Des services publics pour le bien-être collectif

La deuxième valeur montante parmi le top 5 de G. Bajoit, sociologue (voir l’article précédent), concerne ce qu’il appelle le bien-être public. Cette valeur est, en fait, marquée d’attentes qui sont partagées de plus en plus largement par les individus au sein de notre société. En effet, nous nous attendons à ce que l’État crée un cadre politique et juridique permettant de résoudre les problèmes collectifs. Nous voulons un monde où nous pouvons nous mouvoir en toute sécurité en tant que citoyens. Nous désirons que les services publics se rapprochent de nous et que les biens produits par le domaine public (éducation, santé, administration, information, etc.) nous soient fournis dans le respect de notre autonomie, notre liberté et mieux encore si à partir de notre propre initiative (sur demande).

Avec le chapitre sur les accommodements raisonnables au Québec, nous avons vu à quel point cette valeur est réellement importante. L’espace public devrait être universel, dans le sens que n’importe qui peut y accéder en conservant ce qui le constitue comme personne: sa culture familiale et nationale ou ethnique, ses valeurs individuelles, les coutumes et prescriptions de sa religion, etc. Mais les nombreuses frictions qui surviennent dans le choc de toutes ces différences poussent les citoyens à réclamer de l’État une gestion plus efficace, à la fois très inclusive, mais pas permissive à l’excès… Un véritable effort d’équilibriste alors que les pressions viennent de tout bord.

Le pouvoir de la masse des individus est tel que la classe politique n’arrive plus à lui donner ce qu’elle exige. Les politiciens ne peuvent plus s’engager dans une vision de société, un projet à long terme. Ils doivent se restreindre à satisfaire autant que possible un public affamé de toujours plus de services. Ce que veut le « public » est scruté presque quotidiennement par les pourvoyeurs de services, de plus en plus à la manière des grandes entreprises qui veulent toucher les cordes sensibles afin de déverser toujours plus de produits de consommation et d’en tirer le plus grand profit. Les partis politiques doivent surfer sur les tendances qui s’approchent le plus d’une majorité afin de conserver ou de récupérer un capital de sympathie, laissant en plan des minorités très souvent frustrées de voir où s’en va la nation.

Nous voulons plus de liberté, plus d’autonomie, mais, au final, nous obtenons des « propositions » qui nous entraînent, le plus souvent malgré nous, vers la satisfaction de désirs qui se succèdent les uns aux autres, créant le plus souvent… l’insatisfaction. Et on en redemande: aux politiques plus de services, à l’industrie plus de biens. Pour obtenir tout ceci, il faut plus d’argent… donc travailler plus, payer plus de taxes et d’impôts afin d’utiliser ce qui reste pour encore plus de biens…

Il y a tous ceux qui ne peuvent pas suivre cette mentalité compétitive, à défaut d’en avoir les moyens ou, mieux, qui décident de faire le choix d’une vie simplifiée. Nous retrouvons donc cette fameuse « fracture » sociale dont on a beaucoup parlé dans les années 1980… toujours plus de richesse pour des privilégiés et toujours plus de pauvreté pour des exclus. Ce système engendre des problèmes sociaux qui finiront par exacerber des groupes d’individus comme on le voit dans d’autres sociétés.

Est-ce cela le « bien-être public » ? Comment cela peut-il encourager un véritable engagement politique ? En effet, comment servir nos concitoyens lorsqu’ils ne deviennent, collectivement, qu’une masse informe d’enfants gâtés ? Comment sortir du cynisme à l’endroit des politiciens quand nous exigeons d’eux mer et monde ?

J’ai tant de questions et si peu de réponses… Et vous ?

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