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De qui sommes-nous les frères, les soeurs?

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Après une attaque chimique le 3 avril à Idleb, en Syrie (CNS photo/handout via EPA)

 

Voir une fois de plus des images d’enfants syriens gazés arrache le cœur. Même chose pour la Somalie et le Soudan, encore aux prises avec une famine. De telles visions d’enfer interpellent immédiatement le sens de la famille.

Tous les parents du monde protègent leur progéniture, lui procurent le nécessaire, l’éduquent et lui donnent un milieu familial et social qui permet la croissance, en tentant de lui éviter tout mal. La nature nous a dotés d’un instinct de préservation élémentaire. Nous y répondons en élargissant le cercle familial à l’ethnie, parfois à la patrie.

Mais lorsque la fatalité s’abat sur une famille, comme il arrive pour des milliers en Syrie et ailleurs, c’est l’instinct de survie qui prend le dessus. Nous pouvons assister à cette réalité chaque jour par le biais des médias. Là où la guerre fait rage, les pères et les mères font tout pour protéger leurs enfants des bombardements et de la violence des combats. La fuite devient souvent la seule issue quand elle est encore possible. Nous répugnons à entendre leurs hurlements de douleur. N’avoir jamais vécu un tel drame ne nous épargne pas du devoir de nous y projeter afin de chercher à comprendre et à compatir.

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La violence, héritage religieux?

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Le premier meurtre était-il religieux?

Cet article est le 21e de la série « En quête de foi » du magazine Le messager de Saint-Antoine, parution de juillet-août 2014. Cette série cherche à mettre en relief la dimension de foi qui est présente dans la culture actuelle. 

Beaucoup de personnes autour de nous croient sincèrement que la religion est à la source de plusieurs formes de violence. Dès qu’une nouvelle circule à propos d’un acte terroriste, par exemple, on a tôt fait d’identifier la religion de la personne ou du groupe responsable avec le présupposé qu’il y a cause à effet. Le plus souvent, dans l’actualité récente, ce sont des islamistes qui sont pointés, mais le soupçon antireligieux n’est jamais loin lorsqu’il s’agit de dénoncer des actes associés à la barbarie.

D’où vient la violence?

La Bible raconte que le « premier » acte violent, le meurtre d’Abel par son frère Caïn, avait pour motif la jalousie (cf. Genèse 4). Les offrandes d’Abel, l’éleveur, auraient plu davantage à Yahvé que celles de son frère agriculteur. Si la relation à Dieu fut au cœur de leur dispute, en aucun moment ne pourrait-on imaginer que l’homicide ait été cautionné par le Seigneur! Non, la Bible enseigne plutôt que les humains étaient doués de la conscience du bien et du mal. Et la violence, quelle qu’elle soit, n’a jamais pu être associée au bien, même si parfois, en contexte de légitime défense, elle est qualifiée de moindre mal.

En réalité, dès le début de la Bible, on voit que la violence naît dans le cœur de l’être humain, lorsque ses passions le poussent à des sentiments malsains attisés par le désir de posséder ou de jouir égoïstement d’un bien quelconque. Jésus a refusé d’entrer dans cette logique en renonçant même à se défendre des attaques dont il fut l’objet, jusqu’à sa condamnation à mort et sa crucifixion. « Lui n’a pas commis de péché ; dans sa bouche, on n’a pas trouvé de mensonge. Insulté, il ne rendait pas l’insulte, dans la souffrance, il ne menaçait pas, mais il s’abandonnait à Celui qui juge avec justice. » (1 Pierre 2, 22-23)

Dieu sanctionnerait le meurtre?

Dans les grandes traditions religieuses, l’appel à la paix et à l’amour universel est plus fort que toute justification de violence. Mais il peut nous arriver de vouloir « convaincre » Dieu de notre bon droit et de vouloir en faire l’étendard de nos velléités nourries à même nos penchants mauvais. Or, Dieu, qu’il soit adoré sous tous les noms possibles, ne peut qu’encourager la justice et la paix. Toute justice obtenue par la violence est un détournement de la religion. Il est impossible d’embrigader Dieu aux côtés de ceux qui commettent le mal.

Puisons à la justice

Dès les premières civilisations, les humains ont élaboré une jurisprudence qui tendait à rendre justice en proportion des préjudices. Si nous cherchons dans notre société des éléments persistants de culture religieuse, nous les trouverons dans le souci de nos tribunaux de juger avec discernement et de sanctionner en fonction du mal commis, sachant parfois se montrer magnanimes lorsque les prévenus donnent des signes qu’ils peuvent s’amender et changer. Oui, toute idée de justice qui fait honneur à Dieu ne peut jamais justifier la violence et encore moins la mort de quiconque. La violence n’est donc pas un héritage de la foi chrétienne, mais la justice, certainement!

Pour aller plus loin, voici un court billet de Jean-Claude Guillebaud qui va dans le même sens: « Protégeons Dieu des fanatiques » 

Et puis cette exhortation du pape François, lors de l’Angélus du 10 août : « On ne fait pas la guerre au nom de Dieu ».

Bonne nouvelle! (même si elle vient des «méchants»)

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Poutine-Pape-ObamaOn assiste à une transformation des positions depuis quelques jours à propos des frappes envisagées contre le régime de Bachar al Assad. Voici que la Russie a lancé cette idée qu’un contrôle international sur les armes chimiques dont dispose l’armée syrienne pourrait convaincre les tenants de la sévère correction de s’abstenir. Cette idée géniale serait à l’avantage de toutes les parties, y compris les États-Unis et la France qui ne savaient plus vraiment où faire tomber leurs bombes… Sans compter que leurs appuis dans leur population respective sont au plus bas.

Le malheur, pour le Prix Nobel de la paix Obama, c’est que la bonne idée ne vient pas de son camp! Elle profite plutôt à la Russie et aux alliés de la Syrie qui parviennent ainsi à prouver que c’est véritablement eux qui cherchaient une solution diplomatique… Gageons donc que les prochaines heures vont voir arriver une série de « conditions », d’abord du côté occidental, et ensuite chez l’autre camp qui va poursuivre le bal, et qu’alors la propagande des deux côtés fera le reste pour nous assurer que « nous » avons été les « bons garçons » et les « bonnes filles » alors qu’« eux » n’ont toujours été que des vilains. Mais qui est dans ce « nous » et qui est dans ces « eux »?

Peu importe! En ce qui me concerne, une bonne idée est une bonne idée. La Russie de M. Poutine va peut-être contribuer à faire diminuer les tensions actuelles. Ce n’est pas encore la fin de la terreur pour le peuple syrien et ceux avoisinants, mais c’est déjà un poids de moins à supporter quant à leur avenir immédiat qui s’était couvert encore davantage de menaces funèbres.

Et le pape, alors ?

Je ne peux  pas m’empêcher de croire, un peu quand même, que les nombreux appels à la paix du pape François depuis une semaine, incluant sa lettre personnelle à Vladimir Poutine et sa vigile mondiale de prière et de jeûne pour la paix, n’y ont pas été pour quelque chose dans l’évolution de la situation. Que voulez-vous, je suis comme ça, moi, croyant, même sans signe ostentatoire! Et je crois surtout que, lorsque les peuples se serrent les coudes pour regarder ensemble dans une direction commune, leurs dirigeants deviennent plus inventifs et se mettent à chercher davantage les solutions au lieu d’aggraver les situations.

Rien n’est encore gagné. Le vent est imprévisible et il peut tourner à tout moment. Quand mes enfants étaient jeunes, ma femme leur avait fait croire qu’elle avait le don de souffler sur les nuages. Une fois, en voiture, elle avait fait mine de souffler très fort et nous avait invités à le faire avec elle. Nous avions soufflé, soufflé et les nuages s’étaient dissipés peu à peu. Nous n’y étions pour rien (je vous rassure)… Mais nos enfants y avaient cru. Nous avions peut-être semé en eux la possibilité de croire qu’on peut changer les choses, avec un peu de foi.

Et ma foi, la voici: il existe un vent que l’on appelle le Souffle Saint et que nul ne contrôle. À l’heure de la paix, ce vent souffle où il veut et il vient d’on ne sait où, peut-être même du côté des méchants! Des témoins de tous les temps ont attesté qu’il peut se laisser fléchir par la prière… Je le prie donc avec ardeur pour qu’il domine tous les vents contraires afin que les efforts de paix se poursuivent, que s’installe peu à peu l’apaisement durable des tensions et que surgissent d’autres solutions constructives pour que le peuple syrien et ses voisins du Moyen Orient voient s’ouvrir des lueurs d’espoir à plus long terme. Et d’ici là, je soufflerai moi-même dans cette direction, comme nous le faisions avec nos enfants, comme si j’y pouvais quelque chose… Voulez-vous souffler, vous aussi, vous là-bas, vous par ici et vous qui lisez ceci? Et si nous soufflions ensemble un air de paix?

Essayons autre chose, pour une fois

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Le fait que les hommes tirent peu de profit des leçons de l’Histoire est la leçon la plus importante que l’Histoire nous enseigne. Aldous Huxley 

Je vois depuis quelques jours l’imminence d’une intervention militaire américaine en Syrie, depuis les attaques chimiques dans des quartiers résidentiels qui ont fait au moins 500 morts et je me dis que nous sommes à l’aube d’un nouveau chapitre de la même sempiternelle histoire répétée ad nauseam. Les Américains et leurs alliés (donc « nous » aussi) vont encore aller « libérer » une nation sous le joug d’un potentat sanguinaire. Et le nombre de morts – déjà plus de 100 000 en deux ans – augmentera en proportion de l’engagement occidental. Et la dévastation qui en résultera ne sera que plus grave que ce qui aura justifié l’intervention. L’Irak, l’Afghanistan, même la Libye ne sont que les exemples parmi d’autres que cette manière de faire n’entraîne en rien la paix, mais ne fait que déstabiliser encore davantage un pays, une région que nous contribuons à laisser dans le chaos le plus total.

La solution occidentale: toujours plus de guerre!

Je suis en colère. Je n’aime pas voir tous les jours aux nouvelles ces photos d’enfants tués, par balle, par bombe, par gaz toxique ou par n’importe quoi qui leur tombe dessus alors qu’ils n’y sont pour rien. J’en ai marre de voir que toutes les démarches diplomatiques tournent en rond et n’amènent aucune solution. Je suis découragé par le manque de créativité, d’inventivité pour trouver des solutions positives qui auraient pour effet réel de réduire les tensions, apporter un peu d’espérance. J’en ai ras le bol du manque de détermination des nations à rester focalisées sur le seul objectif possible. Je suis impuissant devant ce spectacle sans cesse ramené sur mes écrans rapprochés, ces images qu’on me donne à voir et qui me donnent le goût, comme tant d’autres, de me tourner vers le divertissement pour oublier, pour nier que cela existe… Peut-être aussi pour ne plus avoir à m’indigner de ce que nos chefs d’État ne sont jamais parvenus à réaliser: la paix, juste la paix, la sacrée sainte paix…

Les appels à faire autrement

Devant les nombreux signes d’une intervention imminente, les voix qui appellent à la paix se mettent à crier plus fort. On les entend à peine, car la condamnation est déjà signée, la sanction déjà prononcée. Je suis pourtant sensible à ces voix qui appellent à changer de méthode et surtout à voir autre chose que ce que la propagande – de quel côté qu’elle vienne – nous donne comme du « prêt-à-penser ». Ces voix sont plus près du terrain que ne le seront jamais le Prix-Nobel-de-la-Paix Obama et ses porte-voix du monde libre. Elles sont aux prises avec la réalité beaucoup plus que tous ceux qui ont choisi plus de violence pour faire taire la violence. Ces voix, elles viennent de journalistes indépendants comme ceux du Réseau Voltaire; de chefs religieux chrétiens qui mesurent déjà les conséquences à moyen terme de l’accroissement des divisions des forces en présence et qui provoque irrémédiablement la haine et la violence à l’encontre des minorités dont les chrétiens; et encore de ces nombreuses organisations qui visent à la fois le respect de la souveraineté des États concernés et la réconciliation par le dialogue. La sagesse monte comme une clameur des gens qui sont sur place ou qui ont une expérience réelle des effets des méthodes guerrières classiques de l’OTAN, de l’ONU ou des USA. Qu’attendons-nous pour les répercuter, pour leur prêter notre propre voix auprès de nos dirigeants?

J’ai mal à l’âme de voir les violences, les meurtres, les attentats, les tireurs embusqués qui ne font que croître en importance. J’ai la nausée à penser que cela va augmenter dans les prochains jours et qu’on nous présentera infailliblement les dommages collatéraux: des familles décimées, des enfants montrés aux caméras par leur père pleurant leur douleur, des cadavres empilés, des quartiers de civils bombardés par erreur. Je voudrais que tout cela cesse immédiatement. Je ne crois plus, toutefois, qu’une intervention militaire fasse partie de la solution. Je n’ai pas la connaissance ni l’expérience pour proposer quelque piste que ce soit, mais je sais, plus que jamais, que la violence n’arrête pas la violence, que les bombardements n’empêchent pas un régime de poursuivre ses exactions, que les conséquences pour la reconstruction des pays dévastés et la relocalisation des populations déplacées sont pratiquement toujours plus graves qu’avant les « libérations » et que, encore une fois, des milliers de morts sont à prévoir si les avions occidentaux lâchent leurs bombes meurtrières sur la Syrie.

1229899_517096315033501_936209468_nÀ défaut de trouver un pétition canadienne en français contre la complicité du Canada dans les bombardements à venir en Syrie, je propose à tout le moins d’aller signer celle-ci, en anglais, adressée au premier ministre Harper, mais aussi celle-ci qui s’adresse au président Obama aux États-Unis ou celle-là à l’attention du président Hollande en France. Je vais, de ce pas, tenter de trouver ou rédiger moi-même une pétition québécoise et dont je donnerai l’adresse sous peu… (Ajout: tel que promis, voici ma première pétition à vie Contre la participation militaire canadienne en Syrie)

Ah oui ! Je vais aussi prier, car la prière, ultimement, saura me pacifier, mais plus encore, par sa multiplication à l’échelle de la planète, elle saura trouver les coeurs des dirigeants…