Archives de catégorie : Patrimoine religieux

Des siècles de rattrapage*

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walk_for_reconciliationJ’étais à la rencontre avec les Premières Nations au sanctuaire Notre-Dame-du-Cap au printemps dernier. J’y ai pris conscience encore plus douloureusement d’une histoire qui ne nous a jamais été racontée. Elle porte notamment sur le mépris des descendants des Européens, nos ancêtres, et sur la transmission de cette attitude jusqu’à nos générations.

Avant la colonisation, les habitants du continent nord-américain formaient de nombreuses nations dispersées en plusieurs communautés. Peuples généralement pacifiques, ils géraient leurs conflits par des traités d’égal à égal. Leur spiritualité de communion profonde avec la nature, la terre, le ciel ainsi qu’avec leurs ancêtres décédés leur permettait de donner un sens à l’univers, à leur présence sur terre ainsi qu’aux événements.

Si nous pouvons reconnaître les nombreux efforts de rapprochements, à commencer par ceux des missionnaires qui ont voulu vivre auprès des autochtones en apprenant les langues locales et en leur apportant le témoignage de leur foi ardente, nous devons également prendre conscience de l’ivraie entremêlée au bon grain.

Les communautés autochtones ont subi de nombreux outrages : le non-respect de traités signés, le racisme alimenté par les préjugés, l’exclusion des espaces occupés par les Blancs, espaces que nous n’avons jamais cessé d’étendre jusqu’à étouffer les premiers habitants dans des réserves minuscules, en comparaison des immenses territoires qui étaient leurs.

Condamnés à la sédentarisation, tous les problèmes sociaux que nous leur connaissons aujourd’hui sont apparus peu à peu. Par une complicité inexplicable de la part des Églises, l’époque des pensionnats autochtones qui a duré près de 150 ans, constitue une tragédie tant sociale que spirituelle que nous sommes bien loin de mesurer justement.

Pour un renversement des choses

Les peuples autochtones ont appris nos langues, nos coutumes, notre mode de vie, notre code vestimentaire, nos lois et notre système économique. Nous pouvons dire avec certitude qu’ils nous connaissent beaucoup mieux que nous ne les connaissons : ils sont plutôt rares ceux d’entre nous qui ont visité une communauté autochtone, tenté de comprendre leur relation avec la nature, saisi les clés de compréhension du monde qui les entoure, lié une amitié réciproque avec une personne autochtone, appris à parler sa langue.

Avec la Commission Vérité et Réconciliation sur les pensionnats autochtones de même que la situation troublante des femmes disparues ou assassinées, les médias ont enfin mis en lumière des problématiques qui les affectent. Le temps est venu de nous ouvrir les yeux afin de reconnaître collectivement notre part de responsabilité.

Pour se réconcilier, les deux partenaires se doivent de reconnaître leurs torts mutuels et considérer l’autre dans sa dignité d’être humain. Les Premières Nations ont fait un grand travail d’introspection. Elles invitent à la rencontre et se montrent ouvertes à un nouveau commencement. Mais elles souhaitent que nous fassions notre effort dans ce mouvement de reconnaissance.

La venue éventuelle du pape François en Saskatchewan pourrait devenir un moment charnière dans nos liens avec l’ensemble des communautés autochtones. Serons-nous en mesure de le suivre dans sa demande de pardon en nous engageant dans un esprit de rencontre et de communion, et combattre à jamais tout esprit de domination, qu’elle soit culturelle ou religieuse?

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Ce texte est le 48e article de la série “En quête de foi”, publié dans l’édition de juillet-août 2017 du Messager de Saint-Antoine.

Le droit de mourir et reposer en paix…

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Photo:  KENZO TRIBOUILLARD, AFP (La Presse)

Le résultat du référendum sur le cimetière musulman à Saint-Apollinaire, tenu le 16 juillet dernier, semble avoir créé plus de divisions que de consensus, même si le processus s’est réalisé de manière démocratique. Le déchaînement de la haine des uns contre les autres devient malheureusement routinier. On s’en passerait bien!

Cet exercice a permis de mettre au jour certains aspects de la problématique. En particulier, on aurait « découvert » qu’une petite minorité seulement de musulmans exige des cimetières exclusifs au lieu d’espaces spécifiés dans des cimetières existants. Cette idée ferait même en sorte de délégitimer la demande de l’Association islamique de Québec, qui serait maintenant pointée comme intégriste.

On meurt comme on vit…

Lorsque la vaste majorité des Québécoises et des Québécois étaient catholiques et pratiquants, leur fin de vie cadrait parfaitement avec leurs valeurs et leurs croyances. Il allait de soi qu’ils devaient être enterrés dans un cimetière à l’enseigne de la seule « vraie » religion. Il n’était pas question pour l’Église d’enterrer avec ses fidèles des défunts athées ou affiliés à une autre religion, y compris d’autres confessions chrétiennes.

Et puis les choses ont changé. On a vu l’Église s’ouvrir à la crémation à partir de 1963 et aux cimetières « chrétiens » dans les années 1980. Aujourd’hui, un grand nombre de catholiques non pratiquants ne voient même plus l’importance de faire enterrer leurs cendres et les conservent parfois dans des conditions douteuses.

L’évolution des coutumes funéraires va avec la manière de vivre et celle-ci est devenue multiforme.

 

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Église québécoise et laïcs: floraison ou last call?

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Les membres de l'Assemblée des évêques catholiques du Québec ont rencontré le pape à Rome le 11 mai 2017.

Les membres de l’Assemblée des évêques catholiques du Québec ont rencontré le pape à Rome le 11 mai 2017. (CNS photo/L’Osservatore Romano)

Le pape François a eu l’occasion de rencontrer les évêques du Québec à deux reprises au cours de leur visite ad limina qui vient de se terminer à Rome. Dans son discours du 13 mai, il n’aurait pas hésité à appeler les évêques à «promouvoir la ‘floraison complète’ de l’implication des laïcs» dans l’Église. Avec le peu de baptisés qui lui demeurent attachés et le petit nombre, très majoritairement féminin, qui s’y implique, n’est-il pas trop tard pour encourager une telle ouverture dans l’Église?

«La floraison est le processus biologique de développement des fleurs. Elle est contrôlée par l’environnement (lumière, humidité, température) et les phytohormones. Dans la nature, la floraison est contrôlée par le phénomène d’induction florale.» (Wikipedia)

Un contrôle favorable… ou non!

La floraison comporte des facteurs internes et externes. Comme pour les humains, les hormones de croissance s’activent au temps opportun. Le phénomène d’induction, quant à lui, comprend plusieurs étapes qui doivent se succéder et que les jardiniers connaissent bien. Tenter de faire des semis de tomates à l’automne, par exemple, est peine perdue. Pour qu’elle soit optimale, la floraison doit se faire dans des conditions favorables et tenir compte de «l’environnement».

Appliqué à l’Église et aux laïcs, le concept suggéré par le pape paraît attrayant. Pourrait-il aider à discerner quand et comment permettre une nouvelle étape de la croissance du «laïcat»? Par exemple, «l’environnement» rendu favorable à l’Action catholique au milieu du XXe siècle et conduisant au concile Vatican II a pu activer de telles «hormones» à cette époque, suscitant par «induction» des leaders chrétiens dans la cité.

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Tout en nous aspire à la lumière*

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soleilLorsque le mois de mars arrive, en nos pays nordiques, notre lassitude collective de la grisaille s’amplifie avec les derniers soubresauts d’hiver. Même si les journées commencent à allonger, nous n’en avons jamais assez des quelques heures d’ensoleillement qui nous sont données de temps à autre.

Ce n’est pas pour rien que nous avons instauré une « semaine de relâche », pour les parents autant que pour les écoliers. Cette habitude fait désormais partie de nos traditions. De nombreuses familles prennent leur congé durant cette période afin de profiter d’un voyage dans le sud. Certaines profitent de la générosité des grands-parents qui gardent les enfants. Le but est simple : trouver un peu de lumière et de chaleur afin de quitter, pour un moment, l’hiver qui s’étire toujours trop à notre goût.

soleil1C’est aussi en mars que survient le fameux changement d’heure. Nous nous mettons à l’heure avancée, rebaptisée « l’heure d’été » bien avant l’heure ! Nous justifions encore aujourd’hui ce changement pour des motifs liés à la lumière : pour étirer les jours et aussi pour économiser sur l’énergie.

Enfin, en mars toujours, arrive l’équinoxe du printemps. Même si l’hiver nous poursuit de ses derniers élans, le soleil nous offre ses chauds rayons qui permettent à nos cœurs de se réchauffer à leur tour. En démontant leurs abris temporaires, certains voient apparaître leurs voisins qui, comme nous tous, ne sortaient que lorsqu’il le fallait en n’abusant jamais du temps passé à l’extérieur!

La véritable lumière

N’est-il pas inscrit dans notre chair, dans nos rythmes saisonniers et mêmes dans nos rituels sociaux, que nous sommes des êtres faits pour la lumière? N’est-ce pas d’ailleurs à cela que l’Église cherche à répondre par sa liturgie?

Ce temps du Carême peut parfois nous paraître semblable à la grisaille de l’hiver. Il s’inscrit habituellement dans cette même période où tout nous paraît long et durant laquelle nous aspirons à plus de lumière.

C’est dans cette préparation intérieure que nous laisserons surgir le printemps, toujours plus tardif que l’équinoxe, en Boréalie. Nous serons au diapason de la fête que l’Église nous donne à célébrer, la Pâques, qui est un authentique passage des ténèbres de nos tombeaux à la lumière du Christ ressuscité, de la mort à la vie nouvelle.

Ainsi le rythme de nos saisons se présente comme en harmonie avec nos rythmes intérieurs, à moins que ce ne soit le contraire! Ce qui importe, c’est ce besoin semé profondément en nous de tendre vers la lumière.

lumiereUn personnage important dont nous célébrons l’anniversaire le 17 mars, saint Patrick, patron et évangélisateur de l’Irlande, a lui-même bien illustré le désir intérieur qui nous pousse vers la lumière. Ainsi écrivait-il:

Nous […] croyons et adorons le soleil véritable, le Christ, qui jamais ne périra, et quiconque fait sa volonté ne périra pas, mais il demeurera éternellement.

Puissions-nous vivre plus sereinement ces moments où l’obscurité et parfois même l’opacité de la fin de l’hiver concordent avec nos propres expériences de vie. Que toujours nous soyons assurés, tout comme le printemps succède à l’hiver, qu’au bout de la nuit viendra l’aube nouvelle.

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* Ce texte est le 44e article de la série “En quête de foi”, publié dans l’édition de mars 2017 du Messager de Saint-Antoine.

Lisée et le religieux instrumentalisé

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Au cours de la campagne à la chefferie du Parti québécois (PQ), les croyances religieuses ont encore été l’objet de débats, voire d’attaques, lorsque l’un ou l’autre des candidats ou candidate exprimait une opinion sur le fait religieux dans notre société.

Entre un Alexandre Cloutier qui a semblé retourner sa chemise au lendemain de la défaite du PQ en 2014 et qui a montré de la sympathie envers une minorité religieuse, d’une part, et un Jean-François Lisée qui, d’autre part, a donné l’impression de s’être rapproché des courants nationalistes identitaires, nous avons pu assister encore une fois à l’instrumentalisation des religions au service de la partisannerie.

Vouloir un pays, c’est une chose à laquelle j’adhère facilement. Vouloir un pays qui nie l’évolution des 40 dernières années en croyant que la «souche» canadienne-française serait capable de rallier une majorité de votants sans compter sur l’immigration, en est une autre.

Faire preuve d’ouverture

Les «bons immigrants» sont ceux que nous avons. Ils ne sont rien d’autre que des humains remplis d’espoir ayant choisi de venir habiter un pays accueillant et inclusif. Ils sont venus avec leur culture qui, comme la nôtre, comporte une part de bons coups et une part de trucs étranges.

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Pape et famille: trop tard pour le Québec?

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20160407t1336-2600-cns-pope-apostolic-exhortation_presEn lisant La joie de l’amour, je me suis réjoui qu’un pape démontre une compréhension plus juste de l’amour conjugal. En effet, la parole magistérielle de l’Église sur la famille, l’amour et la sexualité s’est souvent placée à une hauteur doctrinale qui ne rend pas suffisamment compte de la vie des couples qui cherchent à simplement vivre leur amour. Mais le souffle arrive-t-il trop tard?

Dans Amoris laetitia publié vendredi, le pape François a choisi d’exposer l’amour comme un chemin avec sa dynamique propre, soumis à la réalité, vécu au sein de la condition humaine qui est elle-même une lutte incessante pour le bonheur au cœur de la fragilité et de la blessure… Cette vision de l’amour conjugal représente un changement significatif dans la posture de l’Église. Celle-ci ne devrait plus se contenter de plaquer une image idéalisée du couple et du sacrement en s’attendant à ce que les époux y correspondent dès que les consentements sont échangés!

Un chemin, c’est une distance à parcourir, une destination à atteindre. Le point de départ, c’est lorsque le couple évoque pour la première fois le projet de s’engager mutuellement. La ligne d’arrivée, ce n’est rien de moins que l’idéal d’une communion parfaite.

Marié depuis 32 ans, je doute sincèrement que cet idéal ne soit encore atteint, et c’est tant mieux! Car la dynamique interne de l’amour empêche qu’il devienne inerte, statique ou achevé.

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Que dira François aux élus québécois?

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Que dira François aux élus québécois?

Pape-François-Discours-à-lONUNous avons assisté depuis près d’un an à plusieurs représentations auprès du pape François à Rome en vue de le presser de venir faire une visite au Canada, au Québec en particulier et notamment dans le cadre des fêtes du 375e anniversaire de la fondation de Montréal. Alors que notre « nation » est devenue laïque, presque laïciste, la place du religieux dans l’espace public a nettement tendance à être critiquée quand elle ne fait pas clairement l’objet d’appels à empêcher toute visibilité de signes ou d’activités associés.

Dans un tel contexte, que pourrait bien venir faire au Québec un pape, chef d’une organisation religieuse qu’une grande partie des Québécoises et Québécois ont rejetée ? En y réfléchissant bien, j’ai pensé lui proposer un discours inspiré de ses propres paroles prononcées en d’autres circonstances, et qu’il pourrait tenir à l’Assemblée nationale, au siège du président juste au pied du crucifix… Voici donc une humble proposition (les passages en italique sont tirés de vrais discours du pape).

Discours imaginé du pape François à l’Assemblée nationale du Québec, le 20 septembre 2017.

Monsieur le président, Monsieur le Premier ministre, mesdames les députées, messieurs les députés, vous tous et toutes ici rassemblées, je vous remercie pour votre accueil chaleureux et empressé. On m’avait dit qu’un homme d’Église n’aurait pas bonne presse dans votre pays, mais je constate que vous savez être très polis envers vos invités !

Je souhaite vous exprimer mes remerciements personnels pour votre service à la société et la précieuse contribution que vous offrez au développement d’une justice qui respecte la dignité et les droits de la personne humaine, sans discriminations.[1]Le Canada et le Québec font figure de chefs de file en ces matières et votre pays est perçu dans le monde comme un modèle pour le traitement fait aux minorités. Je pourrais vous entretenir longuement pour flatter votre égo de la même manière, mais je sais bien que vous ne m’avez pas invité ici pour faire du badinage! J’aimerais donc vous adresser quelques mots provenant d’un frère lointain, en toute humilité.

siège anqÀ la suite de ma propre expérience en Argentine et lors de mes visites au Brésil, en Centrafrique, au Mexique, en Ouganda, aux Philippines, au Kenya, à l’ONU et même devant mes frères évêques au Vatican, j’ai exprimé l’avis qu’une bonne partie des problèmes de notre monde trouve sa source en peu de choses : la corruption, la nôtre en particulier.

Malgré toute la beauté de votre culture et le progrès réalisé au sein de la belle société distincte du Québec, mes frères évêques rassemblés ici n’ont pas manqué de me parler de la corruption qui règne apparemment chez vous aussi. Ainsi, au lendemain du dépôt du rapport de la Commission Charbonneau, ils se posaient cette question : Ne faut-il pas s’interroger aussi sur les « attitudes intérieures qui alimentent « ce cancer du corps social » qu’est la corruption » ?[2]

Je les ai trouvés bien courageux d’oser questionner leurs concitoyens de cette manière. Mais leur courage ne suffira pas à produire des changements si dès à présent nous ne nous interrogeons pas, chacun et chacune d’entre nous, sur la source de la corruption.

La concentration scandaleuse de la richesse globale est possible en raison de la connivence de responsables de la chose publique avec les puissants. La corruption est elle-même un processus de mort : quand la vie meurt, on trouve la corruption.

Le corrompu traverse la vie en utilisant les échappatoires de l’opportunisme, avec l’air de celui qui dit : «Ce n’est pas moi qui l’ai fait», arrivant à intérioriser son masque d’honnête homme. C’est un processus d’intériorisation.

Le corrompu ne connaît pas la fraternité ou l’amitié, mais la complicité et l’inimitié. Le corrompu ne perçoit pas sa corruption. Il se produit un peu ce qui se passe avec la mauvaise haleine : celui qui en souffre s’en rend difficilement compte ; ce sont les autres qui s’en rendent compte et qui doivent le lui dire. C’est pour cette raison que le corrompu pourra difficilement sortir de son état en ressentant le remords intérieur de sa conscience.

La corruption est un mal plus grand que le péché. Plus que pardonné, ce mal doit être soigné. La corruption est devenue naturelle, au point d’arriver à constituer un état personnel et social lié aux mœurs, une pratique habituelle dans les transactions commerciales et financières, dans les appels d’offre publics, dans chaque négociation à laquelle participent des agents de l’État. C’est la victoire des apparences sur la réalité et de l’impudence sur la discrétion honorable.

Toutefois, le Seigneur ne se lasse pas de frapper à la porte des corrompus. La corruption ne peut rien contre l’espérance.

Que peut faire le droit pénal contre la corruption ? […] (Malheureusement), la sanction pénale est sélective. Elle est comme un filet qui ne capture que les petits poissons, alors qu’elle laisse les gros en liberté dans la mer. Les formes de corruption qu’il faut poursuivre avec la plus grande sévérité sont celles qui causent de graves dommages sociaux, aussi bien en matière économique et sociale — comme par exemple les graves fraudes contre l’administration publique ou l’exercice déloyal de l’administration — que dans toute sorte d’obstacle s’opposant au fonctionnement de la justice avec l’intention de procurer l’impunité pour les propres méfaits ou pour ceux de tiers [3]

Aucun de nous ne peut dire : « Je ne serai jamais corrompu. » Non ! C’est une tentation, c’est un glissement vers les affaires faciles, vers la délinquance, vers la criminalité, vers l’exploitation des personnes. Combien de corruption existe-t-il dans ce monde ! Et c’est un vilain mot, si on y pense. Parce qu’une chose corrompue est une chose sale ! Si nous trouvons un animal mort qui se corrompt, qui est « corrompu », c’est laid et ça pue aussi. La corruption pue ! Une société corrompue pue ! Un chrétien qui laisse entrer la corruption en lui n’est pas chrétien, il pue !

Je vous souhaite d’aller de l’avant à la recherche de sources de travail, pour que tous possèdent la dignité de ramener du pain à la maison, et d’aller de l’avant dans la propreté de leur âme, dans la propreté de la ville, dans la propreté de la société afin que disparaisse cette puanteur de la corruption !

Je vous bénis tous, je bénis vos familles et votre quartier, je bénis les enfants qui sont ici autour de nous. Et vous, s’il vous plaît, n’oubliez pas de prier pour moi.[4]

[1] Discours du 23 octobre 2014 à une délégation de l’association de droit pénal.

[2] http://www.eveques.qc.ca/documents/2015/20151126LerapportCharbonneauestdepose.pdf

[3] Extraits tirés du discours du 23 octobre 2014 à une délégation de l’association de droit pénal.

[4] http://www.letemps.ch/opinions/2015/03/24/pape-francois-disparaisse-cette-puanteur-corruption