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Comment mesurer la valeur de notre monde devant les champions de la haine?

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Un homme et sa fille fuient un quartier de Mossoul, contrôlé par l'État islamique, durant les combats, le 4 mars 2017.

Un homme et sa fille fuient un quartier de Mossoul, contrôlé par l’État islamique, durant les combats, le 4 mars 2017.   (CNS photo/Goran Tomasevic, Reuters)

Mon plus jeune fils me demande souvent, à propos de ce qu’il fait ou observe: «est-ce un record du monde, papa?» Comme bien de nos contemporains, il a besoin de mesurer la valeur des performances pour leur accorder l’attention qu’elles méritent.

Depuis toujours, les représentants des grandes religions témoignent à leur manière d’un mécanisme semblable à propos des persécutions religieuses. C’est comme si, à l’image de ce qui se passe dans le sport de compétition, il existait un besoin impérieux d’établir une hiérarchie des champions et des perdants.

Notre époque aurait-elle atteint un sommet en matière de persécution religieuse? Les attentats dans deux églises coptes en Égypte, en plein dimanche des Rameaux, ont rappelé aux chrétiens qu’ils demeurent les plus persécutés dans le monde. Il y a quelques années, Le livre noir de la condition des chrétiens dans le monde notait que jusqu’à 200 millions de chrétiens étaient discriminés dans près de 140 pays, faisant du christianisme la religion la plus persécutée au monde, une réalité que de nouveaux rapports confirment chaque année. Voilà pour les «champions» du supplice!

Malheureusement, il n’existe pas d’époque sans persécution religieuse. Il suffit de revoir l’histoire de l’humanité pour se rendre compte qu’elle en fait partie intégrante.

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Pourquoi je n’écris plus…

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D’une semaine à l’autre, je me dis qu’il faudrait bien que je reprenne le clavier pour alimenter ce blogue. D’une semaine à l’autre, j’ai du mal à trouver quelque chose qui m’inspirerait, qui me porterait à dire du bien (bénir) plutôt que de dire du mal (maudire). J’ai détesté l’été qui se termine aujourd’hui. Rien à voir avec la météo! Même si le mal dans le monde existe depuis sa création, j’ai été sans doute insuffisamment immunisé au cours des derniers mois et je crois que je me suis laissé contaminer au point où j’ai préféré ne rien écrire. Que ce soit à partir de ce qui se passe sur les scènes mondiale, nationale et même locale, je parviens plus difficilement à demeurer un être d’espérance. Et même dans certains commentaires publiés suite à mes billets, l’air ambiant empeste parfois d’une immonde odeur que certains appellent la Vérité, une vérité qui ne semble servir qu’à condamner, renier, démolir pour, à la fin, ne reconnaître que quelques purs qui auraient mérité de la côtoyer.

Je n’écris plus parce qu’il me faut d’abord me ressourcer, m’abreuver à la Source, donc! Et c’est ce que je fais, en toute simplicité. D’ici là, désolé pour celles et ceux qui s’attendent peut-être – ou peut-être pas – à ce que je surgisse de nouveau avec mes mots. Pour que les mots résonnent, il me faut d’abord les alimenter d’un peu de foi et de beaucoup d’amour. C’est au contact de la Parole de Dieu que j’y arrive, et à travers la vie de ma famille, de mes amis et de tous les passionnés d’humanité… comme Dieu! Alors d’ici là, je vous souhaite de trouver, vous aussi, votre dose de bonheur quotidienne!

À bientôt, quand même !

La haine n’aura pas le dernier mot

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Ce soir j’ai honte. Depuis que les religions qu’il faudrait mettre à leur place constitue le sujet dont tout le monde parle au Québec, il ne se passe plus un jour sans qu’on entende ou qu’on nous présente des images de personnes liées à l’Islam se faire haranguer par des gens dits de souche. C’est comme si le projet de charte et la consultation menée par le Gouvernement avaient donné à une portion de la population la licence pour laisser s’exprimer la haine, le racisme et la forme du nationalisme le plus détestable qui soit, c’est-à-dire celui d’un peuple qui se ferme sur lui-même.

Des attitudes et des gestes d’intolérance

Comme la plupart d’entre vous, j’ai reçu des messages courriels mensongers à caractère haineux. J’ai vu sur mon mur Facebook des images comportant elles aussi des incitations à l’intolérance. Chaque fois que j’ai pu, j’ai tenté d’apporter de la nuance, parfois des correctifs. Mes amis ne sons pas des gens haineux, mais plusieurs font circuler de tels messages sans trop réfléchir. Lorsqu’ils sont mis devant une autre manière de regarder ce qui est en jeu, ils s’amendent souvent d’avoir contribué à diffuser l’intolérance.

Aujourd’hui, en préparant une activité visant justement le rapprochement entre les communautés musulmanes et catholiques de ma région, j’ai entendu des témoignages qui m’ont jeté à terre. Une enseignante d’une école primaire n’hésiterait pas à dire à des enfants issus de parents maghrébins qu’ils sont malpropres. Du coup, les élèves se mettent à les rejeter et à se payer leur tête. Pourtant, l’amie des parents concernés nous assure que ces enfants sont toujours bien mis et que l’hygiène ne fait pas défaut. Cette même amie nous dit ensuite qu’elle ne pourra plus vivre dans la région, considérant que ses enfants pourraient subir de l’intimidation raciste. Elle partira pour l’Ontario dès qu’elle le pourra. Au centre commercial de Chicoutimi, un homme, dans la trentaine, est passé tout près d’elle en lui disant: « sale race »! Une autre femme prend le relais et ajoute sa propre expérience toute récente: devant la Mosquée de Chicoutimi, un automobiliste a ralenti, ouvert sa fenêtre et imité le son du cochon pour ensuite filer à toute allure. Ces femmes sont toutes musulmanes. Elles portent le voile pour la plupart. Après le geste qu’on croyait être isolé contre la Mosquée, voilà que si l’on se met à les écouter, ces femmes racontent ce dont elles sont victimes. En tant qu’adultes, elles en ont l’habitude, mais lorsque leurs enfants sont des cibles potentielles, cela devient insupportable.

L’imam est établi dans notre région depuis 28 ans. Il est marié à une Saguenéenne et ont deux enfants. Il dit tout bonnement, « Je suis venu ici à Chicoutimi et je n’ai jamais eu aucune raison de partir. » Le président de l’Association islamique enchaîne:

Je suis ici depuis 35 ans. J’ai été marié pendant plus de 25 ans avec une femme d’ici. Nous avons eu deux enfants qui sont aujourd’hui des spécialistes dans leur profession. Nous n’avions jamais connu de problèmes comme ceux qui surgissent maintenant.

Aucun signe d’un Islam politique ici, mais malgré tout la peur et l’hostilité sont bien présentes. Mes collègues et moi, de « bons catholiques » d’ici, nous étions sous le choc et un seul mot nous envahissait : la honte.

Des torts irréparables

Je ne dis pas que le projet de charte du Gouvernement du Québec est responsable de tout cela. Mais il est clair qu’ici comme à Québec ou à Montréal, nous constatons une augmentation importante de ces gestes hostiles. En racontant toutes ces choses à une personne de ma famille qui n’a probablement jamais rencontré de musulmans de toute sa vie à Saguenay, celle-ci a eu cette réaction: « La charte, moi je suis pour. On se fait envahir, faut que ça cesse. » J’ai tenté quelques arguments, mais je n’avais pas le coeur à débattre, j’avais la nausée.

Il faut reconnaître collectivement que nous avons pris un mauvais détour. Au lendemain de la loi promulguant la Charte, croyons-nous vraiment que nous vivrons enfin en paix, après avoir remis tous ces étrangers à leur place? Rien n’est moins sûr.

Nous avons désiré ces immigrants parlant notre langue. Nous les avons séduits par des promesses que nous ne tenons pas, surtout au plan de l’emploi et de la reconnaissance de leurs qualifications. Nous leur avons dit que nous étions une société libre, l’une des plus accueillantes du monde. Et là, bang! Le message que nous leur envoyons est clair: « Nous vous accepterons pleinement seulement si vous cessez d’être différents, ou à tout le moins lorsque vous cesserez de montrer visiblement vos différences. »

Tout le chemin parcouru depuis 40 ans relativement à notre approche de l’intégration est actuellement mis au défi de sa vérité. Si les cultures qui s’intègrent à notre société d’accueil sont réellement considérées comme des richesses, pourquoi faudrait-il se priver de ce qui en constitue le coeur? La croyance religieuse est, pour celles et ceux qui en font le centre de leur vie, ce qui leur permet d’exprimer de la meilleure manière qui soit les valeurs fondamentales inscrites dans notre humanité. Les femmes et les hommes de foi ont construit des civilisations, élaboré des systèmes sociaux, des modèles de gouvernance qui ont marqué et qui demeurent bien ancrés dans nos coutumes, je dirais dans notre génétique socio-politique et culturelle! Rien n’a jamais été parfait, bien sûr, les personnes croyantes sont des humains « normaux » ! Mais leur demander de ne plus exprimer ce qui est soudé définitivement à leur identité revient à leur dire de taire ce qu’ils sont, tout simplement.

J’ai honte de ce que nous sommes en train de montrer de nous-mêmes. Nous, Québécois et Québécoises, sommes capables du meilleur et du pire. Je ne crois pas que ce qui ressort du contexte actuel soit le meilleur. Bien au contraire, ce n’est pas très « montrable ». J’ai toujours hésité à utiliser l’expression d’islamophobie. Je déteste l’impression de victimisation que génèrent tous ces mots finissant par « phobie ». Mais je dois me faire à l’idée, il n’y a pas d’autre mot pour décrire ce que nous sommes à même de constater.

Éduquer, encore et encore, à l’ouverture

Notre rencontre d’aujourd’hui visait justement à organiser un événement qui permettra à la population de chez nous d’entendre des témoignages comme ceux que j’ai cités, mais plus encore pour apprendre à mieux connaître les femmes musulmanes qui vivent ici et qui sont l’objet de paroles et de gestes disgracieux. Si j’ai eu le goût de tout abandonner, considérant le gâchis qui incombe en bonne partie à l’approche rigide de notre gouvernement, je me suis vite ravisé parce que je suis désormais lié à mes nouveaux amis musulmans. Il nous faut donc oeuvrer ensemble à construire une société où les gens cessent d’avoir peur de l’autre ou de subir l’hostilité des autres, en nous donnant de plus en plus d’occasions de nous rapprocher et d’apprendre à nous apprécier… Non, vraiment, nous ne devons pas laisser la haine nous dominer.

Des néonazis en terre d’ici

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Dernier guerrier

Le groupe Dernier Guerrier

Sur le fil Twitter cette semaine, un de mes contacts a mis un lien vers le site de Dernier Guerrier, un groupe musical qui appartient clairement à la mouvance néonazie. Surpris, parce que je suis toujours assez optimiste sur la nature humaine, je me mets à fouiller quelque peu pour découvrir que cette idéologie est réellement présente au Québec et ce, de manière organisée. Je découvre notamment que le groupe tient un blogue, mais que celui-ci n’est accessible que sur invitation. Vous devinerez que je ne fais pas partie des invités!

Je me permets de citer quelques extraits des chansons de ce groupe:

Le Québec est envahi
Plein de rapaces dans le pays
Prenons les armes dès maintenant (Jeune Guerrier)

Ce sont les juifs qui mènent avec leur argent
Ré-ouvrons les camps de concentration
Faisons d’Israël une grande prison (Accommodements raisonnables)

Fils d’Allah tu verras bien
Toutes les mosquées brûleront demain
Fils d’Allah j’vais égorger
Ta femme, ton fils, toute ta lignée (Fils de bâtard)

Si vous en voulez davantage, allez voir par vous-mêmes, mais je ne crois pas qu’il est souhaitable d’encourager le groupe par des visites sur leur site! Ses membres pourraient croire que l’augmentation du trafic correspond avec une hausse de l’adhésion à leur cause… Un concert secret aurait d’ailleurs été donné récemment dans les environs de Québec, alimentant la perception que ces groupes ont une existence réelle et qu’ils sont en croissance.

Le néonazisme

Comme bien d’autres, j’ai toujours cru que le néonazisme était une problématique surtout européenne. En marge de l’actualité, il y a toujours un groupuscule quelque part qui se manifeste en affichant des convictions racistes de la suprématie des blancs et sur les moyens pour assurer leur domination sur toutes les autres « races », allant jusqu’à prôner leur extermination (pour « achever le travail » commencé par Hitler). La fusillade en Norvège de l’an dernier va un peu dans cette direction.

Heureusement, ces factions sont toujours relativement surveillées et les lois encadrant les discours haineux les empêchent de pouvoir disposer d’un droit la liberté d’expression. La conséquence en est que ces groupes doivent composer avec un mode de vie sous-terrain, mystérieux, secret. Pour une personne déjà un peu marginale, à tendance paranoïde, ce côté underground peut exercer un pouvoir d’attraction. En se regroupant, ces personnes voient leur fiel individuel grandir en haine collective. Pour les repérer, j’ai trouvé un répertoire des symboles néonazis qui se révèle très éclairant, notamment par l’emploi de nombres qui réfèrent explicitement, quand on le sait bien sûr, à des appartenances clairement néonazies.

Au Québec

Pour qu’un site internet comme Québec Fachowatch se mette en ligne afin de démasquer les groupes haineux, il est probable que c’est parce que tels groupes existent réellement sur le sol de notre « nation distincte », à moins que là aussi, ce ne soit qu’une autre forme de paranoïa, je ne sais plus trop! Ce blogue d’opinions et d’informations explique que les néonazis auraient pris un virage majeur dans leur mode de communications afin de semer la confusion. En jouant la carte nationaliste et identitaire, ils véhiculeraient des idées que plusieurs trouvent acceptables, mais qui cachent en réalité leur véritable combat. Québec Fachowatch donne en exemple la Fédération des Québécois de souche qui sèmerait la confusion quant à ses véritables intentions racistes derrière un sentiment identitaire. Il faut dire que de nombreux Québécois d’origine canadienne-française sont sensibles à l’impression de perdre leur statut de majorité culturelle incluant leur héritage religieux, au profit des nouveaux arrivants à qui on concéderait tout avec les fameux accommodements raisonnables.

Dans un échange avec un autre contact sur Twitter, ce dernier affirmait qu’il y avait certainement des sympathisants au Saguenay-Lac-St-Jean de ce genre de dérive identitaire. J’ai douté. Mais je découvre sur une page Youtube un commentaire d’un fan du groupe Dernier Guerrier qui vient bel et bien de ma région :

coliss que c bon tabarnak88!!!!!
si vous faite des chow prevené nous saguenay vous suportes.
khariboux

En passant, le « 88 » est une référence directe au fameux « Heil Hitler », ce qui rend le commentaire encore plus explicite pour ceux qui fréquentent la mouvance néonazie. Je ne connais pas ce khariboux, mais visiblement il apprécie la prose de Dernier Guerrier et semble croire, dans son enthousiasme, que tout le Saguenay est derrière le groupe ! Et voilà que je tombe sur un blogue intitulé « Nationalistes du Saguenay » qui présente un discours très zen contre l’immigration et qui se rattache à des organisations dénoncées par Québec Fachowatch.

Dénoncer l’intolérance

Ils nous en ont déjà assez pris, nous ne les laisserons pas nous en prendre davantage. (Légion Nationale, Discours sur les Plaines d’Abraham)

La peur de perdre est un moteur qui conduit naturellement à la haine. Je ne peux concevoir d’autres motivations primaires que la peur pour m’expliquer les regroupements qui veulent en finir avec l’immigration. Que l’immigration soit mal gérée, que l’intégration ne soit pas une réussite, cela est assez juste. La seule différence entre Montréal et le reste du Québec montre bien à quel point il y a comme une frontière infranchissable aux communautés culturelles qui voudraient s’établir en régions. Pourtant, il existe des cas de réussites exemplaires. Ceci dit, ce n’est pas parce qu’on ne sait pas bien encore gérer l’immigration que celle-ci devrait être proscrite et que les immigrants eux-mêmes devraient être considérés comme des citoyens de seconde zone (ce qui est malheureusement souvent le cas). Intégrer, c’est faire nôtre. Ce n’est pas mettre dans un enclos et n’accorder que des concessions mineures par esprit charitable!

En général, c’est souvent parce que nous n’avons pas eu d’occasion de fréquenter d’autres cultures et groupes ethniques que nous en avons peur, car dès que nous nous mettons en relations avec une véritable intention de connaître et de découvrir les valeurs des uns et des autres, nous en arrivons plutôt à comprendre que nous nous enrichissons mutuellement. C’est mon expérience. Je ne peux donc pas souscrire à l’idée d’un repli identitaire. Mes amis africains, asiatiques, maghrébins ne m’inspirent aucune peur. Au contraire, en les fréquentant, je comprends mieux mes différences et je les assume encore mieux. Je vois d’où me viennent certaines réactions. J’en arrive à plonger dans mon histoire personnelle et collective afin de saisir la logique de mes choix, mes comportements stéréotypés, mes valeurs, mes croyances. En rentrant ainsi dans ma propre culture, je m’ouvre davantage à celle des autres dont j’apprécie tant les ressemblances que les différences. Oh! Il y a bien des choses qui me surprennent, d’autres qui parfois me choquent. Mais si j’ai établi une relation authentique, il m’est alors permis d’en discuter et d’interpeller dans la réciprocité. C’est alors que se produit une chose extraordinaire: je me transforme en un être humain meilleur que celui que j’étais avant ces rencontres. Et l’autre aussi. Pourquoi avoir peur? Pourquoi haïr? Pourquoi vouloir détruire ce qui peut nous humaniser?

Des liens à explorer : 

Fédération des Québécois de souche et une vidéo sur Youtube qui témoigne de son combat.

La Légion Nationale

Altermedia

Nationalistes du Saguenay

– J’ajoute un lien aimablement fourni par Natalia Trouiller : http://www.stormfront.org/forum/f203/