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Le prophète et la Femen

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Le 21 mars 2017, une militante Femen s’est trouvée acquittée à la suite d’un procès pour tapage et vandalisme dans le cadre du Grand Prix de Formule 1 à Montréal en juin 2015. Neda Topaloski et une complice s’étaient présentées, poitrines dénudées marquées de messages provocateurs, sur un site public où l’on exposait des voitures, grimpant sur l’une d’elles et proférant les slogans du groupe à tue-tête et d’où elles furent violemment interceptées.

Après l’acquittement, l’avocate de Mme Topaloski, Véronique Robert confiait au Devoir qu’il s’agit d’une décision importante pour le droit de manifester et pour les revendications féministes, la décision retenant surtout que l’intention était de transmettre un message contre l’exploitation des femmes.

Face aux manifestations des Femen à travers le monde, je suis, comme plusieurs, perplexe et parfois choqué. L’utilisation qu’elles font de leur corps, dont l’instrumentalisation par des tiers est dénoncée, pourrait porter à confusion et ne pas servir leur message, surtout lorsqu’il y a grabuge. Mais il faut admettre que cette nouvelle forme d’activisme s’avère efficace pour dénoncer l’exploitation des femmes et de leur corps en particulier.

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C’est la paix que nous voulons

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Je voudrais courir au milieu des belligérants armé d’un drapeau blanc. Avec l’énergie du désespoir, je voudrais les repousser de chaque côté afin d’ouvrir entre eux un espace blanc. Juste assez pour qu’ils puissent inspirer, expirer, prendre du recul et tout reconsidérer, encore une fois, avec l’infime espoir qu’il est toujours possible de changer la fin si prévisible de ce film décidément mauvais…

Avant qu’il n’y ait mort d’homme (ou de femme, bien sûr), ne serait-il pas temps de poser un geste ultime et responsable d’apaisement? Je vois venir le weekend des 4, 5 et 6 mai à Victoriaville avec ce congrès du parti Libéral combiné au mot d’ordre lancé par les étudiants. Pauvre ville! Il va de soi que les signes des temps ne paraissent pas du tout favorables. Quand le numéro deux du gouvernement, ministre des Finances, affirme qu’il n’envisage plus aucune discussion et que seule une élection permettra de mettre un terme à ce conflit, je suis réellement inquiet pour les jours qui viennent. Un ami, père de deux jeunes engagés dans la mouvance de la contestation populaire, faisait le lien avec sa propre expérience. La situation n’est-elle pas, me disait-il, comme si un père furieux contre son fils lui disait « Tu nous donnes ce qu’on te demande et tu rentres dans ton trou ou bien tu dégages ». La tension est telle que le jeune peut décider d’affronter le père ou choisir de lui tourner définitivement le dos. Les parents savent tous que survient, un moment ou l’autre, le temps où ce genre d’arguments ne peut plus tenir s’ils veulent éviter une rupture aux conséquences néfastes. C’est le plus souvent aux parents qu’il revient de se repositionner autrement, non plus selon une ligne strictement autoritaire, mais plutôt comme des partenaires du développement de l’autonomie de leur enfant.

Faire de la jeunesse des ennemis

Ce même ami me disait à quel point il était indigné de voir que notre gouvernement a choisi de considérer notre jeunesse comme l’ennemie du peuple. Lorsqu’un gouvernement, disait-il, montre du mépris à l’endroit d’un groupe organisé de la société comme un syndicat de professeurs ou de fonctionnaires, il s’arrange avec les conséquences de ses choix. Mais un gouvernement peut-il  encourager une partie de la population à traiter la jeunesse comme l’ennemie de la société? Lorsqu’un ministre de la Sécurité publique pointe du doigt un leader, allant jusqu’à insinuer que la police pourrait éventuellement avoir affaire à lui, il pointe à travers lui des dizaines de milliers de jeunes qui ont choisi des moyens de pression dérangeants, certes, mais généralement exemplaires quant à leur déroulement pacifique et non-violent. Quand une ministre de l’Éducation s’acharne à stigmatiser une association pourtant légitime en visant à créer systématiquement la division. Quand un premier ministre se moque de la mobilisation à plusieurs reprises, y compris de la manifestation du Jour de la Terre, comme si la solidarité des foules n’avait aucune importance sur l’ordre normal de ses priorités. Quand tout ceci arrive, la réaction en face ne peut que devenir celle que tous les parents connaissent lorsqu’ils choisissent de ne pas vouloir discuter avec leur grand adolescent. Les moyens de pression ne peuvent que se durcir et en venir là où personne ne voudrait qu’ils aboutissent. C’est là que toutes les éventualités peuvent survenir, une provocation excessive, un geste malheureux, un accident aux conséquences irréversibles.

Pas n’importe quelle paix

Je souhaite comme tout le monde que ce conflit en vienne à une conclusion qui laissera le moins de conséquences négatives possibles. Nous en sommes là, car des séquelles il y en aura. L’histoire se rappellera du printemps 2012 comme l’année où il aura fallu le plus grand nombre de semaines de grèves étudiantes pour arriver à… À quoi en fait? La fin n’est pas encore écrite et c’est là que nous pouvons intervenir, un peu comme les fans des séries à succès qui parviennent à modifier le destin prévu par l’auteur de certains de ses personnages.

Alors comment voulons-nous qu’elle se termine, cette histoire? Plus que jamais, il est temps de nous mettre au service de la paix sociale. Non pas une paix imposée à coup de matraques et de répression. Non pas une paix où l’autorité se serait aplatie en renonçant à toutes ses décisions. Plutôt une paix qui commence par la création d’un espace commun de dialogue. En communication non-violente, c’est la condition préalable à toute médiation. Il n’est pas possible d’envisager un dialogue authentique si les adversaires ne s’engagent pas résolument à chercher une voie pacifique pour dénouer la crise.

L’heure n’est plus à choisir un camp ou l’autre. C’est la troisième voie qu’il faut choisir, la voie de la paix, avec la maturité nécessaire pour entrer dans un tel processus. Le braquage du gouvernement doit être assoupli. Qui pourra l’en persuader, sinon un fléchissement de l’opinion publique? Tant que la majorité semble soutenir le gouvernement qui veut casser le mouvement étudiant, elle le supporte dans son durcissement et dans les conséquences sur le terrain des manifestations. Il faut demander à ce gouvernement de modifier son attitude. Pour cela, il faut une vraie trêve, comme dans une guerre qu’on veut terminer, sans véritable vainqueur, sans véritable perdant.

Souscrivons donc aux pressions de certains « sages » qui se sont déjà exprimés, à savoir qu’il faut un moratoire sur la hausse décidée par le gouvernement. Quelques mois, une année, je ne sais pas. Mais sans cette trêve plus qu’urgente, la paix sociale que nous attendons sera reportée d’autant, jusqu’à une élection, et là, rien n’est assuré non plus.

Je ne veux plus voir des policiers cogner sur des jeunes. Je sais bien qu’ils ne font que répondre à des ordres. Je ne veux plus qu’ils reçoivent l’ordre de dégager la place, quitte à casser des jambes, à brûler des yeux, à embarquer des jeunes qui ne sont pas des criminels, mais des « comme nous » qui rêvions, à une époque, de changer le monde. Ces jeunes, ce sont les miens, les vôtres. Mes neveux et nièces, les vôtres. Vos petits-enfants. Voulons-nous vraiment les mâter ou bien leur ouvrir un avenir où ils pourront, à notre suite, poursuivre la construction d’une société plus humaine? J’ai choisi mon camp. Je porterai désormais le carré blanc, signe de paix. Et je prie l’Esprit Saint d’éclairer toutes les personnes en mesure de poser les gestes qui contribueront à établir cette paix sociale. La paix? Ce serait une belle fin, n’est-ce pas?

#Occupy nous-mêmes !

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OccupyLe mouvement est en train d’embraser toute la planète. Samedi dernier, des rassemblements avaient lieu dans 900 endroits différents dans le monde. OccupyWallStreet se décline désormais en OccuponsParisOccuponsMontréal, OccuponsSaguenay… En France, on l’appelle le mouvement des Indignés, appellation qui commence aussi à s’étendre au Québec. L’affirmation que 99 pour cent des gens sur la planète souffrent de la cupidité et de l’avidité d’un pour cent des plus riches d’entre nous sert de mot d’ordre général pour cette « révolution » ! Dans chaque ville, les manifestants définissent les particularités de leur indignation, d’où une apparence globale de confusion et l’impossibilité d’énumérer une liste de revendications claires. Mais ça semble fonctionner et le mouvement est réellement lancé. Qu’est-ce qui pourrait l’arrêter ?

Occupy les autres

La faible reprise qui a suivi la récente crise financière qui a marqué de nombreux pays occidentaux depuis 2008 a peut-être un peu retardé l’instauration d’un mouvement planétaire d’indignation et de colère. En effet, nous sommes tous prompts à défendre ce que nous possédons, notamment notre confort et notre mode de vie. Dès que la crise a semblé se résorber, ici au Canada, nous avons tôt fait de retourner à nos habitudes : se procurer au plus vite le nouveau iPhone ou iPad, le nouveau gadget à la mode, la nouvelle voiture, etc. Consommer, encore…

Pendant ce temps, nous avons assisté, un peu sceptiques, en Égypte, en Tunisie, au Yémen, en Libye et d’autres pays arabes, à la naissance d’une révolution pacifique avec des foules immenses. Le printemps arabe est devenu peu à peu une inspiration pour un grand nombre d’occidentaux insatisfaits de la manière de diriger de nos gouvernements qui laissent se poursuivre l’enrichissement des nantis et la dévastation des ressources par les grandes entreprises. OccupyWallStreet est un modèle nouveau de manifestation avec une organisation et une structure de participation citoyenne originales. Les médias sociaux servent à convoquer des assemblées générales dans toutes les villes où le mouvement se met en marche. Les membres sont ceux et celles qui sont présents et les propositions sont toutes entendues et votées. Il y a véritablement quelque chose de frais et d’inspirant dans ce qui se passe actuellement.

Mais, comme toute forme de manifestations, il y a aussi les dommages collatéraux. Il est difficile de garder le contrôle sur les foules en colère. On l’a vu en Italie et ailleurs, dimanche dernier, alors que des manifestants ont attaqué des banques et un McDo et même saccagé des objets religieux. Pourquoi s’attaquer aux symboles religieux ? Il y a certes à parier qu’en tant qu’institution séculaire, l’Église est mise dans le même sac que les gouvernements et les grandes institutions financières. Ces dérapages se doivent d’être contenus par les organisations et les participants de ce mouvement, car les excès de violence ne sont pas d’augure à susciter l’appui des autres citoyens… La répression est la réaction la plus rapide de ces gouvernements autrement si peu actifs!

Occupy nous autres

Sur un fil Twitter, j’ai été intrigué par une expression qui invitait à s’occuper de nous-mêmes (Occupy yourself!). Cela a fait clic dans ma tête. On ne peut pas simplement s’indigner, protester, casser le système. Il y a quelque chose qui doit commencer par nous-mêmes. À l’émission Tout le monde en parle, cette semaine,  Mathieu Roy, le réalisateur du documentaire Survivre au progrès, a démontré à quel point tout est tissé serré. Notre surconsommation est sans doute la principale raison de la fin probable de notre civilisation. En étudiant plusieurs des grandes civilisations disparues, Mathieu Roy a pris conscience que nous étions en train de nous auto-détruire, sans nous en rendre compte, répétant les mêmes erreurs qui ont vu les empires sumérien, maya, romain, etc. disparaître complètement. La civilisation occidentale est sur le point de s’éteindre ! Et nous avec, bien entendu, et l’avenir… Quel cadeau empoisonné pour nos enfants!

Voilà pourquoi j’aime bien cette idée de nous « occuper nous-mêmes » afin de nous mettre en voie de nous convertir d’abord (c’est le mot qui convient) en nous reliant à l’ensemble des citoyens et des citoyennes de la planète qui en ont marre et qui disent un gros NON à ce système qui fabrique des « toujours plus riches » pour quelques privilégiés et des « encore plus pauvres » pour tous les autres. Certains observateurs croient que ce mouvement mondial est le fait de gens naïfs, notamment parce que les revendications et les objectifs ne sont pas établis précisément et que les causes sont multiples. Il est possible que tout ce beau monde rentre peu à peu chez soi, à mesure que l’économie remontera la pente, mais rien n’est si sûr.

Je vois dans ce mouvement un réveil collectif, une utopie d’une incroyable énergie qui fait bouger les masses. Notre monde manque terriblement d’utopies qui permettent à des foules de se mouvoir et d’espérer. Je ne peux m’empêcher de voir dans ce réveil la même espérance qui a fait se lever, 2000 ans plus tôt, des masses de citoyens de tout l’empire romain, « armés » d’une foi indéfectible en un prophète de paix et de justice, et qui ont, peu à peu, mis à mal les fondements d’une société étrangement semblable à celle dans laquelle nous trempons… Verrons-nous quelque chose de nouveau apparaître peu à peu de ce mouvement ? Espérons-le, en y adhérant sans hésiter.

Égypte : l’Histoire s’écrit en direct

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Des chrétiens solidaires à Place Tahrir

Des chrétiens solidaires à Place Tahrir

Depuis le 25 janvier, se déroule devant nos yeux la marche d’un peuple pour sa libération. Les Égyptiens, à la suite d’événements semblables en Tunisie, se sont levés et ont manifesté, dans une attitude pacifique inspirante et quasi-impeccable, pour que le régime autoritaire de Hosni Moubarak, installé depuis 30 ans, se désiste définitivement.

Mais les choses ont basculé, en cette journée historique du 2 février. Combien il était difficile de ne pas rester collé aux médias sociaux, Twitter en particulier, qui ont relayé sans cesse les informations en provenance de la place Tahrir dans la capitale (Le Caire). La foule a été prise d’assaut par des casseurs (thugs) dont une partie aurait été embrigadée par le pouvoir pour attaquer les manifestants et les forcer à quitter la place.

Des journalistes occidentaux ont été pris à partie dont des gens bien connus ici. Certains ont affirmé avoir été ciblés dès le début des attaques pour empêcher tout témoignage sur les affrontements. Mais les réseaux sociaux sont devenus une force réelle pour relayer des informations en direct d’événements semblables. Il semble évident aux yeux de tous que cette attaque avait été planifiée, organisée, à l’aide ou au moins avec la bénédiction du régime et de l’armée qui regardait les gens s’entre-tuer sans bouger le petit doigt. Le nombre des twits qui vont dans le même sens est si imposant qu’un profond sentiment de vérité se dégage de ces informations une fois mises ensemble.

Ici au Québec, nous avons si peu d’expérience de ce genre de manifestations qu’elles nous semblent presque extra-terrestres, hormis les émeutes qui surviennent après une victoire du Canadien en séries de la Coupe Stanley. Avons-nous déjà vu s’entre-tuer des groupes opposés ? Une caricature de Beaudet sur Jean Charest est d’ailleurs assez éloquente : elle présente notre premier ministre sérieusement impopulaire depuis deux ans, assis confortablement dans son salon, regardant les révolutions en Tunisie et en Égypte et qui dit « vive les pétitions en ligne ».

Certains voient dans ces renversements en cours une bonne nouvelle pour la liberté, les droits de la personne, l’éventualité de réformes démocratiques. D’autres y voient l’influence occulte de groupes islamistes qui fomenteraient ces révolutions pour instaurer des sociétés islamiques, comme en Iran après sa révolution. Les uns traitent les autres de naïfs ou de paranos, selon leur position. Il est certain que les deux voies sont possibles. Mais l’effet domino dans tout le Moyen-Orient est si soudain et si rapide, qu’il est difficile d’y voir la marque programmée des groupes intégristes. Par contre, lorsque le champ sera libre  et qu’il faudra mettre de nouveaux gouvernements en place, toutes les influences seront là pour tenter de faire leur place. C’est inévitable.

Je pense qu’il faut garder confiance. C’est un mouvement de foules, un mouvement de jeunes imprégnés de la culture numérique. Ces jeunes sont épris de liberté et d’autonomie bien plus qu’attirés par une quelconque religion totalisante. Il est souhaitable que la sagesse et la raison prennent place au coeur des débats.  Je cite quelques exemples qui montrent bien que tous les musulmans sont loin d’être des extrémistes :

Par contre, le radicalisme inhérent au phénomène religieux est un danger réel. Prenez le temps de visionner cet entretien avec Henri Boulad, un jésuite égyptien qui parle ouvertement du danger islamiste. Voici un homme qui est l’ami de nombreux musulmans et qui en accueillent des dizaines dans son école. Pour lui, ce n’est pas le musulman (la personne) qui présente un danger, mais la conception intégriste qui s’impose aux sociétés arabes depuis une quarantaine d’années. Il est donc important de bien comprendre les distinctions qui existent entre le croyant, d’une part, et la religion lorsque celle-ci est érigée en système politique.

Mon ami Waleed, musulman installé depuis quelques années au Québec, affirme que la relation chrétiens-musulmans s’est pratiquement vécue sans heurts pendant des siècles. Lui-même a été l’ami de chrétiens là-bas. J’ai confiance en lui, en sa vision, en sa spiritualité. Il est de ce peuple qui lutte pour plus de liberté, plus de justice, plus de dignité. Voici ce qu’il dit:

En Égypte, les chrétiens ont vécu là depuis toujours. Toute ma vie, au Moyen-Orient, je n’ai jamais entendu parler de problèmes majeurs jusqu’à cette explosion récemment [dans une église copte]… qui fut un crime terrible, mais je t’assure qu’il n’y a pas d’enseignement dans l’Islam, prêchant de faire de telles choses. Bien sûr, il y aura toujours des individus stupides de chaque côté de la clôture qui pourront causer des dommages et feront le tour du monde, mais il ne faut pas généraliser.

Ma prière, aujourd’hui, est tout entière tournée vers les peuples du Moyen-Orient, peu importe leur appartenance religieuse, pour que peu à peu leurs efforts de libération portent fruit. Et que nous devenions nous-mêmes de plus en plus solidaires, de toutes les manières possibles. Une solidarité réelle va nous forcer à changer certaines choses dans notre mode de vie, c’est inévitable. Souhaitons que cette transition, dans le temps, soit vécue dans la plus grande paix.

Et je conclus en recopiant la prière de mon ami Waleed qu’il a diffusée sur Facebook, sans même comprendre rien de ce qu’il écrit :

دعاء اذا دعوته تمضي سنة ولا تستطيع الملائكه الأنتهاء من كتابة حسناتك ؟؟؟ قال رجل من السلف لا اله الا الله عدد ما كان و عدد ما يكون وعدد الحركات والسكون وبعد مرور سنه كامله قالها مرة أخرى… فقالت الملائكه: اننا لم ننتهي من كتابة حسنات السنة الماضية تخ…

Et il dit : « si vous avez confiance en moi, dites simplement Amen ! »

Amen !