Un prêtre renvoyé… plutôt que d’autres?

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Roy Bourgeois lors de l'ordination interdite

Roy Bourgeois lors de l’ordination interdite

Cette semaine, la presse internationale annonçait que le Père Roy Bourgeois, membre de la congrégation américaine Maryknoll (missionnaires engagés dans des actions de justice et de paix), avait été renvoyé canoniquement de sa fonction de prêtre de l’Église catholique et simultanément démis par sa congrégation. Il avait été excommunié de facto (latae sentenciae) en 2008, après avoir participé activement à l’ordination de Janice Sevre-Duszynska sous les hospices du groupe Roman Catholic Womenpriests. Une conclusion que je trouve difficile à avaler.

Cet homme était engagé depuis 40 ans au sein de l’Église catholique en tant que prêtre. Sa feuille de route est éloquente. Il s’est particulièrement donné au service de la justice, notamment dans la défense des droits fondamentaux auprès des populations appauvries en Amérique Latine. Il a même fait plus de quatre ans de prison pour ses opinions dont une participation à une manifestation pacifiste en faveur de détenus. Bref, un homme indigné qui ne s’est pas arrêté à exprimer ses opinions, mais qui a engagé sa vie en droite ligne avec sa conscience. Comme dirait ma collègue: il avait les bottines en cohérence avec les babines!

Le Père Bourgeois me fait beaucoup penser à un autre prêtre de ma région, Clermont Rainville, décédé récemment et à qui je rends hommage. Selon les témoignages de tous, Clermont était un homme résolument indigné et engagé. Clermont avait lui aussi des positions souvent en dissidence avec l’Église. Ceux et celles qui le connaissaient savent bien que Clermont se serait prononcé en toute conscience pour l’ordination des femmes! Mais Clermont n’a pas été excommunié ni renvoyé de son service ecclésial. Le dialogue avec son évêque n’a jamais été rompu, preuve qu’il est possible de ne pas être unanimes.

Entre l’obéissance et la conscience

L’Église a toujours mis en valeur l’importance de la liberté de conscience en tant que droit humain fondamental. Elle est prompte à défendre ce droit là où les menaces sont grandes contre les dissidents de régimes autoritaires. Elle défend également la liberté de religion partout où elle est brimée. À l’échelle internationale, l’Église catholique compte certainement parmi les instances très influentes pour défendre ces droits.

Or, dans cette Église existe également une autre règle qui s’applique à l’interne, aux baptisés (ceux qui sont officiellement membres), soit la reconnaissance de la suprématie du magistère (la hiérarchie) et de l’infaillibilité du pape lorsqu’il s’exprime au nom de toute l’Église. En théorie, ces principes ne s’opposent pas à la liberté de conscience car le magistère est réputé savoir discerner et reconnaître ce qui est vrai de la révélation divine et du droit naturel. Suivre l’enseignement moral et social de l’Église suppose donc que la conscience n’a rien à objecter… En pratique, toutefois, ce n’est pas si simple. Pensons à quelques sujets de morale sexuelle pour nous en convaincre.

En ce qui a trait à l’ordination des femmes, aucun pape avant Jean-Paul II n’était allé aussi loin pour mettre un terme aux revendications des groupes militants qui la réclamaient. Le prédécesseur de Benoît XVI a publié en 1994 une Lettre apostolique aux conséquences très lourdes. Ordinatio sacerdotalis est un document qui, dans les officines vaticanes, a valeur d’infaillibilité, même si le pape n’a pas eu recours à ce terme exact. Voici comment il conclut cette lettre:

C’est pourquoi, afin qu’il ne subsiste aucun doute sur une question de grande importance qui concerne la constitution divine elle-même de l’Église, je déclare, en vertu de ma mission de confirmer mes frères (cf. Lc 22,32), que l’Église n’a en aucune manière le pouvoir de conférer l’ordination sacerdotale à des femmes et que cette position doit être définitivement tenue par tous les fidèles de l’Église.

Malgré cette déclaration impossible à contourner, certains groupes toujours enracinés dans l’Église catholique ont continué à revendiquer une position moins rigide et la poursuite d’une réflexion théologique. C’est lorsqu’il fut « prisonnier de conscience » que Roy Bourgeois acquit la conviction que l’ordination des femmes ne devait plus être empêchée. Depuis toujours, l’Église a la conviction profonde que l’appel au sacerdoce vient de Dieu lui-même. Le rôle de l’Église est d’en discerner les fondements et d’accompagner la personne dans son cheminement. Or, l’Église, au moins après le 1er siècle,  s’est toujours empêchée de croire qu’il était possible que Dieu appelle d’autres personnes que des mâles aux ministères ordonnés (évêque, prêtre, diacre). Dans son livre My Journey from Silence to Solidarity, Roy Bourgeois écrit ceci :

En prison, une personne a de nombreuses occasions pour réfléchir et prier longuement. […]  Ce que je crois, c’est que nous avons besoin de la sagesse, de la sensibilité, des expériences, de la compassion et du courage des femmes dans le ministère sacerdotal, si notre Église veut demeurer saine et entière. (traduction libre)

Un message ambigu

En ces temps de grande confusion pour l’Église catholique qui se voit continuellement attaquée et qui est constamment soumise à la colère des uns et des autres de par ses positions controversées et surtout par les scandales de pédophilie qui sont révélés au grand jour, il va de soi qu’une communication plus positive avec le monde est non seulement souhaitable, mais vitale. Le renvoi d’un prêtre, certes critique, mais dont l’engagement sacerdotal n’a fait l’objet d’aucun doute et dont le comportement humain semble exemplaire, ne peut que susciter une nouvelle suspicion à l’égard de cette institution. Oui, il est vrai que l’ordination de cette femme à laquelle Roy Bourgeois a participé pleinement comportait un caractère symbolique fort et nettement provocateur, appelant Rome à une réaction claire. Mais la seule porte qui fut présentée à Roy Bourgeois fut celle de la dissociation complète de toutes ses allégeances avec les groupes favorables à l’ordination des femmes. En toute conscience, Roy Bourgeois ne pouvait pas reculer sans trahir celles qu’il avait choisi d’accompagner. Il avait été de toutes les luttes pour la justice selon sa conscience. Il ne pouvait certes pas renoncer à celle-ci, même au risque de se voir désavoué et mis à la porte.

Une femme prêtre dans l'Église anglicane

Une femme prêtre dans l’Église anglicane

Quand on sait que de nombreuses Églises protestantes ont ordonné des femmes, ne pourrait-on pas tenter au moins d’aller voir comment les choses se passent de leur côté? J’ai connu à L’Arche, lors d’une rencontre de théologiens avec Jean Vanier, au moins deux femmes catholiques passées à l’Église anglicane de Toronto pour suivre le cheminement vers la prêtrise. Celles-ci avaient rêvé que leur « vocation » ou leur « appel » puisse être reconnu par l’Église catholique, mais à défaut d’une quelconque ouverture, leur sentiment d’être appelée étant plus fort que la résistance catholique, elles ont fait le choix de passer chez les Anglicans et s’y sont trouvées, finalement, très bien. Secrètement, l’une d’elle me partageait qu’un jour l’Église catholique reconnaîtrait peut-être aussi les femmes ordonnées de l’Église anglicane, comme elle le fait pour les prêtres mariés et qu’ainsi elle pourrait revenir à la communion avec Rome!

J’ai vécu une autre expérience au sein de L’Arche qui reste méconnue dans l’Église catholique, même si elle s’est passée dans un de ses sanctuaires les plus visités du monde. Je parle ici d’Assise, la ville de saint François et de sainte Claire. En 2005, L’Arche y tenait son assemblée internationale avec 350 représentants des cinq continents. Auparavant, dans ces assemblées, il y avait toujours une prière commune le matin, pour tous, et des offices particuliers en fin de journée selon les confessions et les religions. Chacun était libre d’aller où il voulait. Mais à Assise, dans l’esprit de la rencontre qu’avait présidée Jean-Paul II en 1984, tous les participants étaient invités à une seule célébration selon un rite particulier, afin de manifester la communion de toute la Fédération. C’est ainsi que le rite de l’Église unie du Canada fut célébré en l’église Sainte-Claire d’Assise. Les religieuses cloîtrées avaient accepté que cette célébration eucharistique soit présidée par une femme prêtre en y participant elles-mêmes par un chant de joie derrière leur clôture. Voilà un geste criant de solidarité de la part de femmes tenues (librement) au silence par leur retrait du monde, mais qui parlait à tous de l’égale dignité des hommes et des femmes. Imaginez les nombreux touristes qui étaient de passage à cette période de l’année… Ils entraient, prenaient conscience qu’une « messe » était commencée et s’avançaient vers l’avant pour découvrir que la présidente d’assemblée était une femme!

Cette célébration ne fit que creuser en moi la conviction que le mystère eucharistique n’en était pas moins exemplaire lorsqu’il était présidé par une femme-prêtre… Elle venait confirmer ce que j’avais souvent pensé, surtout lorsque des femmes à qui j’enseignais me confiaient non sans une certaine gêne, qu’elles avaient toujours senti un appel à la vocation de prêtre. Qui étais-je pour leur dire que ce n’était pas réel et qu’elles se berçaient d’illusions? Heureusement pour moi, le discernement des vocations ne fait pas partie de mes charges…

Mais je regrette que cette histoire ait mal tourné. En une époque où les gestes malfaisants de plusieurs prêtres, pères et frères catholiques sont rendus publics grâce aux témoignages de nombreuses victimes enfin libérées de leurs souvenirs, il est dommage de constater qu’une grande partie de ceux-là auront pu poursuivre leur ministère tranquillement jusqu’à leur mort, alors que Roy Bourgeois, un prêtre solidaire des assoiffés de justice à la manière de Jésus, n’y sera plus autorisé et devra vivre avec la réprobation de son Église pour le reste de sa vie.

Bon. Il est possible, après avoir publié ceci, que je sois sermonné, un peu. J’assumerai. Mais je risque seulement un emploi. Ça se trouve. À Roy Bourgeois, on a retiré tout ce pour quoi sa vie avait du sens durant plus de 40 ans…

À propos de Jocelyn Girard

Marié depuis 1984, 5 enfants (que des "gars"), 6 petits-enfants... Je travaille dans l'équipe diocésaine de pastorale pour l'Église catholique au Saguenay-Lac-St-Jean et en tant que professeur à l'Institut de formation théologique et pastorale. Ce n'est pas un travail pour convertir les gens à la foi chrétienne, c'est plutôt pour accompagner ceux et celles qui ont choisi de croire... Je ne suis donc pas très effrayant et plutôt de bonne compagnie, accueillait et discutant avec quiconque se montre respectueux, sans distinction d'origine, d'ethnie, de religion d'orientation sexuelle ou de handicap. J'ai auparavant fait partie de L'Arche de Jean Vanier (en France et à Montréal) à laquelle je continue d'être attaché spirituellement. Autre blogue: http://lebonheurestdansleoui.wordpress.com Twitter : http://twitter.com/#!/jocelyn_girard Facebook : Jocelyn.Girard.9

réponses "

  1. Jocelyn, je ne réussis pas à lire tous tes articles. Tu écris plus vite que l’oeil!! J’ai cependant réussi à lire celui-ci qui m’indigne. Mis en lien avec des nominations récentes d’évêques de droite ici et là au Canada, dont le Québec, la crise vécue à Développement et Paix et le silence imposé à ses membres dont je suis, et le silence de nos évêques devant des positions inadmissibles du gouvernement fédéral, j’ai mal à mon Église…

    Union de prière!

  2. Très bon article Jocely, et oui…vous écrivez plus vite que votre ombre, je suis jalouse! 😉

    Cela m’indigne de voir ce genre de choses. Il me semble que l’Église catholique aurait intérêt pourtant à faire tout ce qu’il faut pour se renouveler et tenter de se rapprocher de ses fidèles, beaucoup d’entre eux ayant déserté les églises depuis maintenant des décennies!

    Prêcher que les femmes et les hommes sont égaux mais ne pas accueillir de femmes en son sein pour mettre en action ce que l’on prêche est un non sens. Cela veut dire: « faites ce que je dis, mais pas ce que je fais! ».

    Pourtant, le côté compassion et près de la famille des femmes seraient un gros avantage, sans oublier le fait qu’il n’y a que rarement des « vocations » de nos jours parmi nos jeunes québécois et canadiens en général, je dirais même en Amérique du Nord…

    Tellement que les femmes changent de religion et vont vers cette branche du Protestantisme pour enfin devenir pasteur…

    J’espère que le Vatican va s’ouvrir les yeux un jour et cesser de s’accrocher à de vieilles paroles de l’Ancien Testament!

    • C’est une question grave pour toutes les Églises. L’Église orthodoxe accepte le mariage des prêtres, mais pas les femmes prêtres. L’Église anglicane accepte les femmes prêtres, mais pas évêques! Rien n’est gagné dans aucune Église… Il faut donc oeuvrer à l’intérieur de la nôtre pour faire avancer les idées… Merci à vous d’y contribuer!

  3. Cher Jocelyn
    Comme je suis d’accord encore une fois avec toi. Nous sommes l’Église, mais quelle souffrance de porter cette appartenance quand on ressent profondément son écart avec la vraie vie. Je remercie souvent le Seigneur d’avoir conservé la foi en Jésus Christ malgré tous les désaccords que je ressens face à cette institution. Je salue ton courage. Si jamais ta job est compromise à cause d’une telle prise de position…eh bien là ce serait le comble.
    C’est toujours un plaisir de te lire.

  4.  » L’Église orthodoxe accepte le mariage des prêtres, mais pas les femmes prêtres. L’Église anglicane accepte les femmes prêtres, mais pas évêques! Rien n’est gagné dans aucune Église… ».

    Oui mais tout de même, les églises orthodoxe et anglicane ont quand même fait un début de progrès!
    Je ne vois rien de ce genre chez les catholiques.

  5. Je suis tellement d’accord avec toi sur ce sujet! j’ai reçu des confidences de femmes qui ont reçu l’appel à la vocation sacerdotale, elle se questionne et voie ce qui se passe dans les autres religions, mais devant cette porte qui se referme , comment garder la foi en cette église catholique qui ne reconnait pas la vocation des femmes.
    Viviane.V

  6. C’est aussi très très étrange et absurde que l’église anglicane n’accepte pas les femmes évêques…vu que leur « pape » et plus importante personne dans leur hiérarchie religieuse est….LA REINE! 😉

  7. Une belle réflexion Jocelyn. Que c’est désolant de voir que plus le temps passe et plus les dirigeants de notre belle Église continue de s’enfoncer . Honnêtement , ça me donne mal au coeur…On s’en va où? Je travaille en Église et je me demande souvent pourquoi j’y reste. Ma réponse est toujours la même, ma foi est basée sur Jésus Christ, pas sur le pape. On est loin de » rencontrer la Parole au coeur de l’humain » lorsqu’on excommunie un homme qui fait le bien depuis 40 ans. Jugé. Condamné. Sans procès. Latae sentenciae. Ça c’est du pouvoir…Oui, moi aussi j’ai mal à mon Église…

  8. Est-ce que le fait de croire en Jésus Christ vous oblige à rester au sein de l’Église? Au temps où les disciples accompagnaient Jésus, ils croyaient en lui, mais l’Église n’existaient pas encore. Qu’est-ce qui vous empêche de sortir de l’Église, mais de continuer à croire en Jésus-Christ? Est-ce que vous croyez encore que seuls les Chrétiens seront sauvés, et que Dieu relèguera tous les autres aux flammes de l’Enfer, même ceux qui auront vécus une vie sans reproche?

    • Adhérer à l’Église est un acte de liberté, même lorsque nous avons reçu le baptême dans la prime enfance. C’est un acte à refaire constamment! J’adhère donc à l’Église catholique librement, soyez-en rassuré, même si je sais me montrer critique à son égard! Et heureusement, il est encore possible de le faire.
      On peut croire à Jésus sans église, mais ça nous laisse bien seuls en face de tout ce mystère de la foi! Je crois qu’il vaut mieux appartenir à un corps qui tente, ensemble, de mettre en pratique ce que Jésus a été, a dit et a fait et qui a été « attesté » par le fait qu’il a été reconnu vivant après sa mort sur la croix.
      Qui sera sauvé? Qui donc autre que Dieu peut en décider? L’Église catholique a sans doute erré en certaines époques où elle s’est montrée prompte à condamner. Heureusement, aujourd’hui elle montre davantage des signes d’ouverture et de compassion envers les « pécheurs », à l’image de son fondement qu’est le Christ lui-même. Et il y a cette bonne nouvelle de l’universalité du salut dans le Nouveau Testament, notamment dans l’affirmation « Paix (shalom, salut) aux hommes de bonne volonté ».
      Ceci dit, qu’en est-il de l’enfer et de la condamnation éternelle? Pour que la liberté humaine soit réelle et complète, il faut sans doute que l’alternative ultime existe! Lorsque votre âme rencontrera face à face son créateur, quel sera votre choix? Dieu propose la vie, mais on peut choisir la mort. À chacun d’en découvrir toutes les conséquences et d’agir en cohérence!
      Finalement, même si vous ne posez pas la question, je vous dirai que l’Église catholique demeure celle qui, au moins dans la succession de ses évêques, « descendants » des apôtres, et dans son évolution institutionnelle et doctrinale que la Tradition lui a donnée, est historiquement parlant la plus alignée sur le Christ. Toutes les autres ont choisi cette voie de la quitter pour bâtir sur d’autres bases des communautés soi-disant plus fidèles ou plus pures. Mais aucune église n’est parfaite par elle-même. Alors tant qu’à appartenir à une Église, autant demeurer dans celle qui a la plus longue tradition de fidélité au Christ et tenter de la comprendre tout autant, avec d’autres, que d’en influencer son devenir…

      • Commentaire intéressant, Jocelyn, merci. Il est fondé sur le fait que l’Église est mieux placée pour découvrir les mystères de la foi, mais je ne suis pas d’accord avec cette hypothèse.

        Par expérience, je sais que l’on peut percer les mystères de la foi seul, en communication directe avec Dieu. Je pense en outre que c’est la réflexion, la méditation, la prière et le renoncement qui sont les meilleurs outils pour comprendre la nature humaine et la nature divine. C’est également ce qu’ont compris les ermites, les moines, les yogis et les sufis, qui s’éloignent le plus possible de la politique de leur église respective dans le but de se rapprocher de Dieu. Je pense que les écritures saintes sont des outils utiles si on les utilise en combinaison avec une réflexion personnelle et sensée, et si on connaît leurs limites, mais trop de dirigeants religieux s’en servent pour assouvir leurs haines et attiser les peurs. Je pense, par exemple, aux versets 20-9 à 20-16 du livre Lévétique, que de nombreux « preachers » américains et canadiens utilisent encore pour soutenir leur haîne des homosexuels et pour attiser cette haine dans le coeur des Chrétiens qui les écoutent. Je n’arrive toujours pas à comprendre, d’ailleurs, pourquoi ces versets n’ont pas encore été supprimés de la Bible. Il n’y a pas un être humain sur Terre qui arrivera à me convaincre que Jésus était d’accord avec ces versets. Alors, pourquoi l’Église les a-t-elle inclus dans la Bible, et pourquoi ne les a-t-elle pas supprimés lors des modifications apportées ultérieurement à la Bible? Est-ce que l’Église pense vraiment que ces versets sont la parole de Dieu?

        • Chaque croyant enraciné dans une tradition religieuse doit avoir la conviction que celle-ci peut le conduire au meilleur de ce que c’est que d’être humain! Même le Dalai Lama ne recommande pas aux chrétiens de quitter leur église pour se faire bouddhistes! Il affirme qu’un chrétien peut trouver tout ce qui lui convient en termes de spiritualité à l’intérieur du christianisme… Alors oui, j’ai la conviction que l’Église possède un trésor de spiritualité et aussi beaucoup d’échecs, d’erreurs et de fautes graves, mais elles sont davantage le fait d’hommes que du corps que l’Église forme comme tel. Tous les saints le sont par la qualité de leur foi bien avant celle de leurs vertus. Cependant, l’Église reconnaît, depuis le concile Vatican II, que les autres religions possèdent elles aussi une richesse spirituelle pouvant conduire leurs adeptes sur un chemin vers Dieu.
          La deuxième partie de votre commentaire est relativement simple à débattre. Il y a de grandes différences sur le rapport à la Bible entre les diverses traditions chrétiennes. La liturgie catholique n’a même pas pris la peine de traduire les passages que vous évoquez pour qu’ils soient lus dans les célébrations dominicales! Il est clair pour les catholiques qu’il y a progression dans la Révélation de Dieu qui trouve son apogée dans la personne de Jésus. Mais l’Église ne se donne pas à elle-même le pouvoir de changer quoi que ce soit dans la Bible, y compris dans ce que nous trouvons dans les documents les plus anciens. On doit vivre avec, en tentant de voir dans l’enseignement de Jésus, lui-même très libre par rapport aux règles et à la tradition de sa religion juive, comment décider d’attitudes plus ajustées à sa personne. Ce qu’il nous reste de récits à propos de la vie publique de Jésus dans les évangiles laisse de grandes questions sans réponses claires de sa part. Il n’a sans doute pas évoqué un grand nombre de questions morales actuelles, notamment l’homosexualité. Mais ses normes morales sont toujours plus élevées que ce que nous pouvons réellement accomplir dans une vie « normale »! Ainsi, pour lui, regarder une femme avec un désir est déjà l’adultère, car cela met en chemin vers cette finalité… Il y a donc une grande capacité de « pécher » seulement en pensée! Mais Jésus insiste moins sur cette aptitude humaine que sur celle du repentir et du pardon accordé par son Père. Ça, pour moi, c’est une vraie bonne nouvelle!

          • Merci pour votre commentaire, Jocelyn. Je me rends compte de plus en plus que vous devez être prudent dans vos commentaires, sous peine de vous attirer l’opprobre de l’Église et des croyants plus conservateurs que vous, je suppose, ce qui a le désavantage de limiter quelque peu la sincérité de vos propos ou à tout le moins leur clarté. J’ai l’impression de naviguer dans des eaux brumeuses lorsque je lis vos réponses à mes commentaires, ce qui n’est pas du tout le cas pour vos articles, que je trouve limpides et directs. J’imagine que, comme c’est le cas en politique et dans les sports, la partisannerie religieuse impose des limites qu’il ne faut pas dépasser : comme le disait Bush, si vous n’êtes pas avec moi, vous êtes donc contre moi. Je vous remercie tout de même d’avoir pris le temps de répondre à mes commentaires, Jocelyn, vos réponses ont été enrichissantes.

      • En effet M. Thériault, belle réflexion. Je suis d’accord en partie d’accord avec vous quand vous dites « Je pense en outre que c’est la réflexion, la méditation, la prière et le renoncement qui sont les meilleurs outils pour comprendre la nature humaine et la nature divine.  » Personnellement je vis mon Église comme la plus grande souffrance de ma foi. Je m’y réclame cependant encore. Je me permets de remettre en question, de questionner ouvertement ses positions archaïques , mais j’y suis né, c’est un réseau d’appartenance, même si parfois, comme dans des familles, je peux la percevoir comme dysfonctionnelle. C’est dans ces moments que j’apprécie le plus ces temps de méditation et de silence.

        • Je vous remercie sincèrement pour votre commentaire honnête et rafraîchissant, Jean-Pierre. Vous êtes arrivé, en quelques mots, à me faire mieux comprendre la dichotomie que doivent vivre les personnes affiliées à une religion. J’ai également cru comprendre, en lisant quelques-uns de vos « tweets », que vous avez le même genre de problèmes en politique, ce qui me convainc davantage que la neutralité politique, sportive et religieuse est l’un des secrets d’une vie heureuse et d’une société plus harmonieuse. : )

  9. @ Marc Thériault / Scriptualité qui dit:
    « Je me rends compte de plus en plus que vous devez être prudent dans vos commentaires, sous peine de vous attirer l’opprobre de l’Église et des croyants plus conservateurs que vous, je suppose, ce qui a le désavantage de limiter quelque peu la sincérité de vos propos ou à tout le moins leur clarté. J’ai l’impression de naviguer dans des eaux brumeuses lorsque je lis vos réponses à mes commentaires, ce qui n’est pas du tout le cas pour vos articles, que je trouve limpides et directs. »

    Je ressens la même chose que vous quand je lis Jocelyn Girard (désolé Jocelyn!).

    Quoique j’aime beaucoup certains de ses articles bien écrits et exprimés, il me semble que dans ses réponses il veut ménager la chèvre et le chou.

    Quant à l’enseignement de la Bible et au choix libre de suivre sa religion, je ferai remarquer que selon l’endroit, c’est-à-dire le pays et la famille, la communauté où vous êtes nés, vous pourriez être de religion musulmane, juive, catholique, orthodoxe, baptiste, anglicane, Témoin de Jéhova, raélïen, de philosophie bouddhiste….bref, convaincu par l’enseignement que vous avez reçu dans votre enfance que votre religion est l’idéale, la meilleure.

    Jocelyn, vous dites: « Alors tant qu’à appartenir à une Église, autant demeurer dans celle qui a la plus longue tradition de fidélité au Christ et tenter de la comprendre tout autant, avec d’autres, que d’en influencer son devenir… »

    Tant qu’à cela, il y avait les anciennes religions païennes, grecques, romaines, et on pourrait remonter encore le temps avec d’autres croyances encore plus vieilles.

    Si pour certaines personnes, cela leur fait du bien de croire en ce qu’ils veulent, tant mieux mais pour d’autres, ne pas adhérer en aucune religion et simplement croire en une divinité ou une force naturelle appelé *Univers* ou le ciel sait quoi, c’est correct aussi.

    Moi j’ai choisi d’être agnostique et de simplement vivre et laisser vivre. Ma règle principale est « ne pas faire aux autres ce que je ne voudrais pas qu’on me fasse, vivre ma vie aussi honnêtement et intègrement que possible en suivant la voie du bien au lieu du mal…je crois qu’on peut le faire sans religion également!

    • Merci Diane de participer à cette conversation.
      Je peux admettre que mes commentaires en réponse aux commentaires peuvent paraître « brumeux » comme l’écrit Marc Thériault. Ceci n’est pas du tout mon intention. Je trouve d’ailleurs fort dommage qu’on en vienne à juger de ma sincérité en se basant sur l’idée que je n’aurais pas la liberté de parole en raison de mon appartenance à l’Église. Je cherche plutôt à faire des ponts. Ceux-ci peuvent paraître fragiles, mais ils ont l’audace d’un a priori positif à l’égard de mes interlocuteurs, comme vous, qui viennent discuter sur ce blogue et aussi à l’égard de l’Église qui, malgré ses immenses ratés, demeure une institution qui a de bien plus grandes réalisations et d’influences positives sur la civilisation actuelle que la somme de tous ses torts! Ce n’est donc pas par souci de loyauté que je tente de la présenter sous cet aspect, mais bien en raison de mon analyse et de mon expérience à l’intérieur de ses propres cadres.
      La réalité n’est pas dichotomique, elle est multiple. Croiser les regards variés et complémentaires sur l’Église permet de la voir davantage sous son vrai jour, plus juste et plus complet, que de la juger uniquement sous un angle prétendument neutre.
      Enfin, en ce qui me concerne, j’ai un respect entier envers la démarche spirituelle et religieuse de tout croyant, quelle que soit sa spiritualité ou sa religion. Je pense, tout comme le Dalai Lama, bouddhiste, qu’en puisant aux sources de sa propre tradition spirituelle, on est conduit vers la Source et la Finalité de notre existence, Dieu lui-même. Ce sont des chemins différents qui peuvent converger.
      En ce sens, je m’accorde le même droit de voir en mon Église, catholique, un chemin authentique qui mène à Dieu, ce Père aimant dévoilé en Jésus Christ…

  10. Je suis sevrant d’autel de ma paroisse et si il y a bien une chose que je trouve magnifique pendant la messe c’est l’eucharistie! Hors le prêtre pendant ce moment important de la messe représente directement notre seigneur Jésus Christ! Comment voulez-vous donc le remplacer par une femme!? Tant d’amalgames dans votre articles, tant d’hérésies me fait peur… La femme, n’a pas sa place dans le cœur! Que ce soit en tant que servant d’autel, diacre ou prêtre! Non pas par machisme primaire, mais bien par cohérence. Il faut arrêter de tout mélanger, de mélanger les rôles , les devoirs… Dans l’Église, la femme toute sa place! Et c’est un des derniers bastions où la femme n’est pas souillé,ou elle est respecté…

    • Bonjour. Merci d’avoir lu et commenté. Je respecte votre opinion, car c’est bien une opinion même si vous la formulez comme un dogme. Vous parlez d’hérésies, j’aimerais simplement que vous les clarifiez car je n’ai rien remis en question de la foi chrétienne dans aucun de mes articles! Vous devez faire la différence entre la discipline ecclésiastique et les enseignements de foi. En ce qui concerne votre position sur la femme, vous faites erreur en croyant que le prêtre représente la masculinité du Christ lorsqu’il préside l’eucharistie. Vous comme moi sommes appelés à nous conformer au Christ. Paul n’a jamais dit que ce sont les hommes uniquement, mais bien tous les croyants, hommes et femmes. De même, vous comme moi sommes invités à adopter les attitudes de Marie, pas uniquement les femmes! Bref, il n’y a aucune contre-indication à ce qu’une femme « représente » le Christ puisque ça n’a rien à voir avec son apparence physique ni son identité masculine, mais bien son attitude filiale…

      • J’ai eu du mal a comprendre comment vous pouviez sortir de tel ineptie venant de L’Arche puis j’ai vu « Québec »… Ceci explique cela! « Une hérésie (du grec αἵρεσις / haíresis, choix, préférence pour une doctrine) désigne généralement une doctrine ou une opinion considérée comme erronée par rapport à un dogme religieux donné. Si dans l’Antiquité on n’attachait pas de valeur péjorative à ce terme, celle-ci devint marquée au moment de la définition progressive des dogmes chrétiens » … Ce qui me fait peur c’est que par là vous nié la difference homme-femme! Pourquoi en ai-je parlé comme un « dogme » : « Fin 1995, le Pape a fait promulguer une Note de la Congrégation de la Doctrine de la Foi affirmant que les fidèles sont tenus de donner leur assentiment définitif,  » ce qui veut dire irrévocable, à une doctrine proposée infailliblement par l’Eglise « , à ce fait que les femmes ne peuvent pas, n’ont jamais pu, et ne pourront jamais recevoir le Sacrement du Sacerdoce.  » Relisez un peu cela http://catholiquedu.free.fr/revelation/paroissiales/DESFEMMES.htm

        • Le prêtre, un autre Christ

          Depuis la Cène, ceux que l’on appelle « les ministres de l’Eucharistie », et au premier rang desquels on peut citer les apôtres, perpétuent « au nom » du Christ l’unique sacrifice de Jésus sur la Croix en le rendant présent, en l’actualisant.

          L’Eglise nous dit : « le Seigneur, voulant unir les fidèles dans un corps (l’Eglise) où « tous n’ont pas la même fonction » (cf Rm 12,4), a consacré certains hommes qui ont par le sacrement de l’ordre le pouvoir d’offrir le sacrifice et de remettre les péchés » (cf Presbyterum Ordonis).

          Lorsque le prêtre célèbre la messe, il utilise la première personne du singulier « Ceci est mon corps », « vous ferez cela en mémoire de moi » puisqu’il agit en la personne du Christ.

          Ainsi, la mission du prêtre aujourd’hui est de continuer celle de Jésus. (à la différence de la vie monastique qui pousse son auteur à reproduire la sainteté du Christ). Ce n’est pas un pouvoir (au sens politique du terme) que le prêtre reçoit, mais une grâce particulière qui lui permet d’être pleinement au service.

          • Le prêtre parle à la première personne car cette partie de la magnifique prière eucharistique est le « récit de l’institution ». Le prêtre raconte ce qui s’est passé, en fait mémoire. Il ne reprend pas les paroles pour lui mais il rappelle celles que le Christ a dit. Ces paroles dites à la première personne ne signifient en rien que le prêtre les dit pour lui-même, pas plus que la personne qui a proclamé la 2e lecture ne reprend à son compte les paroles de saint Paul quand il écrit à la première personne. La personne qui a proclamé la lecture fait seulement le récit de ce qui est écrit, comme le prêtre à ce moment de la prière eucharistique. D’ailleurs, le « récit de l’institution » n’est pas présent dans certaines prières eucharistiques de communautés catholiques non romaines. Pourtant, leur eucharistie est valide.

        • Ce document auquel vous faites référence n’est pas un dogme au sens strict. Le dernier à être promulgué date de 1954 (l’Immaculée Conception de Marie) et le document de 1995 n’en est en rien comparable. D’ailleurs, comme vous le mentionnez si bien, il ne s’agit que d’une « note » qui ne requiert pas l’assentiment définitif que vous voulez bien lui accorder. Elle n’a en aucune façon la force et le poids d’une lettre pastorale, d’une encyclique ni de la promulgation d’un dogme. Si on se remet dans le contexte, cette « note » a été écrite parce que notre pape Jean-Paul II en avait assez des multiples pressions qui s’exerçaient sur lui de part et d’autres et en bon père de famille il a dit: « C’est assez, je ne veut plus en entendre parler! ». En québécois, on dirait: « Ne me « badrez » plus avec ça! »

          • Et S.S. Jean Paul II avait raison… Ne subissons pas la pression de ce progressisme ambiant! Derrière celui-ci se cache des forces biens malsaines…

        • Cher Jojo de France,
          Je regrette sincèrement le ton que vous employez. Votre référence à mes origines québécoises me semble plutôt méprisante, mais je vous pardonne car, pour avoir vécu 6 ans en France, je sais que cette attitude à notre égard est répandue. Je me rappelle parfois qu’on a aussi dit du Fils de Dieu que rien de bon ne pouvait sortir de Nazareth! 😉
          Comme l’a écrit justement Denis, la foi de l’Église ne peut être tenue pour infaillible sur une simple ‘note’ de la Congrégation de la foi, fusse-t-elle entérinée par le pape lui-même. Cela dit, cette opinion traditionnelle à l’égard de la femme est certes valable. Mais son degré de certitude demeure en deça de l’infaillibilité, comme l’était aussi l’affirmation tout aussi convaincue que la terre était le centre de l’univers! En cela, il est justifié de garder la discussion vivante.
          Bref, je préfère continuer le dialogue sur cette question en solidarité avec toutes les femmes engagées dans l’Église du Québec, car ce sont elles qui, principalement, l’ont portée et la portent encore à bout de bras. Si ce n’était d’elles, il est probable que votre jugement se serait avéré, car, bien malheureusement, des hommes censés représenter le Christ l’ont trahi outrageusement…
          Je vous invite également, si vous ne l’avez jamais fait, à assister à un office eucharistique anglican présidé par une femme pour prendre conscience que le Christ n’est pas moins représenté du fait du sexe de la personne qui préside. C’est souvent par l’expérience que nos idées nouvelles se forgent dans notre esprit…
          Gardons donc la réflexion ouverte sur ces questions comme d’autres plutôt que d’afficher la conviction que la vérité actuelle est la seule et la seule définitive…

          • Quelle belle réponse et réflexion Jocelyn!

            Je ne peux qu’applaudir à votre commentaire fait dans le respect en réponse à Jojo et aussi parce que je suis pleinement d’accord que l’Église devrait avoir une grande ouverture face à l’ordination de femmes.

            Vous m’avez arraché les mots de la bouche. Je suis presque jalouse, j’aurais voulu écrire ceci.

          • Désolé pour le ton que j’ai pris mais du Québec dont j’étais si fier, j’ai vu venir un progressisme exacerbé, ou l’altérité, la tradition chrétienne, et le normes ne voulaient plus rien dire! Et c’est du Québec que nous somme sans cesse attaquer dans notre combat pour que le mariage reste une institution avec du sens! Ce progressisme me fait vomir, et mon exaspération c’est retranscrit dans mes propos… Cela me rend triste de savoir que même des catholiques sont capable d’avoir de tel idées! Je pensais que ces drôle idées été une exclusivité de nos journalistes post-68tards! Pauvre Église, elle est attaqué de toute part et maintenant de l’intérieur… Anglicanisme n’a rien a voir la dedans! Car il n’y a pas le mystère de la transsubstantiation, c’est juste pour faire acte de mémoire… Relisez St Augustin, relisez aussi Le Meilleur des Mondes de Huxley (et faite le diffuser a tous les québecois … Oh et ne soyez pas moutons de cette socièté en pensant suivre le « bon berger »! On vous trompe et celui qui vous trompe est plus Malin que vous ne le pensais!

            • Nous sommes déjà un peu plus en mesure de dialoguer sur ce ton! Merci.
              Quand j’ai quitté le Québec pour la France, je ne voyais pas trop en quoi nous allions si mal que ce que j’en entendais de la part de certains de vos compatriotes. Le jugement que vous posez, je l’entendu maintes fois. Et je me suis laissé prendre à y souscrire à certains égards. Mais revenu chez moi, je vois à quel point toute culture est imprégnée à la fois d’Évangile et aussi de ce qu’on pourrait appeler l’ivraie. La mal français, c’est l’extrincésisme. C’est le nom que donne François Moog à la maladie qui ronge les chrétiens qui se mettent à voir le monde en fonction du dedans et du dehors. Cette maladie est présente aussi chez nous, mais à un niveau moindre, car la sécularisation rapide a entraîné avec elle une majorité de baptisés qui se sont simplement fondus dans la masse alors que chez vous ils se sont plutôt retranchés en mode défensif. Lorsque j’ai fréquenté le Foyer de Charité à Chateauneuf-de-Galaure, tout près de là où j’habitais, c’est bien ce que j’ai entendu: le monde est mauvais, il faut soit l’éviter, soit le changer. Mais le monde est aussi habité par l’Esprit de Dieu! Et parfois, c’est à un Cyrus que Dieu demande de corriger son peuple! Alors il faut plutôt se montrer habile en discernement lorsque la culture est aussi consensuelle que ce que nous observons chez nous… Il y a dans l’égalité des rapports hommes-femmes une vraie question posée à l’Église, de même que dans le regard que nous posons sur les personnes homosexuelles. Rien n’est si clair. Tout est en nuances. Je vous invite donc à poser un regard neuf et à découvrir, comme je tente de le faire, les prémisses du règne de Dieu au sein d’une culture devenue laïque… C’est surprenant tout ce qu’on peut y déceler de parfums d’Évangile!
              Enfin, pour les eucharisties anglicanes, je regrette de devoir vous contredire, mais il y a longtemps que cette question des différences théologiques à propos de l’eucharistie ont été nivelées, notamment du temps du père Tillard qui a largement contribué à ce que les formulations dogmatiques soient recevables des deux côtés. La transsubstantiation y est bien présente. Ce que vous décrivez touche davantage les communautés protestantes classiques…
              Voilà, je vous souhaite simplement d’oser entrer dans le processus de la nouvelle évangélisation tel qu’il est annoncé, c’est-à-dire comme une conversion qui concerne l’Église elle-même et l’ensemble des baptisés. Je tente de marcher dans cette conversion attendue de la part du Christ. Faisons donc sur ce chemin quelques pas ensemble!

          • Fin 1995, le Pape a fait promulguer une Note de la Congrégation de la Doctrine de la Foi affirmant que les fidèles sont tenus de donner leur assentiment définitif,  » ce qui veut dire irrévocable, à une doctrine proposée infailliblement par l’Eglise « , à ce fait que les femmes ne peuvent pas, n’ont jamais pu, et ne pourront jamais recevoir le Sacrement du Sacerdoce.

            A cela, on peut tout simplement donner l’explication que Jésus, Prêtre Eternel, n’est pas une femme. On peut expliquer aussi que c’est une question de Tradition, que ça ne s’est jamais fait. Mais si le Pape a engagé son Infaillibilité, c’est que l’explication touche les fondements mêmes de la Foi, c’est-à-dire notre vision même de Dieu, de la Très Sainte Trinité, du Christ, et des Sacrements :

            C’est une question de Sacrement. Tous les Sacrements reproduisent la Présence personnelle et efficace de Jésus, qui est à la fois le Bon Dieu Lui-même et à la fois pleinement Homme comme nous.

            C’est à cause de cela que Jésus, et les Apôtres après Lui, a institué les Sacrements, en précisant pour chacun sa  » matière  » – qui sera pour chaque Sacrement l’icône, le signe de Sa Présence humaine – et sa  » forme  » – qui sera pour chaque Sacrement le signe de Sa Présence divine.
            C’est pour cela, par exemple, que même si c’est en Chine, un prêtre se disait :  » je vais dire la Messe avec du riz « , même s’il obtenait toutes les permissions du monde, sa Messe ne serait plus valide, elle ne serait plus sacramentelle. Pourquoi ? Parce qu’il n’a pas respecté exactement la matière de l’Eucharistie, établie par le Christ Lui-même et par Ses Apôtres.

            Et voilà l’explication : une femme ne peut pas être le sujet de la matière du Sacrement qui consacre des prêtres selon l’ordre de Melchisédek :

            Le Christ est le Prêtre qui se cache sous le voile du Sacerdoce Catholique. Mais s’Il est Prêtre, c’est parce qu’il est la Médiation unique qui introduit les hommes en Dieu et
            qui donne Dieu aux hommes.

            C’est donc l’aspect humain du Christ qui est prêtre
            C’est en tant qu’homme,
            et non en tant qu’Il est Dieu Lui-même,
            qu’Il est Prêtre

            Or, il est clair que c’est dans une chair masculine qu’Il S’est incarné.
            Un sujet féminin est donc de soi inapte à signifier la matière du Sacrement.

            C’est une question de forme. Pour ce qui est de la signification divine du Sacrement il y a également une contradiction qui apparaît :

            Le Sacrement exprime la Paternité divine sacramentellement présente (et c’est pour cela qu’on dit  » Père  » à un prêtre).

            Or, le Père, 1ère Personne de la Très Sainte Trinité, joue le rôle de l’Epoux, le rôle masculin… La 2ème Personne, le Fils, le Verbe, joue le rôle de l’Epouse (voir les discours de Jean-Paul II sur le commentaire de la Genèse, 1979-1980-1981). De sorte que le Christ, dans le Mystère de l’Incarnation, réalise un véritable mariage entre Dieu et l’homme, et Le voilà Epouse du côté de Sa Divinité
            et Epoux du côté de son humanité
            Son humanité de prêtre est le Signe de Son Père.
            Tout cela ne serait plus présent dans une prêtresse, ce qui est facile à comprendre.

            C’est une question de fond.

            Troisième aspect important, qui est celui de la Révélation. Dans la Bible, le Prêtre, c’est le  » Nouvel Adam « . Toute la Révélation biblique est construite à partir de la création de l’homme et de la femme. Sous cet angle également, la responsabilité de la fécondité au niveau sacerdotal s’attribue au Nouvel Adam. C’est encore sous l’aspect masculin qu’est révélée la Médiation sacerdotale.

            Autre évidence biblique du Sacerdoce dans la Révélation : l’aspect victimal de l’Agneau de Dieu, Celui qui est égorgé et qui fait sortir Son Epouse de Lui-même par le côté, par la plaie du Coeur. C’est également, depuis le sacrifice d’Abraham jusqu’à l’Apocalypse, l’aspect masculin qui domine dans la dimension victimale :

            La femme n’est jamais immolée, dans la Bible…

            Et si l’on reprend le schéma de l’acte chirurgical de la Genèse au chapitre 2, on voit que c’est encore l’aspect masculin qui apparaît.

            C’est une question de signe et donc d’efficacité. Tout Sacrement est  » un signe efficace  » : il tire son efficacité à la fois de la Toute Puissance de Dieu et de la définition du  » signe « .

            Et nous avons vu les trois aspects du  » Signe  » dans le Sacrement du Sacerdoce :
            – il doit représenter le médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus Messie et Fils de l’Homme
            – il doit signifier la Paternité de Dieu, pour être source de vie divine
            – il doit correspondre à ce que révèle la Bible, que le prêtre est en même temps la victime

            … et ces trois aspects sont révélés dans la Bible… (et dans notre bon sens religieux naturel) comme appartenant à la masculinité.

            Cela fait donc partie essentielle du Sacrement que la matière soit reçue dans un sujet masculin, de sorte que si le Pape lui-même, par aventure, venait avec le Collège apostolique tout entier se réunir pour imposer les mains sur une femme, fût-ce la Vierge Marie, elle ne recevra pas le Sacrement de l’Ordre.

            Voilà pourquoi les femmes ordonnées en Angleterre ont beau imiter tous les gestes et paroles consécratoires, aucune  » Transsubstantiation « , aucune Messe, n’en pourra sortir :

            Le pain et le vin resteront pain et vin… . Les fidèles pourront imaginer tout ce qu’ils veulent, mais ce ne sera pas le Corps et le Précieux Sang de notre Dieu et Maître.

            Ceci étant dit, n’ayez aucune inquiétude : cela n’arrivera jamais, à aucun Pape, parce que le Christ a donné au Successeur de Pierre une promesse d’infaillibilité pour que soient toujours respectés les Sacrements d’une manière conforme à ce qui est institué par Dieu et tels qu’ils sont révélés dans l’Ecriture… Voilà déjà une chose que nous constatons ne pas exister chez la Reine d’Angleterre…

            C’est une question de fécondité. L’Eglise anglicanne risque bien de se saborder en proposant des femmes à la prêtrise… et ce serait normal parce qu’en faisant cela, ils pourraient bien perdre le reste de grâce sacramentelle qu’ils avaient encore…

            Les pasteurs protestants masculins n’ont pas, eux non plus, le Pouvoir de transubstantier, et il est vrai que sur le plan de la Grâce, il n’y a pas une grande différence entre un pasteur masculin et un pasteur féminin : ils reçoivent tous deux la même grâce qui n’est pas attachée au Sacrement mais sera proportionnée à leur Foi. Leur  » Cène  » est un mémorial et, pour eux, ce pain et ce vin bénis  » en Mémoire du Seigneur  » portent mystiquement la réalité du Christ comme Pain de Vie en proportion de leur ferveur spirituelle, mais jamais quant à la substance.

            Ce que les chrétiens doivent donc comprendre, c’est que ce qui est visé ici plus directement sous cette tentation (qui consiste à proposer le sujet féminin à la consécration formelle du Sacerdoce du Fils de l’Homme), ce n’est pas tant le Mystère même de ce Sacerdoce que celui de sa fécondité principale.

            Voilà ce que le Mauvais cherche à détruire dans la pensée des croyants et dans la réalité de leur vie divine : l’aspect substantiel de la transformation eucharistique ! ! !

            Nous verrons que c’est la même cible qui est visée dans l’attaque constante que font les média et les mauvaises langues contre le célibat des Prêtres.

            • Vraiment pénible à lire, ce brainwashing.

              Finalement, tout ce que je comprends, c’est que les prêtres ont trouvé et vont continuer à trouver mille raisons pour ne PAS admettre la femme au sein de leur sacro-sainte Église.

              Machisme, conservatisme, et vouloir absolument garder le Pouvoir avec un grand P au masculin.

              C’est tout ce que ça me dit.

            • Cher Jojo, je vois bien que vous me recopier des pages de cette apologie du sexe masculin des prêtres, mais j’ai le regret de vous dire qu’elle n’est pas convaincante pour autant. Ce n’est pas la force avec laquelle on appuie sur les mots qui les fait entrer en vérité dans les esprits, c’est avec la raison et le travail de l’Esprit. Or, le raisonnement que vous apportez échappe à la raison « contemporaine », car l’expérience actuelle témoigne autrement de la dignité fondamentale des humains, hommes et femmes… Ce n’est pas une question de pouvoir, ni sur les êtres, ni sur la matière sacramentelle, c’est plutôt une question ontologique… Soit les hommes et les femmes sont les mêmes sous le regard de Dieu, soit ils sont ontologiquement différents. Or, « Dieu a fait l’Homme à son image, homme et femme il les fit »…. L’image de Dieu inclut la complémentarité des sexes et non pas l’exclusivité masculine…

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