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TRUMP, un aveuglement des chrétiens

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20160923t1111-0443-cns-trump-catholics-advisory_presQue s’est-il donc passé pour que plus de 80% des chrétiens blancs évangéliques, 60% des protestants et 52% des catholiques aient favorisé Donald Trump au moment de voter, le 8 novembre?

Malgré le bras de fer entre le pape François et le candidat républicain au sujet du mur de 1600 km promis par ce dernier à la frontière avec le Mexique, de même que l’expulsion de 11 millions d’immigrants illégaux, malgré les déclarations de la Conférence des évêques américains qui appelaient, bien sûr, à protéger la vie depuis sa conception jusqu’à sa fin naturelle, mais aussi à soutenir les personnes en situation vulnérable sans oublier les migrants et les réfugiés, les catholiques ont tout de même choisi majoritairement l’homme dont les qualificatifs qui le relient à l’immoralité se sont accumulés durant toute la campagne.

Bien sûr, le nouveau président sera dans ligne de mire de tous les observateurs internationaux.

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La tolérance, vertu chrétienne?

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Voici le vingt-neuvième article de la série “En quête de foi”, publié dans l’édition de juin 2015 du Messager de Saint-AntoineL’objectif de cette série est d’explorer les éléments de la tradition chrétienne dont les traces sont toujours perceptibles dans la culture actuelle. Les destinataires de cette série sont des gens bien enracinés dans l’Église catholique. 


différentes couleurs courte-pointeNous vivons dans un monde qui se diversifie de telle manière que nous en perdons parfois un peu nos propres repères. Bien sûr, l’immigration contribue beaucoup à cette diversité, grâce à  l’apport de personnes provenant des différents continents. Nous avons parfois le sentiment que ce sont tous ces gens d’ailleurs qui opèrent des changements dans notre société pour ou contre notre gré. Mais nous devons aussi considérer que le Québec de 2015 ne serait pas demeuré celui de 1960 ou de 1980 même si nous avions fermé nos portes à l’immigration.

Changer, c’est le propre de tout être vivant! Notre organisme se transforme chaque jour sans même que nous nous en rendions compte. Et nous nous découvrons une nouvelle ride, quelques cheveux blancs, des rondeurs en plus… Mais les changements ne sont jamais que superficiels. Ils nous atteignent aussi dans notre être profond. C’est à ce niveau que notre résistance est la plus forte. Une grande partie des personnes rencontrées au fil des ans me confient spontanément leurs difficultés avec les changements, tant dans la famille, le travail, les loisirs, la société en général, mais aussi dans l’Église, la pratique religieuse, les catéchèses ou célébrations.

Laisser le bien s’accomplir

Nous pouvons chercher des responsables pour tout ce qui change. Pourtant, lorsque nous les prenons un par un, la plupart des changements que nous vivons nous paraissent positifs. Ils vont généralement dans le sens d’une plus grande liberté, d’une place plus équitable pour tous et toutes, en particulier les femmes, d’une l’hospitalité qui fait la part belle à l’étranger, d’une autonomie du monde politique face aux influences religieuses, d’une meilleure compassion à l’égard d’autrui, de la possibilité de penser aussi à son bonheur plutôt que de vivre dans la complète abnégation, etc. Si nous pouvons apprécier chacun de ces changements, nous sommes souvent déstabilisés devant l’ensemble, car nous voyons nos us et coutumes malmenés. C’est dans ce contexte que la vertu de tolérance est sollicitée.

appel pour la toléranceDans un monde ancien, homogène, encadré par une religion exerçant le monopole sur les consciences, nous n’avions pas trop d’occasions de pratiquer la tolérance. Nous avions même tendance à condamner les différences qui nous étaient le plus souvent enseignées comme des comportements immoraux ou des croyances diaboliques. Pensons aux personnes attirées par d’autres du même sexe, aux non catholiques et aux juifs, aux « Anglais », aux tenanciers de bars ou de salles de danse… Tous étaient objets de condamnation sans concession!

Jésus nous apprend à tolérer la différence. Il n’a pas converti toute la Palestine, loin de là. Il n’a pas condamné les juifs qui le sont restés, ni les païens qui n’ont pas demandé le baptême. Il n’a pas non plus jugé les pécheurs, mais leur a offert le pardon divin en sacrifiant sa propre vie. Il est donc concevable de voir en l’autre – le différent – une personne de bonne volonté qui cherche aussi à accomplir le bien, à sa manière et à son stade de croissance personnelle. Ne nous est-il pas possible, alors, de prendre conscience du bien qui se réalise grâce à eux? Et si c’est le bien qui s’accomplit, ne trouve-t-il pas sa source dans l’unique Dieu vivant?

La violence, héritage religieux?

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Le premier meurtre était-il religieux?

Cet article est le 21e de la série « En quête de foi » du magazine Le messager de Saint-Antoine, parution de juillet-août 2014. Cette série cherche à mettre en relief la dimension de foi qui est présente dans la culture actuelle. 

Beaucoup de personnes autour de nous croient sincèrement que la religion est à la source de plusieurs formes de violence. Dès qu’une nouvelle circule à propos d’un acte terroriste, par exemple, on a tôt fait d’identifier la religion de la personne ou du groupe responsable avec le présupposé qu’il y a cause à effet. Le plus souvent, dans l’actualité récente, ce sont des islamistes qui sont pointés, mais le soupçon antireligieux n’est jamais loin lorsqu’il s’agit de dénoncer des actes associés à la barbarie.

D’où vient la violence?

La Bible raconte que le « premier » acte violent, le meurtre d’Abel par son frère Caïn, avait pour motif la jalousie (cf. Genèse 4). Les offrandes d’Abel, l’éleveur, auraient plu davantage à Yahvé que celles de son frère agriculteur. Si la relation à Dieu fut au cœur de leur dispute, en aucun moment ne pourrait-on imaginer que l’homicide ait été cautionné par le Seigneur! Non, la Bible enseigne plutôt que les humains étaient doués de la conscience du bien et du mal. Et la violence, quelle qu’elle soit, n’a jamais pu être associée au bien, même si parfois, en contexte de légitime défense, elle est qualifiée de moindre mal.

En réalité, dès le début de la Bible, on voit que la violence naît dans le cœur de l’être humain, lorsque ses passions le poussent à des sentiments malsains attisés par le désir de posséder ou de jouir égoïstement d’un bien quelconque. Jésus a refusé d’entrer dans cette logique en renonçant même à se défendre des attaques dont il fut l’objet, jusqu’à sa condamnation à mort et sa crucifixion. « Lui n’a pas commis de péché ; dans sa bouche, on n’a pas trouvé de mensonge. Insulté, il ne rendait pas l’insulte, dans la souffrance, il ne menaçait pas, mais il s’abandonnait à Celui qui juge avec justice. » (1 Pierre 2, 22-23)

Dieu sanctionnerait le meurtre?

Dans les grandes traditions religieuses, l’appel à la paix et à l’amour universel est plus fort que toute justification de violence. Mais il peut nous arriver de vouloir « convaincre » Dieu de notre bon droit et de vouloir en faire l’étendard de nos velléités nourries à même nos penchants mauvais. Or, Dieu, qu’il soit adoré sous tous les noms possibles, ne peut qu’encourager la justice et la paix. Toute justice obtenue par la violence est un détournement de la religion. Il est impossible d’embrigader Dieu aux côtés de ceux qui commettent le mal.

Puisons à la justice

Dès les premières civilisations, les humains ont élaboré une jurisprudence qui tendait à rendre justice en proportion des préjudices. Si nous cherchons dans notre société des éléments persistants de culture religieuse, nous les trouverons dans le souci de nos tribunaux de juger avec discernement et de sanctionner en fonction du mal commis, sachant parfois se montrer magnanimes lorsque les prévenus donnent des signes qu’ils peuvent s’amender et changer. Oui, toute idée de justice qui fait honneur à Dieu ne peut jamais justifier la violence et encore moins la mort de quiconque. La violence n’est donc pas un héritage de la foi chrétienne, mais la justice, certainement!

Pour aller plus loin, voici un court billet de Jean-Claude Guillebaud qui va dans le même sens: « Protégeons Dieu des fanatiques » 

Et puis cette exhortation du pape François, lors de l’Angélus du 10 août : « On ne fait pas la guerre au nom de Dieu ».

Une fête sans nom…

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Voici le quinzième article de la série “En quête de foi” publié dans l’édition de décembre 2013 du Messager de Saint-AntoineL’objectif de cette série est d’explorer les origines chrétiennes des éléments patrimoniaux dans la culture actuelle.

Dans le contexte de ce qu’il est convenu d’appeler « l’ex-culturation » de la foi chrétienne ou de sa déliaison d’avec la culture, je me suis permis un exercice d’imagination futuriste… Alors projetons-nous en 2038. Un jeune de 13 ans écrit à sa grande sœur partie étudier à l’étranger…

Salut Audrey,

J’espère que tu vas bien là-bas. Tu ne me manques pas vraiment, car maintenant c’est moi qui suis le grand ici. Mais l’autre jour, on a eu une fête et j’aurais bien aimé que tu sois là pour m’aider à comprendre.

On devait aller veiller chez tante Aurélie. Elle avait insisté pour que nous passions d’abord dans une bâtisse que je n’avais jamais remarquée dans le vieux quartier. Elle est immense, très haute, vieillotte. On dirait un château hanté! Et ça sentait le renfermé, signe que ce n’est pas très entretenu. On entendait un instrument de musique que je ne connais pas. Ça sonnait fort et les murs tremblaient. Il y avait des choristes qui chantaient des chants bizarres. Ils avaient l’air de tripper. Et puis le show a vraiment commencé quand des gens très vieux, habillés en robe blanche, ont paradé de l’arrière vers l’avant, certains portant des objets, des plantes, un truc à boucane, de longues chandelles et un livre géant qu’un monsieur tenait à bout de bras. Le dernier était habillé d’une robe avec des décorations, il avait l’air d’être le chef.

C’est lui qui a salué tout le monde en nous souhaitant la bienvenue et en se disant excité par le nombre de participants qu’il n’avait pas l’habitude de voir souvent. Avec sa bande de robes blanches, ils ont parlé, chanté, changé de place, récité de longs textes monotones en gesticulant pour finalement s’approcher de la foule avec des vases dorés dans lesquels ils avaient mis des petits ronds blancs à manger. Les gens se bousculaient comme s’ils allaient en manquer. Et puis à la fin, tout ce monde a quitté dans le même ordre qu’au début et nous sommes partis aussi derrière eux.

Arrivés chez tante Aurélie, celle-ci avait préparé une fête « comme dans le bon vieux temps ». Sa maison était éclairée de lumières partout, dehors comme dedans. Elle avait installé un vrai sapin dans son salon, décoré de toutes sortes d’objets. Sous l’arbre, il y avait des personnages, des animaux, une cabane, éclairée elle aussi. Et au milieu, un couple, genre antiquité, avec un bébé posé sur un coussin de foin. Et puis le monde était de bien bonne humeur. J’ai entendu quelques vieux s’échanger des souhaits joyeux. Tous les adultes buvaient. Il y avait plein de gâteries pour les enfants. Ma tante avait dressé une immense table avec des mets traditionnels, paraît-il. De la tourtière, du ragoût, de la dinde, des salades et des sandwiches pas de croûte. Et des desserts en quantités!

Après avoir mangé, un gros bonhomme en habit rouge avec une barbe collée a distribué des cadeaux à tout le monde, même à moi! En partant, ma tante nous a salués en nous demandant si nous étions contents de nos belles traditions.

Sérieusement, Audrey, je n’avais jamais vu autant d’abondance. J’ai adoré cette fête! J’aimerais seulement comprendre ce qu’on fêtait. Personne ne semblait vraiment le savoir… Toi, as-tu une idée?

Égypte : l’Histoire s’écrit en direct

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Des chrétiens solidaires à Place Tahrir

Des chrétiens solidaires à Place Tahrir

Depuis le 25 janvier, se déroule devant nos yeux la marche d’un peuple pour sa libération. Les Égyptiens, à la suite d’événements semblables en Tunisie, se sont levés et ont manifesté, dans une attitude pacifique inspirante et quasi-impeccable, pour que le régime autoritaire de Hosni Moubarak, installé depuis 30 ans, se désiste définitivement.

Mais les choses ont basculé, en cette journée historique du 2 février. Combien il était difficile de ne pas rester collé aux médias sociaux, Twitter en particulier, qui ont relayé sans cesse les informations en provenance de la place Tahrir dans la capitale (Le Caire). La foule a été prise d’assaut par des casseurs (thugs) dont une partie aurait été embrigadée par le pouvoir pour attaquer les manifestants et les forcer à quitter la place.

Des journalistes occidentaux ont été pris à partie dont des gens bien connus ici. Certains ont affirmé avoir été ciblés dès le début des attaques pour empêcher tout témoignage sur les affrontements. Mais les réseaux sociaux sont devenus une force réelle pour relayer des informations en direct d’événements semblables. Il semble évident aux yeux de tous que cette attaque avait été planifiée, organisée, à l’aide ou au moins avec la bénédiction du régime et de l’armée qui regardait les gens s’entre-tuer sans bouger le petit doigt. Le nombre des twits qui vont dans le même sens est si imposant qu’un profond sentiment de vérité se dégage de ces informations une fois mises ensemble.

Ici au Québec, nous avons si peu d’expérience de ce genre de manifestations qu’elles nous semblent presque extra-terrestres, hormis les émeutes qui surviennent après une victoire du Canadien en séries de la Coupe Stanley. Avons-nous déjà vu s’entre-tuer des groupes opposés ? Une caricature de Beaudet sur Jean Charest est d’ailleurs assez éloquente : elle présente notre premier ministre sérieusement impopulaire depuis deux ans, assis confortablement dans son salon, regardant les révolutions en Tunisie et en Égypte et qui dit « vive les pétitions en ligne ».

Certains voient dans ces renversements en cours une bonne nouvelle pour la liberté, les droits de la personne, l’éventualité de réformes démocratiques. D’autres y voient l’influence occulte de groupes islamistes qui fomenteraient ces révolutions pour instaurer des sociétés islamiques, comme en Iran après sa révolution. Les uns traitent les autres de naïfs ou de paranos, selon leur position. Il est certain que les deux voies sont possibles. Mais l’effet domino dans tout le Moyen-Orient est si soudain et si rapide, qu’il est difficile d’y voir la marque programmée des groupes intégristes. Par contre, lorsque le champ sera libre  et qu’il faudra mettre de nouveaux gouvernements en place, toutes les influences seront là pour tenter de faire leur place. C’est inévitable.

Je pense qu’il faut garder confiance. C’est un mouvement de foules, un mouvement de jeunes imprégnés de la culture numérique. Ces jeunes sont épris de liberté et d’autonomie bien plus qu’attirés par une quelconque religion totalisante. Il est souhaitable que la sagesse et la raison prennent place au coeur des débats.  Je cite quelques exemples qui montrent bien que tous les musulmans sont loin d’être des extrémistes :

Par contre, le radicalisme inhérent au phénomène religieux est un danger réel. Prenez le temps de visionner cet entretien avec Henri Boulad, un jésuite égyptien qui parle ouvertement du danger islamiste. Voici un homme qui est l’ami de nombreux musulmans et qui en accueillent des dizaines dans son école. Pour lui, ce n’est pas le musulman (la personne) qui présente un danger, mais la conception intégriste qui s’impose aux sociétés arabes depuis une quarantaine d’années. Il est donc important de bien comprendre les distinctions qui existent entre le croyant, d’une part, et la religion lorsque celle-ci est érigée en système politique.

Mon ami Waleed, musulman installé depuis quelques années au Québec, affirme que la relation chrétiens-musulmans s’est pratiquement vécue sans heurts pendant des siècles. Lui-même a été l’ami de chrétiens là-bas. J’ai confiance en lui, en sa vision, en sa spiritualité. Il est de ce peuple qui lutte pour plus de liberté, plus de justice, plus de dignité. Voici ce qu’il dit:

En Égypte, les chrétiens ont vécu là depuis toujours. Toute ma vie, au Moyen-Orient, je n’ai jamais entendu parler de problèmes majeurs jusqu’à cette explosion récemment [dans une église copte]… qui fut un crime terrible, mais je t’assure qu’il n’y a pas d’enseignement dans l’Islam, prêchant de faire de telles choses. Bien sûr, il y aura toujours des individus stupides de chaque côté de la clôture qui pourront causer des dommages et feront le tour du monde, mais il ne faut pas généraliser.

Ma prière, aujourd’hui, est tout entière tournée vers les peuples du Moyen-Orient, peu importe leur appartenance religieuse, pour que peu à peu leurs efforts de libération portent fruit. Et que nous devenions nous-mêmes de plus en plus solidaires, de toutes les manières possibles. Une solidarité réelle va nous forcer à changer certaines choses dans notre mode de vie, c’est inévitable. Souhaitons que cette transition, dans le temps, soit vécue dans la plus grande paix.

Et je conclus en recopiant la prière de mon ami Waleed qu’il a diffusée sur Facebook, sans même comprendre rien de ce qu’il écrit :

دعاء اذا دعوته تمضي سنة ولا تستطيع الملائكه الأنتهاء من كتابة حسناتك ؟؟؟ قال رجل من السلف لا اله الا الله عدد ما كان و عدد ما يكون وعدد الحركات والسكون وبعد مرور سنه كامله قالها مرة أخرى… فقالت الملائكه: اننا لم ننتهي من كتابة حسنات السنة الماضية تخ…

Et il dit : « si vous avez confiance en moi, dites simplement Amen ! »

Amen !