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Que personne ne soit laissé seul*

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La période des Fêtes arrive à grands pas. Après le magasinage et les « partys » de bureau, la vaste majorité d’entre nous se laissera gagner peu à peu par la joie des retrouvailles en famille. Et les chants traditionnels entendus jusqu’à saturation nous répéteront sans cesse à quel point le temps des Fêtes est un temps pour penser à l’autre, à ceux et à celles qui sont isolés surtout.

Le mal de la solitude

La solitude peut être une avenue très intéressante au milieu du stress de la vie moderne. Entre les enfants (les petits-enfants), l’école, le travail, les loisirs, les rencontres, les sorties, les visites médicales, etc., il ne reste souvent que peu de temps pour se retrouver avec soi-même. Lorsque nous trouvons de tels moments dans quotidien, il n’est pas rare que ceux-ci deviennent des moyens d’équilibre et d’apaisement, parfois de rencontres avec Dieu. Alors que le tourbillon des Fêtes s’amène à grands pas, il est certes recommandé de garder de la disponibilité pour cette solitude qui régénère.

Mais la solitude peut aussi s’avérer plus accablante pour d’autres personnes : celles qui n’ont pas de famille ou dont la famille a cessé de se rencontrer; celles qui ont vécu une séparation difficile qui a laissé des marques profondes; celles qui n’ont pas d’amis parce que leurs habiletés sociales ne comptent pas parmi les modèles à suivre; celles qui ont cessé de croire à la bonté des autres et qui se réfugient dans leur monde à eux, privés du bonheur de la relation.

Je pense notamment aux solitaires qui auront développé une sorte d’addiction, en compensation pour le manque de « petites joies » quotidiennes. Récemment, des chiffres sur l’utilisation des appareils de loterie vidéo ont été publiés. Ces machines que l’on trouve un peu partout dans les bars et les casinos sont de véritables pièges à solitaires : 83 % des utilisateurs fréquentant les casions sont devenus dépendants des machines à sous. En moyenne, ils dépensent individuellement plus de 1 600 $ par année, ce qui rapporte à la société d’État près de 1,5 milliard de dollars! Une personne sur huit au Québec s’adonne régulièrement à ces jeux de hasard conçus pour vous garder le plus longtemps devant la fameuse machine qui joue avec votre adrénaline. Celle-ci peut même devenir la seule « relation » de certains individus!

Il en va de même pour d’autres dépendances, qu’elles soient relatives aux substances, à la nourriture, au sexe. Elles sont la plupart du temps sources de honte pour les personnes qui s’engouffrent dans leurs tentacules. Et la honte, cette maladie de la dépendance, produit son propre fruit : l’isolement.

Partageons un bon moment

Alors que nous serons nombreux à nous rassembler et être bien entourés de nos familles et nos amis en cette fin d’année, nous pourrions réfléchir à un geste à poser qui serait tout simple : aller à la rencontre d’une personne seule. Il suffit d’un coup de téléphone, d’un petit texto ou d’un message pour s’inviter chez l’autre. Qui sait? Peut-être lui permettrez-vous de retrouver le goût de vraies relations?

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* Ce texte est le 42e article de la série “En quête de foi”, publié dans l’édition de décembre 2016 du Messager de Saint-Antoine

Sortir de nos cavernes!

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Voici le vingt-quatrième article de la série “En quête de foi”, publié dans l’édition de décembre 2014 du Messager de Saint-AntoineL’objectif de cette série est d’explorer les éléments de la tradition chrétienne dont les traces sont toujours perceptibles dans la culture actuelle.

Un ami me partageait récemment à quel point il se sentait étranger alors qu’il séjournait dans une communauté monastique. Il disait à peu près ceci : « Ici, il y a trop de lumière. Pour un gars qui a passé sa vie dans une caverne où règnent la noirceur et le péché, arriver dans cette lumière est trop éblouissant. Il n’y a qu’une issue, c’est de retourner vers les ténèbres. » J’étais si renversé d’un tel discours ! Je me suis dit que mon ami souffrait terriblement d’un mal trop répandu : la désespérance.

La célèbre allégorie de Platon

Je me suis rappelé de l’allégorie de la caverne du philosophe Platon. Ce dernier proposait à ses disciples d’imaginer des humains vivant depuis toujours dans une caverne. Ils étaient adossés à une structure et maintenus attachés de manière à ce que leurs yeux ne puissent voir que devant eux. Un feu brûlait derrière eux et renvoyait leur propre ombre sur le mur. Des personnages passaient derrière eux avec des objets devant la lumière en faisant en sorte que les humains de la caverne n’en voient que les ombres. Ces êtres enfermés devinrent forcément des spécialistes des ombres! Mais ils ne connaissaient la réalité qu’à travers ses ombres. Et puis l’un deux fut relâché et conduit de force à quitter la caverne. À mesure qu’il était entraîné vers l’extérieur, ses yeux lui faisaient de plus en plus mal. Il voulait retourner dans la caverne, seule réalité qu’il connaissait, mais peu à peu, il commença à s’habituer à la lumière. Il en vint à découvrir toutes les choses de la création sous leur vraie forme, pas comme les ombres qu’il avait toujours connues. Et il s’émerveilla de tout ce qu’il contemplait. Il eut donc envie de retourner vers ses amis pour les convaincre de le rejoindre. Mais ceux-ci, qui n’avaient jamais vu autre chose que des ombres, se moquèrent de lui et en vinrent même à le tuer.

Les personnes dans notre monde qui rayonnent d’espérance sont un peu comme cet être qui a vu. Elles traversent leur vie à transmettre leur feu intérieur, leur passion pour la beauté, pour les êtres vivants, pour la vie elle-même. Mais le plus souvent, elles rencontrent des gens qui se laissent étouffer par le monde des ombres, le seul qu’ils n’aient jamais cru réel, alors qu’il ne constitue qu’une infime part de l’univers.

À Noël, nous relirons cette lecture qui s’apparente à la caverne de Platon : « Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; et sur les habitants du pays de l’ombre, une lumière a resplendi. » (Isaïe 9,1) Les habitants du pays de l’ombre, c’est nous. Nous sommes invités à sortir de nos cavernes, car là, dehors, il y a la lumière, il y a la beauté, il y a la vie promise à toute personne qui espère. Je prie pour que mon ami parvienne à demeurer hors de sa caverne et qu’il en arrive à contempler pleinement la lumière. Je prie aussi pour tous ceux qui n’y arrivent pas. Que la lumière du Christ naissant les remplisse de l’espérance qui nous rend libres.

Après une autre année pourrie…

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Les reconstitutions en photos de l’année qui s’achève sont populaires sur les médias sociaux. Je ne sais pas pour vous, mais quand je regarde l’année 2014, je n’y trouve pas grand chose pour me réjouir. J’éprouve au contraire une douleur immense en considérant le mal qui sévit un peu partout sur la planète et je me demande souvent comment Dieu – oui, je suis croyant – peut-il nous regarder vivre sans souffrir lui-même atrocement de notre folie.

Montage espéranceJ’évoque seulement quelques situations qui m’ont laissé les plus grandes impressions. Au Québec, les élections du 7 avril ont ramené un parti au pouvoir qui avait un agenda caché. Heureux de la tournure antireligieuse qu’avait pris le débat sur la laïcité, il a pu capitaliser sur la grande insatisfaction face à l’enjeu principal mis de l’avant par le gouvernement Marois. Si j’ai pu ressentir un soulagement à voir que « cette charte-là » fut sévèrement rejetée, depuis je ne peux que pleurer avec toutes les victimes de l’arrogance de ce nouveau gouvernement qui, sans jamais annoncer ni avouer sa politique d’austérité, met systématiquement la hache dans tout le dispositif des services publics (santé, éducation, solidarité) que nous avions bâti et qui constituait, avec notre langue, une bonne part de ce qui fait de nous une société distincte en Amérique. Austérité rime avec morosité….

Si au moins la commission Charbonneau avait terminé ses audiences publiques autrement qu’en queue de poisson afin de nous permettre un véritable examen de conscience face à la corruption et à la collusion qui gangrènent les lieux de pouvoir, les contrats publics et notre culture démocratique, cela nous aurait permis une petite dose d’espoir. Mais non, une commission d’enquête c’est vraiment juste un gros show de boucane…

Déjà, après l’été dernier, j’exprimais mon dégoût devant l’actualité brutale à laquelle nous étions confrontés, notamment avec cette guerre de 50 jours entre Israël et le Hamas à Gaza, laissant plus de 2100 morts du côté palestinien dont les trois-quarts étaient des civils et parmi eux 500 enfants innocents. Ces morts s’ajoutaient aux dizaines de milliers résultant de la guerre civile en Syrie qui se prolonge désormais à l’abri des caméras occidentales puisque celles-ci se sont tournées vers le « Groupe armé état islamique » qui sévit dans le nord de ce pays et en Irak en décapitant des otages et en massacrant des villages entiers, s’en prenant aux minorités non-musulmanes sans pour autant négliger les musulmans eux-mêmes qui demeurent majoritaires parmi les morts décomptés. Ici encore, ce sont surtout les civils, des familles entières, qui sont tués pour l’intérêt de quelle propagande? À qui, en effet, sert le crime? Ajoutons à cette mouvance le groupe Boko-Haram au Nigéria qui, à la mi-juillet 2014, avait déjà plus de 2000 civils tués à son actif, sans compter les enlèvements de centaines d’étudiantes à qui le droit à l’éducation est refusé, tout comme avec les Talibans en Afghanistan qui n’ont pas hésité, eux, à massacrer 133 enfants dans une école de Peshawar au Pakistan. Dans les faits, le fondamentalisme religieux ne parvient qu’à exacerber le sentiment antireligieux et à légitimer les gestes haineux qui se multiplient, ce qui lui permet… de se justifier lui-même, même chez nous à Ottawa ou à St-Jean-sur-Richelieu! On tourne en rond.

Juste avant les Fêtes, je vois ces reportages photographiques qui nous montrent à chaque année comment sont traités les travailleurs chinois dans les usines d’accessoires de Noël ou encore ces enfants enchaînés dans l’industrie manufacturière au Bangladesh et j’en ai vraiment assez de ce système injuste et immoral. Récemment, un ami me faisait part de son désir d’écrire avec moi un texte sur l’espérance à l’occasion de Noël. En l’espace de trois semaines, je l’ai vu perdre d’abord un ami cher, symbole de la résistance à la morosité, mais plus encore, son enfant que sa conjointe portait fièrement. Lorsqu’on est sensible à la misère qui nous entoure et que le sort semble s’acharner sur nous individuellement, comment arriver à imaginer écrire un billet d’espérance?

Les petits riens qui changent tout

J’ai eu le même effet de recul. Je suis sans doute trop devenu perméable à l’état du monde. Il faut à mon ami et à sa conjointe, ainsi qu’à toute personne en quête de lumière, trouver la même étincelle qu’on a pu apercevoir dans le film La liste de Schindler, tourné en noir et blanc, au moment où une petite fille en robe rouge traverse l’écran. C’est alors que tout bascule. C’est ainsi que, dans ma vie à moi, il arrive des choses qui réactivent ma foi en l’avenir. Je ne citerai que deux de ces exemples. D’abord ma filleule Emma. Après une chirurgie ratée, l’hiver dernier, qui a eu des séquelles importantes pour sa santé, j’ai vu ce petit bout de femme s’accrocher à la vie et à l’amour de ses parents. Je l’ai vue travailler résolument à grandir malgré le handicap forcé par la médecine et peu à peu s’épanouir auprès de son « grand » frère qui l’adore. Son sourire est ravageur et me fait fondre chaque fois qu’il m’est adressé. Ensuite ma petite-fille Aurélie. Née il y a 15 mois avec quatre malformations cardiaques et une grande fatigabilité, elle a profité de chaque instant d’éveil pour accélérer son développement et croquer dans la vie. Soutenue par une communauté virtuelle infatigable, elle vient tout juste d’être opérée à coeur ouvert. Cette opération a été un succès. Et la petite se remet rapidement. Elle s’accroche à la vie et à son bonheur, surtout celui de pouvoir se fondre dans les bras de sa mère.

EmmaAurélieMes deux exemples ont une particularité commune: elles présentent toutes les deux une trisomie 21. Voir la vie comme elles la voient, s’éveiller aux autres, être curieuses de tout, goûter à chaque instant les multiples petits bonheurs quotidiens, se laisser porter par la vie, exiger une réponse à ses besoins réels, faire confiance, voilà le chemin qu’elles me montrent. Elles sont pour moi, en cette proximité de Noël, l’image de l’espérance. Elles sont l’image actuelle de cet enfant tout aussi fragile, né il y a 2015 ans (selon la datation de mon fils de neuf ans), qui a apporté une lumière nouvelle sur l’humanité en lui manifestant l’amour infini de Dieu, créateur et sauveur. Et sauveur de quoi alors? De la morosité et de la désespérance. De l’illusion du pouvoir et de la vérité-à-tout-prix. De la consommation sans autre but que le plaisir égoïste et l’absence de solidarité. Du repliement identitaire et religieux. De toute violence. Du mal en moi et dans les autres… De tout ça à condition que vous et moi y mettions du nôtre!

Emma et Aurélie sont un rappel de tout ce pour quoi Jésus est venu dans le monde: pour y apporter la seule chose qui compte, l’amour donné et reçu. Je vous souhaite donc cette chose unique qui a le pouvoir de vous combler, l’amour renouvelé de vos proches avec la bénédiction de Dieu pour vous-mêmes et pour votre foyer. Pourri Joyeux Noël!

Un soir pour que se réinitialise l’espoir

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espéranceQu’est-ce donc que l’espérance? Nous avons tous et toutes plus ou moins notre idée sur le sujet. La vôtre vaut bien la mienne. Parfois, je me demande si mon espérance est suffisante, si elle est à la hauteur des attentes de Dieu pour moi. La vraie question devient alors : Qu’est-ce que j’attends de la vie? J’ai envie de vous répondre en recourant à l’histoire de l’alpiniste américain Aron Ralston qui, à vingt-sept ans, fut victime d’un accident lors d’une randonnée en solo dans le Parc national de Canyonlands, en Utah. Le film 127 heures relate son incident au cours duquel l’homme se vide peu à peu de tout espoir d’en sortir vivant. N’ayant pas annoncé à quiconque où il s’en était allé, il tombe dans une crevasse profonde et son bras se retrouve écrasé entre des rochers et il n’a aucun moyen de retirer. Il reste là 127 heures! Dans le film, vers la fin du drame, le célibataire qu’il est se met à voir, « en songe », sa future famille composée d’une femme superbe et d’un fils tout aussi magnifique. Cette prémonition à elle seule lui procure l’énergie pour se défaire de sa prison. Son désir de vivre pour cette famille – qui n’existe pas encore – lui donne le courage de s’amputer le bras droit, à coup de pierres pour les os et d’un petit canif pour les muscles et les tendons. On peut imaginer la douleur qu’il s’est fait subir! Oui, pour moi, ces images fortes sont celles qui me procurent une impression durable de ce qu’est l’espoir, mais plus encore l’espérance, car Ralston a cru en ce qui n’existait pas pour lui et son désir s’est réalisé.

Une espérance contre toute attente

Pour certaines personnes tellement gâtées par l’avoir, ce soir, veille de Noël 2013, se résumera à esquisser un gentil sourire aux gens de leur entourage qui leur auront donné quelque chose qui se retrouvera vite aux oubliettes, tellement elles ont de trop. Pour d’autres, la « classe moyenne », les présents partagés auront semé une vraie joie, la plupart du temps, mais bien éphémère. Pour d’autres encore, parmi les plus appauvries, Noël pourra avoir une saveur de solidarité, à travers les récoltes de la Guignolée ou des Moissons parsemées en chaque région. Ailleurs, là où ça compte grâce à la présence de chrétiennes et de chrétiens, Noël pourra donner l’occasion à une trêve dans un conflit armé. C’est déjà bien que les armes se taisent pour quelques heures! Parfois, l’espoir se réduit à ces petites choses, à défaut d’avoir pu expérimenter de plus grandes joies, plus profondes.

Lorsque j’ai écrit ce que je croyais être mes voeux pour ce Noël, je me suis pris au jeu de réduire mon espérance à ce que les humains puissent accepter de ne pas s’aimer, mais qu’au moins ils le fassent en laissant les autres en paix! Je suis resté insatisfait de ce que j’ai publié. Non pas parce que l’idée n’était pas intéressante, mais parce que le désir qui habite mon coeur est plus intense et plus puissant qu’un simple rêve de coexistence pacifique. Non, il me faut plus. Et je crois que je ne suis pas seul! Le rêve que porte l’humanité en chacun de ses individus que nous sommes va bien au-delà. Tous autant que nous sommes, nous voulons la paix et nous voulons la justice. Certains sont plus fortunés, d’autres mieux entourés. Mais la vie est difficile, même avec de grands moyens, même avec de bonnes familles! À preuve les taux alarmants de suicides dans tous les milieux sociaux. Non, le bonheur n’est pas accessible aussi aisément, même en y mettant le prix! Sauf si notre quête se réduit à faire se succéder des « petits bonheurs », comme si en répétant un peu la magie de Noël chaque jour, on finirait bien par oublier d’être malheureux!

Espérer quoi, alors?

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Une mère et sa fille attaquée à l’acide: quelle espérance pour elles?

Les vraies joies, celles qui ont le pouvoir de catalyser, de mettre en route, sont le plus souvent celles qui viennent après l’épreuve. Quand notre fils François, par exemple, passait quelques jours par mois aux soins intensifs, au cours de sa première année avec nous, chaque fois que nous repartions à la maison, nous en étions venus à attendre la prochaine bronchiolite ou pneumonie comme une fatalité. Lorsque la solution à son problème fut trouvée et que chaque mois se déroulait sans retour à l’hôpital, notre joie est devenue durable*. Quand ce Ralston est sorti de son « abîme », il a fait la vie qu’il avait entrevue possible au coeur de l’épreuve la plus dure de sa vie. Il a trouvé l’âme soeur et ensemble ils ont fait un fils. La joie qu’il éprouve encore aujourd’hui trouve son intensité et sa pérennité dans la douleur qu’il a laissée dans le Canyon. Un certain Joseph, fiancé à une jeune vierge, a dû expérimenter la honte du scandale lorsqu’elle s’est présentée à lui enceinte. Le « songe » qu’il a vu lui a donné ce qu’il faut pour qu’émerge de lui la bonté et ensuite la joie de la paternité. C’est sans doute en connaissant intérieurement cette vérité de l’existence que Mère Teresa disait que la joie véritable ne peut venir qu’à la suite de la souffrance.

Nous souffrons tous et toutes de la vie, à un moment ou à un autre. Certains d’entre nous semblent éprouvés au-delà de tout entendement. Lorsqu’ils se relèvent, leur vie prend une nouvelle dimension. Ce sont des survivants et ils savent apprécier chaque instant de joie qui leur est donné. C’est à leur école que je veux me mettre davantage, car ils sont à l’image de notre Dieu. Oui, Dieu a souffert et souffre encore de notre gestion du monde, de la planète, des relations, des frontières entre les peuples et entre les religions. Il n’a toujours eu qu’un seul désir pour son peuple, l’humanité, qu’elle vive en paix et que la justice soit toujours exercée avec sagesse. Chaque année, je me dis que les choses ne peuvent empirer et que nous devrions être en mesure de changer l’orientation de notre course folle vers la fin du monde, celle que nous sommes en train de réaliser nous-mêmes. N’avons-nous pas déjà suffisamment souffert pour passer enfin à autre chose?

C’est alors que la parole extraite d’une lecture biblique de ce jour me monte à la mémoire: « Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; sur ceux qui habitaient le pays de l’ombre, une lumière a resplendi » (Isaïe 9, 1). La lumière au bout du tunnel, il faut la voir de temps en temps pour croire qu’elle existe et pour la poursuivre sans cesse. C’est sans doute ce qui se passe à Noël. En fêtant la naissance de Jésus, le Dieu-qui-sauve, le jour où la lumière reprend le dessus dans son combat contre la nuit, nous remettons à zéro notre espérance épuisée. Comme dans un jeu vidéo, lorsque nous arrivons à un point qui réinitialise l’énergie vitale avant qu’elle ne s’épuise! Parce qu’il en faut de l’espérance pour croire à autre chose que ce que nous voyons….

Ayant expérimenté cette année une belle occasion de rencontre avec des femmes musulmanes affectées par le débat social actuel autour des signes religieux, je me dis que c’est ici et maintenant qu’il faut faire luire la lumière de Noël. Pour chacun, chacune, il y a un ici et maintenant qui lui est propre. Si nous prenions le temps de permettre à la lumière d’éclairer nos propres ténèbres afin que la vérité de ce que nous sommes puisse triompher, notre Noël ne serait-il pas extraordinaire? Cette vérité est si simple : nous sommes tous et toutes des humains de même nature, peu importe nos différences. Et nous avons besoin les uns des autres pour grandir en humanité. Pour cela, la paix et la justice doivent d’abord régner en nous-mêmes et, par nous, autour de nous et plus loin encore, car la lumière n’a pas de limite à sa course tant que l’horizon n’est pas bloqué. Oui, réinitialisons notre espérance ce soir, par la simple vue d’un enfant qui naît. En cet enfant, vous trouverez condensée l’espérance du monde.

Alors je vous le dis, à présent avec toute la force de mon espérance : « Joyeux Noël à tous et à toutes! »

* Mon autre blogue, Le bonheur est dans le oui, relate quelques-unes de nos expériences familiales…

Et un petit cadeau pour raviver votre espérance !

Une fête sans nom…

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Voici le quinzième article de la série “En quête de foi” publié dans l’édition de décembre 2013 du Messager de Saint-AntoineL’objectif de cette série est d’explorer les origines chrétiennes des éléments patrimoniaux dans la culture actuelle.

Dans le contexte de ce qu’il est convenu d’appeler « l’ex-culturation » de la foi chrétienne ou de sa déliaison d’avec la culture, je me suis permis un exercice d’imagination futuriste… Alors projetons-nous en 2038. Un jeune de 13 ans écrit à sa grande sœur partie étudier à l’étranger…

Salut Audrey,

J’espère que tu vas bien là-bas. Tu ne me manques pas vraiment, car maintenant c’est moi qui suis le grand ici. Mais l’autre jour, on a eu une fête et j’aurais bien aimé que tu sois là pour m’aider à comprendre.

On devait aller veiller chez tante Aurélie. Elle avait insisté pour que nous passions d’abord dans une bâtisse que je n’avais jamais remarquée dans le vieux quartier. Elle est immense, très haute, vieillotte. On dirait un château hanté! Et ça sentait le renfermé, signe que ce n’est pas très entretenu. On entendait un instrument de musique que je ne connais pas. Ça sonnait fort et les murs tremblaient. Il y avait des choristes qui chantaient des chants bizarres. Ils avaient l’air de tripper. Et puis le show a vraiment commencé quand des gens très vieux, habillés en robe blanche, ont paradé de l’arrière vers l’avant, certains portant des objets, des plantes, un truc à boucane, de longues chandelles et un livre géant qu’un monsieur tenait à bout de bras. Le dernier était habillé d’une robe avec des décorations, il avait l’air d’être le chef.

C’est lui qui a salué tout le monde en nous souhaitant la bienvenue et en se disant excité par le nombre de participants qu’il n’avait pas l’habitude de voir souvent. Avec sa bande de robes blanches, ils ont parlé, chanté, changé de place, récité de longs textes monotones en gesticulant pour finalement s’approcher de la foule avec des vases dorés dans lesquels ils avaient mis des petits ronds blancs à manger. Les gens se bousculaient comme s’ils allaient en manquer. Et puis à la fin, tout ce monde a quitté dans le même ordre qu’au début et nous sommes partis aussi derrière eux.

Arrivés chez tante Aurélie, celle-ci avait préparé une fête « comme dans le bon vieux temps ». Sa maison était éclairée de lumières partout, dehors comme dedans. Elle avait installé un vrai sapin dans son salon, décoré de toutes sortes d’objets. Sous l’arbre, il y avait des personnages, des animaux, une cabane, éclairée elle aussi. Et au milieu, un couple, genre antiquité, avec un bébé posé sur un coussin de foin. Et puis le monde était de bien bonne humeur. J’ai entendu quelques vieux s’échanger des souhaits joyeux. Tous les adultes buvaient. Il y avait plein de gâteries pour les enfants. Ma tante avait dressé une immense table avec des mets traditionnels, paraît-il. De la tourtière, du ragoût, de la dinde, des salades et des sandwiches pas de croûte. Et des desserts en quantités!

Après avoir mangé, un gros bonhomme en habit rouge avec une barbe collée a distribué des cadeaux à tout le monde, même à moi! En partant, ma tante nous a salués en nous demandant si nous étions contents de nos belles traditions.

Sérieusement, Audrey, je n’avais jamais vu autant d’abondance. J’ai adoré cette fête! J’aimerais seulement comprendre ce qu’on fêtait. Personne ne semblait vraiment le savoir… Toi, as-tu une idée?

Quelle est donc cette espérance?

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Jeune pousseDepuis ce 1er décembre, les chrétiens sont entrés dans une période majeure du cycle de leurs fêtes et saisons. Il s’agit de l’Avent, qui est à la fois une sorte de préparation à Noël, mais surtout un élan d’espérance vers « ce qui est en voie d’advenir », c’est-à-dire le retour glorieux du Christ. Si Noël est devenue une fête nivelée par le rythme des célébrations marchandes, au même titre que la St-Sylvestre, la St-Valentin, la Pâques, les deux fêtes nationales, l’Halloween, et j’en passe, la dimension d’espérance qu’elle comporte ne meurt pas, car elle n’est jamais comblée.

Chaque fois qu’une vie s’arrête autrement que par une fin heureuse et paisible, entourée de la famille et des amis et au terme de longues années, la question du sens resurgit. Et comme ce genre de mort est loin d’être habituel, la question est donc constamment posée à nos contemporains comme elle l’a été depuis que la conscience humaine a commencé ses premiers balbutiements. Ainsi donc, qu’elle soit accidentelle, subite, provoquée par autrui, violente, juvénile, mal tombée, tardive, etc., la mort, quand elle survient, interpelle quiconque veut comprendre un tant soit peu son existence. Même quand elle n’est pas au rendez-vous, la mort peut aussi mettre en colère, quand elle laisse des êtres lourdement handicapés, imposant à des proches une vie qu’ils n’ont pas choisie, à un système de santé des coûts faramineux au nom du sacré de la vie à protéger…

La première chose qu’on cherche…

Face à toute situation tragique avec la mort comme arrière-plan, la toute première chose qu’on se met à chercher est le sens. Pourquoi? Pourquoi maintenant? Pourquoi moi, lui, elle? En réalité, la question est toujours « Pourquoi souffrir? » Dans son livre L’ultime secret, Bernard Werber fait dresser à ses deux enquêteurs une liste de choses que les humains tentent d’éviter plus que tout. Ils en reviennent constamment à mettre au haut de la liste la douleur. Tout être humain qui souffre veut que sa douleur s’arrête. D’ailleurs, le bouddhisme est essentiellement fondé sur cette quête. Par l’anéantissement du soi, l’être cesse de souffrir et peut enfin sortir de l’implacable karma. Puisqu’il veut l’éviter, l’être humain cherche donc de toutes ses forces à réduire, contourner, effacer la souffrance. Même le développement de la médecine depuis Hippocrate n’est que l’application de cette vérité.

Et nous connaissons cette quête contemporaine pour la santé: « Tant qu’on a la santé, le reste est secondaire. » Mais est-ce que la santé procure le bonheur? Combien de gens en santé éprouvent-ils réellement un état de bonheur, de sérénité? Côtoyez-vous un si grand nombre de personnes, en santé, qui rayonnent de bonheur? Ne voyez-vous pas plutôt, comme moi, des gens qui ressentent un vide, un manque? Ne constatez-vous pas aussi que ce manque produit l’envie, le désir? Et que ce désir conduit à vouloir combler le vide? Mais par quoi le combler pour qu’il s’apaise et qu’il laisse enfin place à un bonheur stable? C’est comme un cercle sans fin.

Au fond de tout être humain réside le désir. C’est peut-être même ce qui le définit. L’objet du désir distingue cependant certains humains des autres. L’être humain désire avoir tout ce qu’il faut pour vivre. Vous est-il arrivé d’avoir « tout ce qu’il faut »? Ce serait sans doute un peu cesser d’être humain, car il en faut toujours plus! Au plus intime de lui-même, l’être humain nourrit aussi un désir plus profond, plus spirituel. C’est là que le désir prend le nom d’espérance.

Une attente de tous les temps

Au temps de Jésus, l’attente du peuple avait un nom: le Messie. Toutes les espérances de cette portion d’humanité qui constituait le peuple juif dont le territoire était occupé par les Romains se ramenaient à un seul désir: que le Messie attendu arrive enfin pour botter les fesses de ces mercenaires dont la seule présence était un véritable sacrilège. Ce Messie devait mettre un terme à l’occupation pour que le peuple retrouve enfin son intégrité en rétablissant la justice et la paix. Oui, l’espérance, quand elle est collective, prend le nom de la justice.

Depuis que le monde est monde, il est impossible de considérer une époque, même une région particulière, où la justice aurait régné pour tous et chacun. Tous les régimes, qu’ils soient autoritaires ou démocratiques, auront causé leur lot de répression et de destruction. Il y a toujours eu des familles décimées par un quelconque pouvoir légitime ou non et il y en aura sans doute encore dans l’avenir, peu importe comment nous le rêvons.

Alors, quelle serait l’espérance contemporaine? En quoi la femme et l’homme d’aujourd’hui espèrent-ils? Ne rêvent-ils pas d’abord de se trouver, comme des âmes soeurs, dans un amour durable? De pouvoir bâtir un foyer en sécurité? Avoir reçu l’éducation nécessaire pour occuper un travail digne? Élever des enfants dans un environnement serein, équilibré, protégé? Avoir la capacité de se développer harmonieusement, en santé, sans trop d’épreuves difficiles? Mais si tout cela se réalisait demain, les personnes concernées nageraient-elles vraiment dans le bonheur? Et si l’âme humaine aspirait encore à plus? Mais à quoi?

Je crois que rien de créé, de fini, de mortel ne pourra combler ce qui en moi aspire au bonheur. Dans le mariage, j’avais cru trouver une partenaire qui me comblerait et que je comblerais à mon tour. Mais après toutes ces années, nous savons tous les deux que nous ne pouvons que colmater certaines brèches qui veulent constamment se rouvrir pour crier leur béance et leur désir insatiable. Nous savons que nous devons nous tourner tous les deux vers Celui qui, seul, peut combler parfaitement nos coeurs.

Le bonheur, la joie complète, ne peut venir que d’un Autre. C’est ma conviction la plus profonde. Cet Autre porte les noms de l’Absolu, de l’Éternel, du Très-Haut. Dans son monde immortel et infini, le Créateur de toutes choses a créé la chose la plus parfaite. Et c’est l’amour. En la créant, il l’a lui-même expérimentée, se « divisant » en lui-même pour ne pas s’aimer d’un amour narcissique, comme le font ses créatures. Il s’est fait Trinité: Père, Fils et Esprit. Et c’est donc ce Fils, le Messie attendu, qui est venu il y a plus de 2000 ans, qui vient encore à chaque instant de vie et qui viendra un jour pour achever l’histoire.

Elle est donc accomplie, mon espérance, dans l’amour. Comme le dit l’apôtre Paul, plus que la foi ou l’espérance, si je n’ai pas l’amour, je ne suis rien. Dieu lui-même alors ne serait rien sans l’amour ! Mon espérance est d’arriver à aimer jusqu’au bout de l’amour. Mais pour cela il me faut me laisser aimer jusqu’au bout de ce qui est possible et même au-delà. C’est dans cet au-delà que réside l’amour ultime, celui d’un Dieu qui s’est mis à genou pour servir l’humanité par amour. Je l’attends. Il vient. Il est mon espérance. La seule qui me comblera d’une joie parfaite. Viens, Seigneur Jésus!

Que nous faut-il pour qu’il soit joyeux?

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La famille, c'est le berceau de la joie !

La famille, c'est le berceau de la joie ! (photo de "13 à la douzaine")

Noël. Encore un autre. Nous entendons de tous et nous lisons sur tout qu’on nous le souhaite joyeux. Si on ne pense pas spécifiquement à la Nativité de Jésus, on souhaitera quand même de Joyeuses Fêtes… Pour éviter que ces voeux soient des formules répétitives et usées, il me plaît de réfléchir un peu à ce qu’il faudrait pour que ce Noël 2011 soit vraiment joyeux.

Les sources de la joie

Qu’est-ce donc que la joie? Ce n’est pas une simple émotion. La joie est plus que le plaisir. Le Larousse associe l’adjectif intense pour qualifier le sentiment de plaisir ou de bonheur qui s’exprime dans la joie. Le célèbre dictionnaire ajoute que la joie est marquée par une plénitude… d’une durée limitée. Voilà donc ce qu’est la joie : un plaisir ou un bonheur intense, vécu comme une plénitude, mais qui ne dure pas. Si nous  nous en tenons à cette définition, il est tout à fait possible que le Noël d’une grande majorité de chrétiens sur terre puisse être joyeux, car avoir un plaisir intense et passager est à la portée de tous. Mais d’où peut donc venir cette joie, qu’est-ce qui la provoque ?

Mon père me disait un jour: « Lorsque les choses ne vont pas comme on l’aurait voulu, il faut s’offrir ou offrir à quelqu’un d’autre, quelque chose qui fait plaisir. » Il ne faut jamais laisser la tristesse ou le souci nous dominer. Ce n’est pas seulement aux autres que l’on fait plaisir, mais c’est surtout à nous-mêmes, car en agissant ainsi nous ouvrons les sources de la joie et du bonheur pour nous et pour les autres. (Emile Tubiana, Source)

Cet auteur nous met sur une piste: le bonheur est avant tout une histoire de mise en commun, de mutualité. Ouvrir les sources de la joie pour les autres l’ouvre également pour nous-mêmes. Le philosophe du bonheur, Spinoza, va dans le même sens:  « L’homme heureux exerce la réciprocité et recherche le bonheur pour les autres autant que pour lui-même. » (Source)

Ma conviction la plus profonde est que la joie vient d’abord du plaisir que nous contribuons à générer pour les autres. Je sais mieux donner que recevoir, comme tant d’autres hommes et femmes. Comme eux tous, j’aimerais faire plaisir à Noël: couvrir les gens de cadeaux que je saurais choisir avec soin; offrir des réceptions pour que les gens se sentent honorés en échange de l’honneur qu’ils me font d’être dans leur vie; vivre des retrouvailles, des pardons qui libèrent avec des personnes que la vie a éloignées; m’assurer que personne ne se trouve isolé ou exclu, etc. Je ne peux tout faire, mais je peux commencer par m’ouvrir moi-même, donner un peu de moi-même.

Mère Teresa, apôtre de la joie, fondatrice bien-aimée d’une communauté destinée à accompagner les plus souffrants, les plus exclus des humains, a inventé une expression qui est devenu le titre d’un livre : « La joie du don ». Elle a enseigné à ses soeurs qu’il y a de la joie dans le don de soi, car le retour sur investissement pour soi est hors de proportion.

Aimer pour semer la joie

Pour se donner, il faut d’abord aimer en vérité. La vraie source de la joie se trouve dans l’amour. C’est quand il déclare son amour à tous ses amis que Jésus, dans l’évangile de Jean, leur confie : « Je vous ai dit ces choses, afin que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite » (Jean 15, 11). Parfaite, rien de moins! Mais voilà, pour que la joie soit parfaite, à mon sens, elle ne doit pas rester éphémère, elle doit durer éternellement. Utopique?

Si le désir de l’âme humaine est la joie sans concession, la joie parfaite, elle, ne peut provenir que de la communion la plus parfaite avec Dieu Père-Fils-Esprit. Dans son amour éternel, par la joie qu’il éprouve au sein même de la Trinité, Dieu s’est donné lui-même en son Fils pour se faire un avec l’humanité tout entière. Dans cette crèche où repose un enfant nouveau-né, il y a la promesse d’une joie sans fin, l’espérance de l’amour qui règne en toutes vies. Depuis 2000 ans, des femmes et des hommes s’en sont approchés avec succès. Ils ont partagé généreusement avec le monde la source de leur joie. Ils sont devenus des exemples de vies joyeuses, parce que livrées entièrement à la recherche de la communion avec Dieu, dans le service de leurs frères et soeurs. Leurs témoignages sont aujourd’hui plus que jamais des indications que la joie parfaite est accessible.

Quand je souhaiterai la joie à chacun et à chacune des personnes que je croiserai d’ici le début de la prochaine année, ce sera avec l’espérance intime que cette joie s’installe dans leur coeur comme une semence qui ne pourra que grandir et grandir jusqu’à sa perfection. En donnant notre vie par amour pour ceux que nous aimons, nous trouverons la joie, au-delà de toute apparence de tristesse, de mort ou de fin du monde. Commençons par un petit peu de nous à la fois…

C’est donc ainsi que je vous souhaite à toutes et à tous, le plus joyeux des Noël, un Noël qui se prolongera chaque jour de votre vie

Pour un exposé impressionnant sur la joie parfaite, suivez ce lien