Pas que des incroyants*

panier-2Lorsque vient la fin du Carême, les communautés catholiques du Québec relèvent d’un cran leur ferveur en se préparant à la Semaine Sainte qui verra se succéder le Dimanche des Rameaux, la messe chrismale, la Cène, la Passion, la Veillée pascale et la Résurrection, sans avoir omis éventuellement la confession ! Bref, tout un programme de cérémonies chargées de sens pour qui a gardé l’élan d’y participer.

Pour la majorité, cependant, le Carême et la montée pascale ne changeront rien ou si peu. Par contre, nous voyons poindre de nouvelles pratiques qui ne sont pas si éloignées de la tradition chrétienne. Par exemple, plusieurs auront fait les « 28 jours sans alcool » de la Fondation Jean-Lapointe. Les anciens du mouvement Lacordaire seraient bien fiers de voir autant de gens payer pour devenir sobres même si c’est pour le mois le plus court de l’année !

Les appels à la modération dans la consommation, à la simplicité volontaire voire à la décroissance se font entendre de partout. Interpellés par les groupes communautaires et les œuvres caritatives, tant de personnes auront accompli, entre le Nouvel An et la fin de notre Carême, soit une sorte de « sacrifice », soit une certaine performance physique ou spirituelle, soit un effort philanthropique, sans toutefois que ces « pratiques » ne soient reliées à une quelconque appartenance religieuse ni à une foi explicite. Et pourtant, y a-t-il quelque chose de si différent entre ces « pénitences » et les anciennes du temps où nous étions encore des « catholiques pratiquants » ?

D’inégale valeur ?

Les gens religieux regrettent la cessation des pratiques propres à leurs traditions. Plusieurs jugent les « distants » comme des mécréants, reprochant à ces individus de mener une vie dénuée de sens. Ces derniers ne sont pas tant en conflit avec la religion de leur culture qu’en « déliaison », celle-ci ne leur parlant plus, n’ayant plus de pertinence dans leur vie de chaque jour.

Il peut être légitime de se questionner sur le but de ces formes nouvelles d’ascèse. Autrefois, nous « faisions nos pâques » pour obéir aux « lois divines » ou gagner notre salut, pour plaire au Seigneur ou préparer nos cœurs à la fête. Cette discipline à laquelle s’adonnent les autres ne relève-t-elle pas d’une vraie quête de sens ? Même si c’est une quête de soi, de son bien-être, de son harmonie intérieure, tout ceci ne converge-t-il pas vers une forme de spiritualité qui a le mérite de les mettre en mouvement ?

Les grandes religions traitent aussi du repentir. La repentance est le changement de cap qui survient après la prise de conscience de ses fautes, de ses égarements. Ne peut-on pas faire des rapprochements entre certains agissements et l’idée de se reprendre, de se réaligner, évoquant ainsi une forme de conversion, même si cela demeure à l’écart des églises, des synagogues ou des mosquées ?

Des brèches existentielles

Parlons un peu des plus jeunes. La plupart ont opéré très tôt une rupture probablement définitive avec l’Église. Mais lorsqu’ils vivent des choses difficiles, il n’est pas rare qu’ils s’adressent à ceux et celles qui demeurent ouvertement croyants, leur demandant de prier pour eux, reconnaissants qu’ils ne sont pas très doués en cette matière.

Cette connexion dans les épreuves à la foi des aînés nous rappelle que les gens n’ont jamais cessé de traverser des situations de mort et de résurrection. En effet, il arrive à tout le monde de mourir à quelque chose : un rêve, une situation, un rôle, une relation affective, la santé, soi-même ou une image de soi. Les brèches existentielles surgissent presque toujours à partir de ce mouvement qui pousse vers le bas, vers « les enfers », avant de tirer vers le haut, vers « le salut ». Des portes s’ouvrent, des chemins inédits apparaissent et une vie nouvelle devient possible. C’est le kérygme qui se répète inlassablement dans un baptême sans nom, sans arrière-fond religieux et pourtant symboliquement bien réel.

Ce que nos yeux ont vu

Nous connaissons des personnes qui traversent leur vie sans avoir la foi. Certaines, comme Jean d’Ormesson, « catholique non croyant » décédé récemment, auront vécu une vie féconde, dans un bonheur relativement constant. Elles auront aussi vécu des pâques – des passages – plus ou moins importants, la plupart du temps régénérateurs.

Pâques n’est pas la propriété des croyants. Le passage de l’obscurité à la lumière, du désert aride à la terre féconde, de la mort à la vie nouvelle est repérable partout où des humains vivent simplement leur vie.

La tradition de l’Église a toujours valorisé trois vertus théologales : la foi, l’espérance et la charité. On ne peut douter qu’il y ait une bonne part d’amour et d’espérance dans la vie de chaque humain. D’Ormesson lui-même affichait une savoureuse espérance : « Je ne sais pas si Dieu existe mais je l’espère avec force ». Si les gens vivent leurs morts ordinaires en trouvant leurs propres chemins de résurrection, c’est parce que le souffle de l’espérance les accompagne. L’espérance est active dans chaque nouvelle naissance, chaque élan de créativité, chaque relèvement après un épisode dépressif, chaque entente négociée après une rupture, chaque démarche de réconciliation, chaque manifestation de solidarité après un drame, etc.

Les incroyants ne sont pas que des incroyants. Ils sont aussi des aimants et des espérants. Observant chez eux ces deux vertus théologales sans rien présumer de leur foi et contemplant la densité de leur vie, saurions-nous y discerner la marque du Ressuscité lorsque plongés mystérieusement dans sa mort et sa résurrection ? Si nous parvenions à le reconnaître comme tel dans la vie réelle de nos sœurs et de nos frères humains, alors peut-être nos cœurs, pétris d’Évangile, exulteraient d’une véritable joie pascale.

* Cet article a initialement été publié dans le magazine Rencontre du Centre culturel chrétien de Montréal, édition du 1er mars 2018.

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Miséricorde: une année pour quoi?

porte_sainte_medaille_miraculeuseL’année de la Miséricorde est commencée depuis le 8 décembre. Des « portes saintes » s’ouvrent dans tous les diocèses du monde catholique (1,2 milliard de baptisés). Église sainte, année sainte, portes saintes… Comment pouvons-nous croire qu’un autre Jubilé puisse produire cette fois-ci de vrais fruits spirituels qui témoignent vraiment de la présence active de Dieu dans l’Église et dans le monde ?

Peu d’entre nous doivent se rappeler de la dernière année sainte, commémorant l’entrée dans le troisième millénaire (le grand Jubilé de l’an 2000). Les ambitions de ce Jubilé étaient nombreuses : « comme une invitation à la célébration de noces »; « comme un chemin de réconciliation et comme un signe d’espérance authentique »; visant « la purification de la mémoire […] pour reconnaître les fautes commises par ceux qui ont porté et portent le nom de chrétien »; pour «  créer une nouvelle culture de solidarité et de coopération internationales ». Quinze ans plus tard, l’Église bataille encore à se sortir des nombreux scandales à caractères sexuel et financier et des divisions doctrinales qui ont cours jusqu’en son centre d’unité. On serait en droit de se demander à qui s’appliquait ces grands objectifs sinon aux instances de l’Église elle-même !

Une Église autoréférentielle

Dans le discours qu’il avait tenu au pré-conclave de sa propre élection, Jorge Bergoglio avait insisté pour que l’Église sorte de son univers fermé.

Quand l’Église ne sort pas d’elle-même pour évangéliser, elle devient autoréférentielle et alors elle tombe malade […]. Les maux qui, au fil du temps, frappent les institutions ecclésiastiques ont des racines dans l’autoréférentialité, dans une sorte de narcissisme théologique. 

Il ajoutait : L’Église, quand elle […] croit posséder une lumière qui lui est propre ; elle cesse d’être le « mysterium lunæ* » et provoque ce mal si grave qu’est la mondanité spirituelle.

Nous sommes donc au cœur de son programme pontifical. Une année de la Miséricorde immédiatement après deux synodes qui ont mis en exergue le peu de compassion effective de l’Église dans la vie des couples et des familles paraît totalement cohérente. Mais François ne vise pas seulement la pastorale familiale. Il regarde tout autour de lui.

Quelle différence pour ce Jubilé ?

Toutes les années jubilaires sont des périodes où doit fleurir la miséricorde. « Le mot « miséricorde » nous vient du latin ; misericordia désignait la qualité d’une personne misericors, c’est-à-dire qui avait le coeur, cor, sensible au malheur, miseria d’autrui. »

Une année sainte sur la miséricorde peut donc faire l’effet d’un pléonasme ! Mais c’est peut-être ici qu’entre en jeu la pédagogie du jésuite François. Si les années saintes n’ont pas semblé changer quelque chose de fondamental dans l’attitude de l’Église envers le monde qu’elle est appelée à servir en l’écoutant, l’aimant, le consolant, le soulageant et le relevant plutôt que de le juger, vouloir le corriger et même parfois l’écraser sous de lourds fardeaux moraux, peut-être qu’une année portant exclusivement sur une compréhension renouvelée de la miséricorde fera le travail ! Comme le disait le pape lui-même lors de ses vœux à la curie romaine :

Il est en réalité inutile d’ouvrir toutes les portes saintes de toutes les basiliques du monde si la porte de notre cœur est fermée à l’amour, si nos mains sont fermées à donner, si nos maisons sont fermées à héberger, si nos églises sont fermées à accueillir.

Ce pape est un réformateur. Au terme de son pontificat que nous espérons le plus long possible, il y a fort à parier que l’Église sera définitivement transformée. Les mesures qu’il réclame des évêques et des pasteurs, il les met en pratique dans sa propre cour.

J’exprime donc l’espoir que cette année sainte puisse être différente des précédentes et qu’elle produise de vrais fruits de conversion – à commencer par moi-même. On ne doit jamais laisser passer le moment favorable où la grâce est abondante. Et j’aspire à demeurer dans une Église qui cesse de se contempler elle-même, car la seule lumière qui l’éclaire ne vient pas d’elle : pauvre, pécheresse, sauvée ; mais bien de l’unique Lumière du monde qui est Jésus Christ, que l’on vient d’adorer sur son humble lit de paille.

Puisse cette année nous aider à mieux intégrer l’exhortation de Jésus, celui qui se présente comme « la porte » : « Si vous aviez compris ce que veut dire cette parole : C’est la miséricorde que je désire, et non les sacrifices, vous n’auriez pas condamné ceux qui n’ont commis aucune faute. » (Mt 12, 7)

 

* Le « mystère de la lune » est une formule qui suggère que la vraie nature de l’Église est d’être comme la lune par rapport au soleil: elle brille d’une lumière qui n’est pas la sienne, mais celle du Christ.

Un pape greenpeace ?

La première encyclique du pape François marque bien le lien entre le nom qu’il s’est choisi lors de son élection et le saint du 13e siècle qui inspira un grand renouveau dans l’Église. Nous connaissons d’ailleurs François d’Assise pour son amour de la nature dont chaque élément était pour lui une sœur, un frère, tous appelés à louer Dieu pour tant de merveilles!

Pour François, la terre est « notre maison commune » à tous les humains. C’est d’ailleurs à toute l’humanité qu’il s’adresse plutôt qu’aux seuls catholiques. Et il est fort intéressant d’entendre des scientifiques comme Hubert Reeves et d’autres y voir des éléments convaincants pour alarmer les responsables politiques de la planète et permettre une réflexion accessible. Le philosophe Edgar Morin y a même vu l’acte premier d’un appel pour un changement de civilisation!

L’avenir en question

S’appuyant sur des études scientifiques parmi les plus sérieuses, le pape affirme qu’on ne peut plus douter de la réalité du réchauffement climatique qui provoque déjà des dérèglements notoires ayant pour effet de causer des désastres de plus en plus fréquents et plus destructeurs. De sujet réservé au monde scientifique, le changement climatique relève désormais de l’éthique et de la morale, car il affecte des vies bien réelles, en particulier dans des régions parmi les plus pauvres et les plus vulnérables.

«  Malheureusement, selon François, il y a une indifférence générale face à ces tragédies qui se produisent en ce moment dans diverses parties du monde. » Il pointe notre indifférence à tous, mais il se montre plus dur envers les dirigeants politiques qui « semblent surtout s’évertuer à masquer les problèmes ou à occulter les symptômes, en essayant seulement de réduire certains impacts négatifs du changement climatique. »

Pour nous ici, qui hésitons encore à refuser l’exploitation pétrolière et gazière, l’invitation du pape à « s’engager sans retard sur la voie du remplacement progressif des combustibles fossiles et l’accroissement des sources d’énergie renouvelable » devrait nous inciter à bousculer les partis politiques pour qu’ils modifient substantiellement leurs approches de développement en proposant des mesures réellement écologiques.

« Tout est lié, tout nous est donné, tout est fragile. »

C’est ainsi que l’économiste Elena Lasida résume l’encyclique du pape. Ce dernier appelle à une conversion anthropologique et spirituelle profonde qui concerne chaque être humain. Nous sommes invités à ne plus nous positionner « au-dessus », mais comme « inclus dans la nature ». Cela implique une nouvelle manière de nous comporter, non plus comme des exploitants et des dominants, mais comme partie prenante de la nature. Car c’est à nous-mêmes que nous nous en prenons lorsque nous demeurons indifférents aux conséquences de nos choix consuméristes. Il s’agit en sorte d’une écologie intégrale à mettre en œuvre de manière urgente.

Pour François, les pauvres du monde sont les premiers à souffrir de la détérioration de la planète. Alors que nous poursuivons à un rythme soutenu la consommation effrénée et que nous nous condamnons à la croissance économique inconsidérée, nous perpétuons la dévastation de notre environnement et causons des dommages aux populations qui ne peuvent plus qu’aspirer à la migration pour s’en sortir. Le pape ose affirmer ce que peu de gens veulent entendre : « l’heure est venue d’accepter une certaine décroissance dans quelques parties du monde, mettant à disposition des ressources pour une saine croissance en d’autres parties. » N’en sommes-nous pas là?

François insiste aussi sur la notion de solidarité intergénérationnelle. Pour un grand nombre d’entre nous, la croissance économique du siècle dernier a permis l’amélioration sensible de nos conditions de vie. Nous savons que les générations nouvelles n’auront pas accès à un tel niveau de vie. Nous leur laissons une planète en sale état et une hypothèque accablante qu’elles devront assumer pour inverser le cours des choses. Le pape croit qu’une juste distribution de la richesse et des ressources est possible et qu’elle constitue la base de toute politique réellement humaine pour que le monde ait un avenir, pour que nos enfants puissent jouir sainement, eux aussi, de notre « maison commune ».

Non, il ne s’agit pas de revendications à la manière de militants écologistes. Le pape réclame une conversion qui doit commencer maintenant. Elle est l’affaire de toutes et de tous, des élus certainement, mais en commençant par vous et moi.

Hollywood ferait-il des convertis?

Je vois avec intérêt, ces derniers temps, le retour de films inspirés de la Bible, notamment « Le Fils de Dieu » (The son of God) et plus récemment « Noé » (Noah). Bien que, sur le plan cinématographique, ces films et d’autres à venir (« L’Exode ») présentent un certain attrait, il n’en demeure pas moins qu’ils suscitent aussi leur lot de réactions, allant des plus positives aux plus corrosives. Mais au-delà de toutes ces critiques, qui a intérêt à ce que ces histoires soient de nouveau portées à l’écran? Quelles seraient les intentions derrière de telles productions? Amener des cinéphiles à mieux connaître la Bible? Convertir massivement des hommes et des femmes de notre temps?

Une longue tradition

Depuis que le cinéma existe, les récits bibliques ont continuellement servi de trames à des productions parmi les plus grandioses. Tant l’Ancien Testament que le Nouveau ont été à la source de scénarios devant servir à mettre en images des histoires qui, prises littéralement, ont souvent procuré bien des maux de tête aux prêcheurs! Et, à ma connaissance, aucun de ces films n’a jamais fait l’unanimité. Tant les athées que les croyants y ont trouvé à redire. Pour les non-croyants, les récits bibliques transposés au grand écran ont le plus souvent le parfum de l’irréel et du sentimentalisme. Pour les chrétiens et les juifs, soit ils sont l’image réaliste de ce qui a pu se produire réellement, soit ils déforment ou interprètent de manière trop libérale les Écritures. Ainsi donc, très peu y croient vraiment. Et pourtant, on reprend encore et encore ces thèmes qu’on offre aux téléspectateurs de toute la planète, un peu comme autrefois, lorsque les missionnaires se rendaient dans des contrées éloignées y porter la foi chrétienne, sans distinction du véhicule civilisationnel dans lequel elle s’était inculturée. C’est d’ailleurs sans doute là qu’est la « réussite » de cette époque missionnaire: d’avoir imposé à plusieurs continents une forme quasi-unique de civilisation aux airs de chrétienté bien plus que de la foi comme telle!

Annoncer le Christ, vraiment?

Malgré tout, les missions chrétiennes ont la plupart du temps été le fait de véritables croyants et croyantes qui voulaient offrir au monde une chance de connaître le Christ Jésus et toute la tradition croyante engendrée à sa suite. Cela ne peut pas être le cas d’un film. Par exemple, Mel Gibson a bel et bien professé la foi chrétienne et son film La Passion du Christ représente le fruit de sa propre recherche spirituelle et de sa méditation des évangiles. Mais sa création n’a pas touché la cible que son auteur visait, à savoir de partager une vision la plus réaliste possible de la Passion de Jésus afin de saisir le spectateur ainsi appelé à prendre position pour ou contre le Fils de Dieu. Dans les faits, je ne connais aucune personne qui ne m’ait jamais dit : « C’est grâce à tel film sur Jésus ou sur la Bible que j’ai été convertie. »

Russell Crowe, qui personnifie Noé, et le réalisateur Darren Aronofsky ont eu beau vouloir rencontrer le pape François afin d’obtenir sa bénédiction pour inciter les croyants à s’entasser dans les salles de cinéma, même un tel soutien ne pourrait conduire à une conversion des masses. Un film, qu’on le veuille ou non, restera toujours une œuvre de fiction! Une succession de films bibliques de qualité ou à grands déploiements n’aboutira à rien d’autre que d’être rangée à côté d’autres trames historiques ou légendaires : c’est bon pour la plongée dans une histoire plus ou moins crédible, c’est édifiant et parfois inspirant, mais ça n’est rien d’autre que des images animées et des acteurs qui font semblant… Venir à la foi par et à travers un film hollywoodien comporte le risque de figer des images et des attitudes qui sont incarnées théâtralement. De plus, l’univers hollywoodien reflète forcément l’esprit de notre époque, dans le filtre d’une civilisation made in USA dont l’auto-promotion ne se dément pas. Quiconque vient à la foi à travers les évangiles et la tradition, ne peut conclure autrement que l’essence même du Jésus historique et de certains autres personnages bibliques ne sera jamais saisissable en « une seule prise » ni à partir d’une seule culture.

En réalité, la seule chose qui ait jamais converti les non-croyants à adhérer à la foi chrétienne, c’est la rencontre personnelle avec le Ressuscité. Celui-ci se donne à voir de multiples manières, mais, le plus souvent, c’est à travers l’humble témoignage de ses disciples qui, dans leur manière amoureuse d’habiter le monde et en tentant de manifester une compassion et une justice qui les transcendent, parviennent à pointer le doigt en direction du Créateur de toutes choses. Et c’est là, alors, que tout devient possible à celui ou celle qui veut croire.