail de la société d’accueil. Attitude qui s’efforce à la patience en donnant du temps au nouvel arrivant pour comprendre dans quel monde il est tombé et pour s’y adapter. Travail pour que les instances concernées, qu’elles soient publiques ou de la société civile, résistent aux mouvements de peur et de rejet qui peuvent émerger tout naturellement devant les différences des modes de vie. Lorsque des élus et des gens d’influence sont les premiers à ne pas défendre les minorités et à ne pas encourager ce travail de bienveillance, les loups ne sont pas longs à s’ameuter, croyant avoir trouvé une proie facile…

Héritiers d’une théologie du viol

Une yézidi de 15 ans, Samia Sleman, a témoigné en avril 2016 à une conférence de l’ONU des viols vécus à l’âge de 13 ans par des membres de Daech.

Une yézidi de 15 ans, Samia Sleman, devant l’ONU pour témoigner des viols de combattants de Daech (CNS photo/Gregory A. Shemitz) 

Plusieurs reportages nous renseignent sur le sort des femmes vivant sur un territoire conquis par une milice appartenant à la mouvance terroriste islamiste. Chaque fois que Daech prend un village ou un territoire, il met systématiquement en marche les mêmes procédés: on se débarrasse des hommes et des adolescents pubères qui ne veulent pas se convertir, on sépare les femmes mariées et les jeunes filles, et on prend ces dernières, aussi jeunes qu’à 10 ans, pour être offertes comme esclaves sexuelles aux combattants ou vendues au marché du trafic humain.

Comment comprendre ce phénomène?

Daech apparaît comme le dernier exemple d’une théologie qui asservit les femmes et qui va jusqu’à justifier le viol dans un contexte de pratique religieuse. Une jeune femme de 15 ans, enlevée et séquestrée par le groupe armé, témoigne: «À chaque fois qu’il venait me violer, il priait»; «Il ne cessait de me dire que c’était ibadah», un mot qui se rapporte au culte (cf. RTBF.be). Il en est ainsi pour la plupart des combattants et de leurs chefs qui justifient leur barbarie à partir d’une lecture douteuse du Coran et de l’islam. Ainsi les femmes qui ne se couvrent pas d’un voile, de préférence intégral, sont perçues comme des tentatrices «appelant» les mâles au viol. Imaginez qu’il s’agisse d’une non-musulmane: dans ces situations, tout est permis.

La religion et le bon sens

Les religions monothéistes ont une longue histoire de rapports de domination sur les femmes. Quand ce n’est pas pour leur imposer un vêtement, cela peut être pour les réduire au silence. Le résultat revient toujours au même: elles sont renvoyées à un statut d’infériorité. Il est même possible de trouver des éléments pouvant légitimer une «culture du viol» dans plusieurs passages de textes sacrés. Or, il est nécessaire de contextualiser ces versets pour éviter qu’ils nous gardent figés dans une conception qui n’a plus de sens à notre époque!

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Un printemps pour la liberté religieuse?*

cross-952347_960_720Les questions religieuses font de plus en plus l’actualité. On se rappelle cette affaire du crucifix retiré d’un hôpital de Québec, sur la plainte d’un patient, et qui aurait porté préjudice aux catholiques. Et cette marche dans plusieurs villes « pour la liberté, la paix et la justice » qui, lorsqu’on gratte un peu, s’attaquait à l’islam. Christianophobie? Islamophobie? Faisons la part des choses.

Les persécutions en hausse

Nous vivons une époque difficile pour les croyants et les croyantes de toutes les religions. Dans la plupart des régions du monde, la persécution religieuse ne cesse d’augmenter, selon les différents rapports publiés comme celui de l’Aide à l’Église en Détresse (AED).

En général, il s’agit de groupuscules issus de la majorité qui s’en prennent aux minorités. Au Moyen-Orient, il est fréquent que des chrétiens et d’autres groupes soient ciblés alors que les musulmans le sont davantage en Inde ou en Asie et qu’en Corée du Nord toutes les religions sont formellement interdites!

Au Canada, pays de libertés protégées par ses chartes fédérale et provinciales, la paix sociale a été maintenue de manière plutôt exemplaire. Ainsi, des immigrants de toutes les régions du monde ont pu venir y vivre en paix. Néanmoins, cela ne signifie pas qu’il n’y ait eu aucune forme de discrimination religieuse ou de racisme chez nous.

Avec les événements violents qui surviennent sur la scène internationale et même au Québec, nous voyons s’exprimer de plus en plus d’intolérance et même de l’hostilité envers les musulmans en tant que groupe. Par un jeu d’amalgame abusif, on identifie à tort ces citoyens vivant paisiblement ici à la mouvance « hyper-extrémiste islamiste » (AED). Il pourrait être tentant de banaliser ce « profilage » religieux sous prétexte qu’ailleurs les chrétiens sont persécutés ou qu’ici on retire nos traditions.

kid-1077793_960_720 (1)Reconnaissons qu’il y a une grande différence entre le retrait par une institution d’un crucifix appartenant au patrimoine religieux et le fait que des manifestants de partout au pays se dressent pour cibler des personnes en chair et en os, en les rendant responsables de nos problèmes sociaux ou, pire, que certains aillent jusqu’à vandaliser leurs lieux de culte et proférer des menaces de mort. Si les chrétiens forment la religion la plus persécutée dans le monde, au Canada, en 2017, ce sont les musulmans qui sont de plus en plus la cible d’actes et de discours haineux. L’islamophobie est bien réelle, comme l’était l’antisémitisme au XXe siècle.

La liberté de conscience et de religion est un droit fondamental constamment rappelé par le Vatican. Nous devons sans cesse militer pour que les fidèles de toutes les religions, partout dans le monde, puissent en disposer en toute quiétude, en respect des lois nationales, lorsque celles-ci sont cohérentes avec la Déclaration universelle des droits humains.

Lorsque des citoyens de chez nous s’en prennent à d’autres, en raison de leur appartenance religieuse, les catholiques d’ici, inspirés par l’Évangile, devraient être les premiers à se lever pour condamner cette intolérance. En effet, le combat mené contre les persécutions des chrétiens à l’étranger commence par l’exemple que nous donnons à vivre harmonieusement avec nos propres minorités religieuses.

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* Ce texte est le 46e article de la série “En quête de foi”, publié dans l’édition de mai 2017 du Messager de Saint-Antoine.

Comment mesurer la valeur de notre monde devant les champions de la haine?

Un homme et sa fille fuient un quartier de Mossoul, contrôlé par l'État islamique, durant les combats, le 4 mars 2017.

Un homme et sa fille fuient un quartier de Mossoul, contrôlé par l’État islamique, durant les combats, le 4 mars 2017.   (CNS photo/Goran Tomasevic, Reuters)

Mon plus jeune fils me demande souvent, à propos de ce qu’il fait ou observe: «est-ce un record du monde, papa?» Comme bien de nos contemporains, il a besoin de mesurer la valeur des performances pour leur accorder l’attention qu’elles méritent.

Depuis toujours, les représentants des grandes religions témoignent à leur manière d’un mécanisme semblable à propos des persécutions religieuses. C’est comme si, à l’image de ce qui se passe dans le sport de compétition, il existait un besoin impérieux d’établir une hiérarchie des champions et des perdants.

Notre époque aurait-elle atteint un sommet en matière de persécution religieuse? Les attentats dans deux églises coptes en Égypte, en plein dimanche des Rameaux, ont rappelé aux chrétiens qu’ils demeurent les plus persécutés dans le monde. Il y a quelques années, Le livre noir de la condition des chrétiens dans le monde notait que jusqu’à 200 millions de chrétiens étaient discriminés dans près de 140 pays, faisant du christianisme la religion la plus persécutée au monde, une réalité que de nouveaux rapports confirment chaque année. Voilà pour les «champions» du supplice!

Malheureusement, il n’existe pas d’époque sans persécution religieuse. Il suffit de revoir l’histoire de l’humanité pour se rendre compte qu’elle en fait partie intégrante.

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De qui sommes-nous les frères, les soeurs?

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Après une attaque chimique le 3 avril à Idleb, en Syrie (CNS photo/handout via EPA)

 

Voir une fois de plus des images d’enfants syriens gazés arrache le cœur. Même chose pour la Somalie et le Soudan, encore aux prises avec une famine. De telles visions d’enfer interpellent immédiatement le sens de la famille.

Tous les parents du monde protègent leur progéniture, lui procurent le nécessaire, l’éduquent et lui donnent un milieu familial et social qui permet la croissance, en tentant de lui éviter tout mal. La nature nous a dotés d’un instinct de préservation élémentaire. Nous y répondons en élargissant le cercle familial à l’ethnie, parfois à la patrie.

Mais lorsque la fatalité s’abat sur une famille, comme il arrive pour des milliers en Syrie et ailleurs, c’est l’instinct de survie qui prend le dessus. Nous pouvons assister à cette réalité chaque jour par le biais des médias. Là où la guerre fait rage, les pères et les mères font tout pour protéger leurs enfants des bombardements et de la violence des combats. La fuite devient souvent la seule issue quand elle est encore possible. Nous répugnons à entendre leurs hurlements de douleur. N’avoir jamais vécu un tel drame ne nous épargne pas du devoir de nous y projeter afin de chercher à comprendre et à compatir.

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Des regards qui créent des murs

mur de berlinEn vivant désormais dans un monde virtuel où les informations nous submergent de toutes parts, tant les vraies que les fausses, les sérieuses que les superficielles, ne nous sentons-nous pas envahis d’un sentiment durable que le monde est plus mal en point que jamais?

Il y a bien matière à acquiescer. Regardons juste à côté de chez nous. Comment comprendre qu’un peuple libre, fier et puissant, ait été jusqu’à élire un être caricatural, à la suite d’une campagne d’injures, de faussetés répétées, suscitant haine et violence tournées vers des minorités? N’est-ce pas la plus grande démocratie qui a donné un tel résultat?

Un monde qui fait peur

Le monde dans lequel nous vivons a changé considérablement. Les politiques néolibérales ont permis la fluidité des échanges internationaux et la concurrence souvent déloyale lorsque les salaires de pays en émergence permettent des coûts de production outrageusement bas. L’ouverture des marchés y contribuant, nos usines locales ferment une à une, victimes de la délocalisation au profit d’actionnaires toujours plus avides et amoraux. Les grandes entreprises qui subsistent font la réingénierie de leurs processus, comptant de plus sur les sous-traitants et leurs emplois précaires. L’austérité ajoute une couche à la morosité. Prédire l’appauvrissement progressif de nos classes ouvrière et moyenne est devenu un truisme.

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