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TRUMP, un aveuglement des chrétiens

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20160923t1111-0443-cns-trump-catholics-advisory_presQue s’est-il donc passé pour que plus de 80% des chrétiens blancs évangéliques, 60% des protestants et 52% des catholiques aient favorisé Donald Trump au moment de voter, le 8 novembre?

Malgré le bras de fer entre le pape François et le candidat républicain au sujet du mur de 1600 km promis par ce dernier à la frontière avec le Mexique, de même que l’expulsion de 11 millions d’immigrants illégaux, malgré les déclarations de la Conférence des évêques américains qui appelaient, bien sûr, à protéger la vie depuis sa conception jusqu’à sa fin naturelle, mais aussi à soutenir les personnes en situation vulnérable sans oublier les migrants et les réfugiés, les catholiques ont tout de même choisi majoritairement l’homme dont les qualificatifs qui le relient à l’immoralité se sont accumulés durant toute la campagne.

Bien sûr, le nouveau président sera dans ligne de mire de tous les observateurs internationaux.

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Sacraliser nos valeurs, le jeu de Daech

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20141002cm01248_presAu Québec, nous avons un problème avec l’islam. Il faut le reconnaître. Il s’agit d’une religion que nous connaissons surtout à travers les médias, où l’on nous présente le plus souvent les aspects qui attisent nos peurs et nos jugements.

Islam. Ce mot signifie «soumission» (à Dieu), mais aussi «paix», «pureté». Pas surprenant alors que les musulmans donnent parfois l’impression d’être «intégristes», car un «bon musulman» se conduit de manière à obéir à la volonté divine, telle qu’exprimée dans le Coran et en prenant pour modèle le prophète Mahomet.

De mes amies musulmanes, j’ai appris que l’islam qu’elles confessent est d’abord une chose très personnelle qui se traduit souvent par «mon islam à moi, il est… un islam de paix ou un chemin intérieur». Elles se sentent invitées à toujours faire davantage pour plaire à Dieu, mais jamais plus que ce dont elles sont capables ou que ce qui est possible dans leur situation. C’est leur «djihad» (effort, devoir) personnel qui les incite à travailler à leur élévation spirituelle.

L’islam politique

Ce ne sont évidemment pas ces musulmans qui devraient nous faire peur, pourtant nous les associons de plus en plus spontanément aux autres, ceux qu’on appelle «djihadistes».

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Après une autre année pourrie…

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Les reconstitutions en photos de l’année qui s’achève sont populaires sur les médias sociaux. Je ne sais pas pour vous, mais quand je regarde l’année 2014, je n’y trouve pas grand chose pour me réjouir. J’éprouve au contraire une douleur immense en considérant le mal qui sévit un peu partout sur la planète et je me demande souvent comment Dieu – oui, je suis croyant – peut-il nous regarder vivre sans souffrir lui-même atrocement de notre folie.

Montage espéranceJ’évoque seulement quelques situations qui m’ont laissé les plus grandes impressions. Au Québec, les élections du 7 avril ont ramené un parti au pouvoir qui avait un agenda caché. Heureux de la tournure antireligieuse qu’avait pris le débat sur la laïcité, il a pu capitaliser sur la grande insatisfaction face à l’enjeu principal mis de l’avant par le gouvernement Marois. Si j’ai pu ressentir un soulagement à voir que « cette charte-là » fut sévèrement rejetée, depuis je ne peux que pleurer avec toutes les victimes de l’arrogance de ce nouveau gouvernement qui, sans jamais annoncer ni avouer sa politique d’austérité, met systématiquement la hache dans tout le dispositif des services publics (santé, éducation, solidarité) que nous avions bâti et qui constituait, avec notre langue, une bonne part de ce qui fait de nous une société distincte en Amérique. Austérité rime avec morosité….

Si au moins la commission Charbonneau avait terminé ses audiences publiques autrement qu’en queue de poisson afin de nous permettre un véritable examen de conscience face à la corruption et à la collusion qui gangrènent les lieux de pouvoir, les contrats publics et notre culture démocratique, cela nous aurait permis une petite dose d’espoir. Mais non, une commission d’enquête c’est vraiment juste un gros show de boucane…

Déjà, après l’été dernier, j’exprimais mon dégoût devant l’actualité brutale à laquelle nous étions confrontés, notamment avec cette guerre de 50 jours entre Israël et le Hamas à Gaza, laissant plus de 2100 morts du côté palestinien dont les trois-quarts étaient des civils et parmi eux 500 enfants innocents. Ces morts s’ajoutaient aux dizaines de milliers résultant de la guerre civile en Syrie qui se prolonge désormais à l’abri des caméras occidentales puisque celles-ci se sont tournées vers le « Groupe armé état islamique » qui sévit dans le nord de ce pays et en Irak en décapitant des otages et en massacrant des villages entiers, s’en prenant aux minorités non-musulmanes sans pour autant négliger les musulmans eux-mêmes qui demeurent majoritaires parmi les morts décomptés. Ici encore, ce sont surtout les civils, des familles entières, qui sont tués pour l’intérêt de quelle propagande? À qui, en effet, sert le crime? Ajoutons à cette mouvance le groupe Boko-Haram au Nigéria qui, à la mi-juillet 2014, avait déjà plus de 2000 civils tués à son actif, sans compter les enlèvements de centaines d’étudiantes à qui le droit à l’éducation est refusé, tout comme avec les Talibans en Afghanistan qui n’ont pas hésité, eux, à massacrer 133 enfants dans une école de Peshawar au Pakistan. Dans les faits, le fondamentalisme religieux ne parvient qu’à exacerber le sentiment antireligieux et à légitimer les gestes haineux qui se multiplient, ce qui lui permet… de se justifier lui-même, même chez nous à Ottawa ou à St-Jean-sur-Richelieu! On tourne en rond.

Juste avant les Fêtes, je vois ces reportages photographiques qui nous montrent à chaque année comment sont traités les travailleurs chinois dans les usines d’accessoires de Noël ou encore ces enfants enchaînés dans l’industrie manufacturière au Bangladesh et j’en ai vraiment assez de ce système injuste et immoral. Récemment, un ami me faisait part de son désir d’écrire avec moi un texte sur l’espérance à l’occasion de Noël. En l’espace de trois semaines, je l’ai vu perdre d’abord un ami cher, symbole de la résistance à la morosité, mais plus encore, son enfant que sa conjointe portait fièrement. Lorsqu’on est sensible à la misère qui nous entoure et que le sort semble s’acharner sur nous individuellement, comment arriver à imaginer écrire un billet d’espérance?

Les petits riens qui changent tout

J’ai eu le même effet de recul. Je suis sans doute trop devenu perméable à l’état du monde. Il faut à mon ami et à sa conjointe, ainsi qu’à toute personne en quête de lumière, trouver la même étincelle qu’on a pu apercevoir dans le film La liste de Schindler, tourné en noir et blanc, au moment où une petite fille en robe rouge traverse l’écran. C’est alors que tout bascule. C’est ainsi que, dans ma vie à moi, il arrive des choses qui réactivent ma foi en l’avenir. Je ne citerai que deux de ces exemples. D’abord ma filleule Emma. Après une chirurgie ratée, l’hiver dernier, qui a eu des séquelles importantes pour sa santé, j’ai vu ce petit bout de femme s’accrocher à la vie et à l’amour de ses parents. Je l’ai vue travailler résolument à grandir malgré le handicap forcé par la médecine et peu à peu s’épanouir auprès de son « grand » frère qui l’adore. Son sourire est ravageur et me fait fondre chaque fois qu’il m’est adressé. Ensuite ma petite-fille Aurélie. Née il y a 15 mois avec quatre malformations cardiaques et une grande fatigabilité, elle a profité de chaque instant d’éveil pour accélérer son développement et croquer dans la vie. Soutenue par une communauté virtuelle infatigable, elle vient tout juste d’être opérée à coeur ouvert. Cette opération a été un succès. Et la petite se remet rapidement. Elle s’accroche à la vie et à son bonheur, surtout celui de pouvoir se fondre dans les bras de sa mère.

EmmaAurélieMes deux exemples ont une particularité commune: elles présentent toutes les deux une trisomie 21. Voir la vie comme elles la voient, s’éveiller aux autres, être curieuses de tout, goûter à chaque instant les multiples petits bonheurs quotidiens, se laisser porter par la vie, exiger une réponse à ses besoins réels, faire confiance, voilà le chemin qu’elles me montrent. Elles sont pour moi, en cette proximité de Noël, l’image de l’espérance. Elles sont l’image actuelle de cet enfant tout aussi fragile, né il y a 2015 ans (selon la datation de mon fils de neuf ans), qui a apporté une lumière nouvelle sur l’humanité en lui manifestant l’amour infini de Dieu, créateur et sauveur. Et sauveur de quoi alors? De la morosité et de la désespérance. De l’illusion du pouvoir et de la vérité-à-tout-prix. De la consommation sans autre but que le plaisir égoïste et l’absence de solidarité. Du repliement identitaire et religieux. De toute violence. Du mal en moi et dans les autres… De tout ça à condition que vous et moi y mettions du nôtre!

Emma et Aurélie sont un rappel de tout ce pour quoi Jésus est venu dans le monde: pour y apporter la seule chose qui compte, l’amour donné et reçu. Je vous souhaite donc cette chose unique qui a le pouvoir de vous combler, l’amour renouvelé de vos proches avec la bénédiction de Dieu pour vous-mêmes et pour votre foyer. Pourri Joyeux Noël!

11 novembre: « Garder la foi »

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au-champ-dhonneurLe 11 novembre, c’est le jour où nous faisons notre devoir de mémoire un peu partout sur terre. Nous nous souvenons de nos valeureux combattants qui sont tombés en défendant notre pays, nos valeurs, notre mode de vie, par dessus tout notre liberté. Le 11 novembre, c’est le jour de l’année où l’on entend se faire redire partout: « Plus jamais la guerre! » C’est le jour où nous sommes le plus près d’un consensus, en pensée, pour que ce souhait devienne réalité. C’est surtout le jour où nous « gardons la foi avec toutes les personnes décédées » (cf. Moina Michael, instigatrice du coquelicot comme symbole du souvenir lors de la Première guerre mondiale).

Cette année a ceci de particulier que deux soldats sont morts récemment alors qu’ils n’étaient pas en situation de se battre pour notre pays. Ils étaient l’un en pause, l’autre en faction devant le cénotaphe du souvenir à Ottawa. Les deux ont toutefois été visés parce qu’ils étaient soldats, parce qu’ils représentaient l’État canadien engagé récemment dans une nouvelle guerre au Moyen-Orient. La mort de ces deux soldats a sans doute réveillé le sentiment patriotique des Canadiens en les invitant à réfléchir sur le sens de ces vies enlevées.

« Le goût de vivre en liberté »

Dans le poème de John McCrae, à l’origine du choix du coquelicot comme emblème du souvenir, on trouve cette exhortation: « À vous jeunes désabusés à vous de porter l’oriflamme et de garder au fond de l’âme le goût de vivre en liberté ». Dans le contexte qui est le nôtre actuellement, alors qu’une nouvelle guerre froide est sur le point d’être lancée, que l’État islamique (Daesh) menace l’Occident en exhibant ses décapitations barbares et qu’il s’en prend à tout ce qui n’est pas d’obédience musulmane, comment pourrions-nous interpréter ce message que tout soldat ayant combattu dans une guerre pourrait adresser à notre jeunesse? Comment envisager la lutte pour la liberté?

Après la Grande Guerre, il y en eut une deuxième tout aussi sanglante. Les États du monde se sont réunis en Société des Nations devenue plus tard l’Organisation des Nations unies (ONU). Cette instance a pour but de mettre en commun les défis des peuples du monde, cherchant ensemble à accomplir le bien de l’humanité et à garder la paix. Mais L’ONU n’a pas pu empêcher la Guerre froide et les guerres comme celles de Corée et du Vietnam, ni celles qui se succèdent au Proche-Orient depuis la création de l’État d’Israël, ni celles qui ont cours en Afrique depuis la décolonisation, ni celles du Koweit, d’Irak et d’Afghanistan! Et maintenant, l’ONU paraît démunie pour stopper le régime dictatorial sanguinaire en Syrie ou les ambitions de domination de la Russie dans l’est de l’Europe. Et elle est loin de pouvoir endiguer les revendications de Daesh sur les territoires de la Syrie et de l’Irak. Face à cette impuissance, les États-Unis et d’autres pays ont cherché à utiliser l’OTAN comme deuxième choix pour défendre leurs intérêts. Même de ce côté, le ralliement a failli à quelques reprises de sorte qu’on ne parle plus que de « coalitions » de pays qui vont bombarder sans caution des régions ciblées en vue de réduire la menace terroriste sur leurs propres territoires. Bref, il va de soi que notre monde n’est pas plus en sécurité aujourd’hui qu’à la première commémoration mondiale du Souvenir, le 11 novembre 1921!

« Garder la foi »

Moina Michael était une simple employée de l’American Oversees YMCA en 1915. À la lecture du poème de John McCrae, elle fut convaincue qu’il fallait faire quelque chose. «Dans un moment fort de résolution, j’ai pris l’engagement de garder la foi et de toujours porter un coquelicot rouge des champs de Flandre comme symbole du Souvenir afin de servir d’emblème et de «Garder la foi avec toutes les personnes décédée». (cf. museedelaguerre.ca). Ce fut en quelque sorte sa réponse au cri du soldat mourant dans les champs fleuris de coquelicots, pas tant de porter l’oriflamme de la guerre, mais celui de la foi.

Avoir foi, c’est avoir confiance, c’est nourrir l’espérance! Devant l’état du monde, quelle est votre propre espérance? La mienne est plutôt faible. C’est la raison pour laquelle il faut cesser de répéter les mêmes actions qui conduisent aux mêmes résultats. C’est comme en informatique, on peut bien essayer de cliquer toujours sur le même bouton en espérant un autre résultat, mais celui-ci est programmé pour réaliser une seule action. Or il semble que le coquelicot rouge que l’on arbore chaque année, s’il nous aide à nous souvenir des civils et militaires morts de la guerre, ne nous aide pas à réorienter nos politiques vers de plus grands efforts de paix.

Le mouvement Échec à la guerre tente depuis quelques années de favoriser le port du coquelicot blanc, symbole voulant respecter la mémoire des personnes décédées au cours de guerres, mais plus encore encourager la détermination à accomplir des actions en faveur de la paix. Le Canada, depuis le 11 septembre 2001, a malheureusement pris une orientation plus active en matière de participation aux guerres plutôt que de pacification par les moyens diplomatiques et par des forces de paix qui avaient fait sa réputation. Même si le monde a changé, il est faux de prétendre que seules les bombes peuvent le rendre plus sécuritaire. Le seul souvenir qui pourrait rester dans quelques décennies pourrait être celui de l’échec lamentable des peuples à faire la paix.

Chaque fois que nous créons en nous-mêmes et autour de nous un espace où règne la paix, cela nous montre que c’est possible. Il importe d’agrandir les cercles de paix et d’espérer contre toute attente. « Garder la foi », c’est se battre aux côtés des artisans de paix pour éviter à tout prix les pertes de vies, en faisant cesser les humiliations de toutes sortes qui engendrent la haine. C’est aussi accepter de changer notre mode de vie. Nous sommes tous et toutes les habitants d’une terre qui se montre généreuse et prodigue, mais nous ne pouvons plus vivre comme si un quart de l’humanité avait le droit de s’arroger l’ensemble des ressources destinées à la disposition de tous! Il est urgent de changer de vie pour que  les souvenirs douloureux rappelés le 11 novembre deviennent véritablement sources d’espoir pour tous les humains, sans exception. Plus jamais la guerre? Qu’attendons-nous pour être artisans de paix?

Pourquoi je n’écris plus…

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D’une semaine à l’autre, je me dis qu’il faudrait bien que je reprenne le clavier pour alimenter ce blogue. D’une semaine à l’autre, j’ai du mal à trouver quelque chose qui m’inspirerait, qui me porterait à dire du bien (bénir) plutôt que de dire du mal (maudire). J’ai détesté l’été qui se termine aujourd’hui. Rien à voir avec la météo! Même si le mal dans le monde existe depuis sa création, j’ai été sans doute insuffisamment immunisé au cours des derniers mois et je crois que je me suis laissé contaminer au point où j’ai préféré ne rien écrire. Que ce soit à partir de ce qui se passe sur les scènes mondiale, nationale et même locale, je parviens plus difficilement à demeurer un être d’espérance. Et même dans certains commentaires publiés suite à mes billets, l’air ambiant empeste parfois d’une immonde odeur que certains appellent la Vérité, une vérité qui ne semble servir qu’à condamner, renier, démolir pour, à la fin, ne reconnaître que quelques purs qui auraient mérité de la côtoyer.

Je n’écris plus parce qu’il me faut d’abord me ressourcer, m’abreuver à la Source, donc! Et c’est ce que je fais, en toute simplicité. D’ici là, désolé pour celles et ceux qui s’attendent peut-être – ou peut-être pas – à ce que je surgisse de nouveau avec mes mots. Pour que les mots résonnent, il me faut d’abord les alimenter d’un peu de foi et de beaucoup d’amour. C’est au contact de la Parole de Dieu que j’y arrive, et à travers la vie de ma famille, de mes amis et de tous les passionnés d’humanité… comme Dieu! Alors d’ici là, je vous souhaite de trouver, vous aussi, votre dose de bonheur quotidienne!

À bientôt, quand même !

La violence, héritage religieux?

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Le premier meurtre était-il religieux?

Cet article est le 21e de la série « En quête de foi » du magazine Le messager de Saint-Antoine, parution de juillet-août 2014. Cette série cherche à mettre en relief la dimension de foi qui est présente dans la culture actuelle. 

Beaucoup de personnes autour de nous croient sincèrement que la religion est à la source de plusieurs formes de violence. Dès qu’une nouvelle circule à propos d’un acte terroriste, par exemple, on a tôt fait d’identifier la religion de la personne ou du groupe responsable avec le présupposé qu’il y a cause à effet. Le plus souvent, dans l’actualité récente, ce sont des islamistes qui sont pointés, mais le soupçon antireligieux n’est jamais loin lorsqu’il s’agit de dénoncer des actes associés à la barbarie.

D’où vient la violence?

La Bible raconte que le « premier » acte violent, le meurtre d’Abel par son frère Caïn, avait pour motif la jalousie (cf. Genèse 4). Les offrandes d’Abel, l’éleveur, auraient plu davantage à Yahvé que celles de son frère agriculteur. Si la relation à Dieu fut au cœur de leur dispute, en aucun moment ne pourrait-on imaginer que l’homicide ait été cautionné par le Seigneur! Non, la Bible enseigne plutôt que les humains étaient doués de la conscience du bien et du mal. Et la violence, quelle qu’elle soit, n’a jamais pu être associée au bien, même si parfois, en contexte de légitime défense, elle est qualifiée de moindre mal.

En réalité, dès le début de la Bible, on voit que la violence naît dans le cœur de l’être humain, lorsque ses passions le poussent à des sentiments malsains attisés par le désir de posséder ou de jouir égoïstement d’un bien quelconque. Jésus a refusé d’entrer dans cette logique en renonçant même à se défendre des attaques dont il fut l’objet, jusqu’à sa condamnation à mort et sa crucifixion. « Lui n’a pas commis de péché ; dans sa bouche, on n’a pas trouvé de mensonge. Insulté, il ne rendait pas l’insulte, dans la souffrance, il ne menaçait pas, mais il s’abandonnait à Celui qui juge avec justice. » (1 Pierre 2, 22-23)

Dieu sanctionnerait le meurtre?

Dans les grandes traditions religieuses, l’appel à la paix et à l’amour universel est plus fort que toute justification de violence. Mais il peut nous arriver de vouloir « convaincre » Dieu de notre bon droit et de vouloir en faire l’étendard de nos velléités nourries à même nos penchants mauvais. Or, Dieu, qu’il soit adoré sous tous les noms possibles, ne peut qu’encourager la justice et la paix. Toute justice obtenue par la violence est un détournement de la religion. Il est impossible d’embrigader Dieu aux côtés de ceux qui commettent le mal.

Puisons à la justice

Dès les premières civilisations, les humains ont élaboré une jurisprudence qui tendait à rendre justice en proportion des préjudices. Si nous cherchons dans notre société des éléments persistants de culture religieuse, nous les trouverons dans le souci de nos tribunaux de juger avec discernement et de sanctionner en fonction du mal commis, sachant parfois se montrer magnanimes lorsque les prévenus donnent des signes qu’ils peuvent s’amender et changer. Oui, toute idée de justice qui fait honneur à Dieu ne peut jamais justifier la violence et encore moins la mort de quiconque. La violence n’est donc pas un héritage de la foi chrétienne, mais la justice, certainement!

Pour aller plus loin, voici un court billet de Jean-Claude Guillebaud qui va dans le même sens: « Protégeons Dieu des fanatiques » 

Et puis cette exhortation du pape François, lors de l’Angélus du 10 août : « On ne fait pas la guerre au nom de Dieu ».