Un synode pour quels jeunes? *

pape20et20jeunesL’an prochain, en octobre 2018, se tiendra le Synode des évêques sur « Les jeunes, la foi et le discernement vocationnel ». Comme pour le Synode de la famille, le pape a demandé une vaste consultation auprès des jeunes dans le monde. Pour les personnes intervenant en pastorale jeunesse, cette consultation apparaît difficile à mettre en œuvre, compte tenu de l’éloignement entre notre jeunesse et l’Église.

Les jeunes et la foi

Les jeunes ont-ils encore la foi? Pour un grand nombre de grands-parents, cette question est parfois obsédante. On les voit vivre de manière autonome, sans lien avec l’Église et les sacrements et on s’inquiète pour eux… On a appris que pour vivre une vie qui plaît au bon Dieu, il fallait une fréquentation assidue des sacrements, faire preuve de charité et avoir une vie morale vertueuse. Or, ce que les jeunes donnent à voir pourrait laisser croire qu’ils font tout ce qu’il ne faut pas faire pour « gagner leur ciel »!

Pourtant, les jeunes gens d’aujourd’hui démontrent beaucoup de belles valeurs. Si leur foi en Dieu est plutôt confuse, par rapport à nos critères, pour eux elle paraît claire : ils sont en recherche! Dieu et les religions font partie des options spirituelles disponibles. Ils sont davantage en exploration que leurs aînés qui avaient tout ce qu’il faut pour la vie éternelle!

Les jeunes et les vocations

La crise que traverse l’Église par rapport aux vocations est certes alarmante. La majorité des congrégations religieuses traditionnelles sont pratiquement en voie d’extinction. Certaines communautés nouvelles paraissent cependant attirer une clientèle jeune. Celles-ci présentent souvent un visage plus rigoureux, plus radical. Cela démontre que, pour ces jeunes, la valeur d’engagement n’est pas éteinte et qu’elle implique toute leur personne… Comme autrefois!

Mais il va de soi que l’immense majorité des jeunes ne songe plus à une vocation dans le sens traditionnel de l’expression : en tant que prêtres, religieux ou religieuses.

Une Église qui écoute plutôt que moralisatrice

Le synode romain abordera ces questions. Les évêques et les experts qui se réuniront auront un meilleur accès aux données si les jeunes répondent massivement aux questionnaires qui leur sont adressés, même – et surtout – pour ceux et celles qui n’ont pas de lien avec l’Église.

Il serait important que les aînés s’activent pour interpeller les jeunes d’ici à se rendre sur l’un ou l’autre des sites diocésains qui proposent un questionnaire en ligne à leur intention. Ceux-ci ont jusqu’au 30 novembre 2017 pour faire part de leur situation, de leur réflexion et de leurs aspirations spirituelles. Qui sait? Si cette initiative du pape, qui désire vraiment que notre Église se mette à l’écoute des jeunes, parvient à susciter suffisamment de prises de parole neuves, peut-être alors que nos évêques et les fidèles sauront mieux comprendre leur quête de sens. Peut-être qu’ainsi l’Église pourrait mieux s’adapter à la réalité des jeunes en offrant des formes nouvelles d’accompagnement.

Proposons à des jeunes de notre entourage de taper « questionnaire synode jeunes 2018 » sur un moteur de recherche et incitons-les à répondre. Par amour pour vous et pour rendre service à l’Église.

Des questionnaires sont disponibles en cliquant sur les liens suivants:

http://www.evechedechicoutimi.qc.ca/article/synode-2018-questionnaire-en-ligne/

https://survey-synod2018.glauco.it/limesurvey/index.php/147718

______________

Ce texte est le 50e article de la série “En quête de foi”, publié dans l’édition d’octobre 2017 du Messager de Saint-Antoine.

Une « DPJ » musulmane, un rêve?

(Pixabay/Madalinlonut)

La présence de Gabriel Nadeau-Dubois à un souper-bénéfice d’un OBNL œuvrant auprès des familles musulmanes, notamment dans le cas des enfants qui ont fait l’objet de signalements à la direction de la Protection de la Jeunesse (DPJ), a suscité son lot de réactions depuis une semaine.

Il serait devenu suspect pour n’importe quelle personnalité publique de se présenter à un événement apparenté à l’islam. Une photo officielle en présence de quelques femmes portant le voile devient vite l’objet de dénonciations appuyées. Des politiciens sont vite étiquetés de sympathisants islamiques, favorables à la charia voire à l’islamisation du Québec! Désignés du doigt, ils sont acculés à une posture défensive au point où plusieurs choisissent de ne plus accepter de telles invitations.

L’absence d’élus ou de personnalités auprès des milieux communautaires est généralement à déplorer, mais plus encore si ceux-ci excluent de leur agenda toute rencontre formelle avec des groupes confessionnels, comme si ces derniers étaient des lépreux modernes.

Vers plus d’accommodements confessionnels?

Le rêve, exprimé candidement puis démenti par Soraya Zaidi, directrice de l’organisme Défi-lles et des ailes, de créer une «DPJ musulmane», serait-il si incompatible avec une société laïque? N’avons-nous pas déjà des écoles confessionnelles privées qui inculquent à des élèves juifs, chrétiens ou musulmans des valeurs soi-disant plus conformes aux religions qui les soutiennent? Une certaine mouvance multiculturaliste s’en ferait aisément le porte-étendard.

… LIRE LA SUITE SUR PRESENCE-INFO.CA

« Ayez le courage de la résistance » (pape François)

afp4769199_articolo

Voici mon 34e article de la série « En quête de foi » publié dans l’édition de février 2016 du magazine Le messager de Saint Antoine

À l’occasion de sa visite en Afrique, en novembre dernier, le pape François fut touché par la question d’un jeune Centrafricain. Celui-ci exprimait avec une certaine douleur les grandes difficultés rencontrées par les jeunes :

« Dans toutes les crises dans notre pays, nous avons toujours payé de lourds tributs. […] Nous nous laissons facilement emporter par le vent de la violence, de la vengeance, du pillage, de la destruction… Aujourd’hui, les défis auxquels nous sommes confrontés sont nombreux : la réconciliation, la formation adéquate, le chômage, la précarité. Beaucoup d’entre nous sont tentés de quitter notre pays pour aller chercher un avenir meilleur ailleurs ». Dans un tel contexte, conclut-il, comment pouvons-nous devenir des artisans de paix ? (Radio Vatican)  

François a répondu que la route qui leur était proposée, à l’image du bananier, est celle de la résistance, et non de la fuite. « Qui fuit n’a pas le courage de donner la vie ».

La foi fait de nous des résistants !

Si nous ne vivons pas chez nous les mêmes situations qu’en Afrique, nous nous laissons facilement emporter par d’autres vents : la surconsommation, le crédit facile, la corruption, les séparations, l’indifférence au sort des autres, la dépression, la peur des étrangers, le désespoir, l’absence d’un projet de société rassembleur, et j’en passe ! Comment, dans un tel contexte, les jeunes peuvent-ils devenir artisans d’un monde meilleur ?

Résister par l’espérance

La foi procure aux croyants une chose essentielle : la capacité d’espérer ! Le pape le dit souvent : un chrétien qui n’a plus d’espérance n’est pas un vrai chrétien… C’est grâce à l’espérance que nous pouvons devenir des résistants.

bananeLes jeunes bâtissent l’avenir. Pour ce faire, ils doivent croire en leur capacité de le réformer, de le rendre plus conforme à leurs valeurs. Mais ils auront à résister à ce que les générations précédentes leur ont laissé en héritage.

Par exemple, le temps où l’on pouvait se dire qu’il faut d’abord penser à soi avant tout est terminé. Pour qu’un monde pacifique, écologique et solidaire puisse surgir du présent, il faut se tourner vers les autres, surtout les plus fragiles et les inclure dans un projet fabuleux, mais possible : le règne de Dieu !

Les croyants connaissent déjà le plan conçu par l’architecte divin. Il ne reste qu’à le réaliser. En résistant à l’air du temps avec une foi assurée, les jeunes peuvent commencer à propager leur désir de bonheur partagé. Le Seigneur les attend là où d’autres n’ont pas réussi.

Comme pour les générations passées, un tel projet de paix est impossible à accomplir par nos propres moyens. Nous ne cessons de nous buter à nos manquements qui rendent toute action pour le bien caduque ou si peu féconde. Pour mettre en œuvre le plan du Créateur, il nous faut d’abord compter sur lui, en son Fils Jésus, par l’Esprit qui donne la vie, le mouvement et l’être…

Comment pouvons-nous être artisans de paix ? Tout d’abord en cherchant en nous la source de toute paix qui conduit vers l’unique amour du Père.