Est-il possible de diviser davantage?

Je ne voulais plus écrire sur ce sujet. Le thème de mon blogue concerne les liens entre la culture (au sens très large, incluant des sujets de société) et la foi (dans ses déclinaisons diverses). Il se trouve cependant que la culture actuelle est embourbée par une situation qui ne trouve pas d’issue et que la foi, là aussi au sens très large, s’en trouve bien malmenée…

Diviser pour régner

La démission de la ministre de l’Éducation, Mme Beauchamp, m’est apparue hier comme la chose qui devait arriver pour que des opportunités surgissent en vue d’une résolution à la crise sociale actuelle. La nomination de Mme Courchesne me paraissait jusqu’à ce matin plutôt de bon aloi, à l’exception du discours visiblement énervé hier midi du premier ministre en conférence de presse pour annoncer la démission de sa porteuse de ballon. Mais ce matin, avec la réalité des injonctions qui imposent aux directions des collèges et à leurs profs que les portes de leur institution soient ouvertes et que les cours soient donnés aux minorités d’étudiants qui s’opposent aux positions démocratiquement établies par leur assemblée étudiante; avec les escouades anti-émeutes qui poursuivent les manifestants à Montréal, je ne vois aucun signe de détente ni d’espoir pour la rencontre prévue ce soir avec la nouvelle ministre.

Ce matin, au Cégep Lionel-Groulx, la Sûreté du Québec est venue, comme à Victoriaville le 4 mai, faire place nette. Des parents s’étaient joints aux profs pour se mettre en première ligne devant les policiers, scandant « ne touchez pas à nos enfants »! Comme parent, je ne pouvais m’empêcher d’être solidaire de mes pairs qui risquaient de subir quelques coups de matraque et les effets des gaz irritants, tout ça pour appuyer leurs jeunes qui cherchaient à faire respecter le vote de grève. Tous ont appelé pacifiquement à la levée des cours. Mais ni la direction, ni le gouvernement n’a flanché. La police a fait son travail. Heureusement, pas de casseurs cette fois-ci, ce qui a permis une dispersion relativement efficace de la foule. Comment 53 étudiants pouvaient-ils ensuite entrer dans leur collège et aller s’asseoir tranquillement dans leur classe pour y recevoir leur cours, sans qu’ils aient un peu sur la conscience l’impact de leur procédure en injonction? Je ne sais pas.

Chose certaine, il semble bien que Jean Charest a laissé partir sa ministre parce qu’elle était sur le point de craquer par rapport à la ligne dure de son gouvernement. Après l’annonce de sa démission, je croyais que c’était plutôt un signe d’ouverture, mais je me suis encore bêtement trompé. Je me trompe souvent sur les intentions de ce gouvernement, car à chaque fois, j’espère que la raison finira par revenir à la surface!

Le vrai problème est le suivant: 14 semaines de grèves touchant près de 180 000 étudiants et même plus lors du sommet de mars constitue une situation jamais vue auparavant. Toutes les grèves étudiantes qui se sont déroulées dans le passé ont vu les gouvernements concernés accepter de reprendre le dialogue et considérer des compromis, quand ce ne fut pas carrément de reculer sur le principe même des hausses annoncées. Chaque fois, ça ne dépassait pas quelques jours ou quelques semaines. Jamais 93 jours comme en 2012!

Il y a tant de mensonges et de demi-vérités dans tout ce dont nous sommes témoins qu’il faudra bien du temps pour en dépecer toutes les pièces. J’imagine bien un « Tout le monde en parlait » dans 20 ans (note aux journalistes, gardez vos documents pour cette future enquête!).

Un (ultime) appel

Mme la ministre Courchesne, n’est-il pas venu le temps d’en finir? N’écoutez pas les durs qui veulent en finir par plus de violence! N’écoutez pas les gens qui ne voient dans notre jeunesse militante que des vauriens masqués nombrilistes! Écoutez votre raison et un peu votre coeur. Vous avez participé à une ronde importante de négociations qui avait tout l’air d’être une voie vers un compromis acceptable, en l’état actuel. Annoncez dès ce soir un moratoire jusqu’aux prochaines élections et présentez honnêtement à la population — ce que votre parti n’a pas fait en 2008 — votre projet de hausse et défendez-le au cours d’un combat légitime dont l’issue sera tranchée par les électeurs!

Nous sommes des centaines de milliers à espérer que tout ceci se termine depuis bien trop longtemps. Cela a assez duré. Mais la conclusion peut encore être pacifiante. Il n’en tient qu’à vous, Mme Courchesne, et sans doute un peu beaucoup à votre premier ministre qui a décidé visiblement qu’il jouait toutes ses cartes en vue du prochain scrutin sur le dos des étudiants.

Un carré blanc pour votre rencontre serait de bon augure. N’hésitez pas à l’adopter, vous aussi, pour  être à la hauteur de votre responsabilité.

Mise à jour du 18 mai: À ma propre question en intitulé de ce billet, je dois encore répondre « oui » ! La loi spéciale est sur le point d’être adoptée. Les Québécois seront plus divisés que jamais. Il suffit de changer de chaîne d’informations, télé ou radio, pour entendre des choses complètement extrêmes. Bravo, M. le premier ministre !

____

En complément, ce matin du 16 mai, l’excellent texte de Rima Elkouri.

16 réflexions sur “Est-il possible de diviser davantage?

  1. Jocelyn,
    Je ne suis pas d’accord avec ton raisonnement. 150 000 étudiants sur 475 000 ne constitue pas la majorité des étudiants en boycot. Les altercations se font dans la région de Montréal mais pas à l’ensemble de la province. Mme Couchesne est bien placée pour intervenir. Les représentants des regroupements étudiants semblaient satisfaits de la rencontre avec celle-ci ce soir. Je la crois insère quand elle dit qu’elle ne veut pas annuler la session et que son désir est que les étudiants finissants du cégep puissent accéder à L’Université à l’automne.

    • Le rejet de l’entente de principe par plus de 80% des étudiants (le chiffre est à confirmer) est un indice que ce ne sont pas seulement les étudiants en grève qui sont contre la hausse… Les injonctions sont toujours le fait d’individus ou de petits groupes. La loi reconnaît aux associations étudiantes non seulement le droit d’exister, mais l’exclusivité de la représentation des étudiants dans les collèges et les universités. Il faut partir de ce principe pour ensuite se positionner sur le droit de manifester et de faire reconnaître leur grève par l’ensemble des étudiants membres de la même association.
      Effectivement, ce soir, les nouvelles semblent positives. Attendons quand même de voir la réponse du conseil des ministres. Je ne fais plus de pari de confiance…

  2. Diane dit :

    Et moi je ne fais plus de pari de confiance sur les leaders étudiants.

    Surtout Gabriel Nadeau-Dubois, il est CARRÉMENT dangereux.

    Jocelyn, peut-être en effet n’auriez vous pas dû écrire encore sur le conflit étudiant, car votre jupon rouge dépasse….;)

    Bon trêve de plaisanterie, bien sûr vous avez droit à votre opinion et à l’exprimer.
    Je respecte les opinions des autres, c’est quelque chose qu’on m’a appris jeune.

    Cependant, je n’aime pas voir des gens qui croient qu’ils sont au-dessus des lois.
    Le principe d’être en grève, boycott, (appelez-le ce que vous voudrez) et mécontent d’un gouvernement ne donne en aucun cas l’autorisation à un individu d’enfreindre les lois. De plus, les lois issues du Code Civil du Québec ont autorité sur toutes les autres. Cette démocratie que vous défendez est certes louable et parfaitement valable mais elle n’est pas au-dessus des lois. Si votre association vote à majorité pour tuer quelqu’un, cette décision n’est pas plus valide puisqu’une loi (canadienne mais ça ne change rien) empêche ce geste.

    Dans un autre fil de pensée, ca existe l’outrage a la démocratie: c’est quand y’a des elections et que vous n’y allez pas, (les jeunes sont tristement la partie de la population qui va le MOINS voter!) puis qu’apres vous virez la ville a l’envers parce que vous n’aimez pas le gouvernement qui a été élu, parce que vous n’avez pas fait votre devoir de citoyen d’aller voter pour que les choses changent. Ca, c’est important!

    Maintenant, je me croise les doigts pour que les discussions d’aujourd’hui portent fruit et sauvent la sessions des étudiants.

    Mais pour cela, il faudrait qu’ils mettent de l’eau dans leur vin ou le gouvernement n’aura pas le choix d’adopter une ligne dure….et cela, PERSONNE ne le souhaite.

    • C’est vrai que nous divergeons complètement d’opinions sur ce sujet chaud, Diane. Restons quand même en dialogue respectueux, comme nous le faisons depuis que vous fréquentez mon blogue!

      C’est curieux comme à l’heure actuelle personne de ceux qui se montrent défavorables aux manifestations ne voient pas les réels compromis qui ont été faits par les « leaders étudiants » à l’occasion de cette fameuse entente de principe sabotée dès qu’elle fut signée, non pas par les leaders étudiants, mais par la ministre elle-même et davantage par le premier ministre. Il me semble que les gens ne s’informent pas sur ce qui provient des deux côtés des barricades! Cette entente a été signée par le représentant de la CLASSE comme tous les autres. À la sortie, Gabriel Nadeau-Dubois ne l’a pas démolie comme l’ont fait la ministre et le premier ministre. Vous semblez comme bien d’autres concentrer votre jugement sur la valeur d’un seul « porte-parole » (je rappelle qu’il n’est pas président ni chef, mais uniquement porte-parole) alors qu’il y a bien d’autres positions dans ce débat. Détester jusqu’à le démoniser un jeune homme pour le rôle qu’il occupe dans ce conflit ne fera rien pour calmer le jeu.

      Je rappelle que nous sommes d’accord, Diane, sur le fait que toute violence dans ce conflit est condamnable. Une manifestation pacifique n’est pas de la violence. Hier, à Ste-Thérèse, la violence est apparue avec la décision de faire intervenir la SQ pour repousser les manifestants. Il n’y avait aucune violence jusque là. À chaque occasion de faire intervenir la police anti-émeute, le gouvernement dit clairement qu’il ne s’agit pas d’une manifestation, mais d’une émeute! Pour défendre vos enfants qui se seraient retrouvés là, à manifester, ne seriez-vous pas, vous aussi, aller jusqu’à participer à une telle manifestation? C’est tout à l’honneur de ces parents qui l’ont fait en solidarité avec leurs propres enfants. Ils ont exprimé ainsi à vous, à moi et à tous les autres qu’ils refusent de vivre dans une société où la matraque a le dernier mot pour mater leurs enfants. Dans une démocratie chèrement acquise comme la nôtre, c’est toujours et toujours le dialogue, le débat d’idées et les compromis ultimes qui doivent être visés, car la matraque n’est et ne sera jamais que la répression du plus fort et l’échec d’une société qui se veut humaine et rassembleuse.

      Et là, ce matin, l’ombre d’une loi spéciale est dans l’air, Diane, symbole de l’échec le plus retentissant de ce gouvernement à gérer proprement cette crise. Attendez-vous à ce que des bien pires que G. Nadeau-Dubois se lèvent, masqués, pour provoquer la violence que la répression ne manquera de stimuler. C’est vraiment ce que nous voulons, encore plus de violence? Pas moi, d’où mon carré blanc.

  3. Diane dit :

    Bonjour Jocelyn.

    Je ne crois pas avoir fait preuve d’irrespect? Cependant si c’est comme ça que vous l’avez perçu, je m’en excuse, je TIENS à ce que nos échanges restent civils.

    J’ai vu bien pire comme rebuffades et répliques irrespectueuses à votre égard ici.

    Bien que je déteste J.-François Lisée que je trouve trop « pelleteux de nuages », je vais me faire un devoir de le lire plus tard et de revenir commenter.

    En attendant, puisque vous aimez citer des articles, en voici un intéressant à lire, amenant mon propre point de vue:

    Pour ce qui est des « leaders », si on veut insister sur leur titre de « porte-parole » plus tôt, alors c’est pire que ce que je pensais.

    Donc la réponse de tous les étudiants rouges seraient de défier les lois et de ne faire AUCUN compromis, ce que je trouve désespérant.

    Par contre, j’ai une question?

    Que pensez-vous de l’attitude des profs qui arborent le carré rouge et manifestent « fièrement » aux côtés des étudiants rebelles?

    Je ne sais pas, mais l’éthique ne commandent-ils pas qu’ils restent neutres étant donné qu’ils sont pas mal entre l’arbre et l’écorce présentement et qu’ils devront plus tard enseigner tout autant aux rouges qu’aux verts?

    Bien sûr comme tout citoyen ils ont le droit à leurs opinions mais dans le cadre de leur travail, ils devraient s’abstenir d’appuyer les étudiants qui veulent défier la loi, ça envoit un message de « toute puissance » à ces derniers qui ne voient rien de grave dans le défi d’injonctions, qui je vous rappelle, viennent de la cour supérieure et ont même préséance sur toutes règles syndicales ou politiques, que vous soyez d’accord ou non.

    En leur âme et conscience, je n’aimerais pas être dans la peau de ces professeurs si plus tard il y a mort d’homme.

    On peut en beurrer épais sur le dos du gouvernement, et NON je ne suis pas d’accord avec une loi spéciale sur le retour en classe qui ne ferait que verser de l’huile sur le feu.

    Par contre, si un étudiant se lève un matin et défit une loi et est arrêté, il faut qu’il « deale » avec les conséquences de sa décision.

    • Bien sûr que non, vous ne m’avez pas manqué de respect. Désolé si ma formule était ambivalente, c’était plutôt pour nous encourager mutuellement à demeurer dans cet état d’esprit (peut-être un rappel à moi-même! 😉 ).

      Vous savez comme moi qu’un parti politique joue toujours son avenir sur chaque décision importante qu’il prend. Vous constatez comme moi que les sondages témoignent d’un renouvellement de confiance à l’endroit de M. Charest parce que, jusqu’à maintenant, les actes de violence parlent plus fort que tout le reste et qu’ils suscitent de l’insécurité. Si ça vous intéresse, je vous mettrai un lien vers un auteur qui montre bien que plus les gens sont âgés, plus l’appui à la ligne dure augmente. Soit les plus âgés sont plus sages, soit ils sont plus inquiets. Je donne davantage de poids à la seconde interprétation. Si c’est juste, alors le fait de maintenir et de faire durer la crise comme le gouvernement le fait ne peut que contribuer à lui attirer plus de sympathie de la part des générations montantes. C’est un simple calcul.

      J’avais lu l’article de soeur M-P Ross. Elle a droit à son opinion. Personnellement, je ne la juge pas plus crédible que d’autres. La thèse de l’enfant-roi est une piste improbable. Si c’est le cas, les enfants-rois me paraissent davantage être du côté des demandeurs d’injonctions plutôt que de ceux qui respectent la voix démocratique de leur association étudiante (ils ne manifestent pas tous dans les rues). De plus, en 1995 et en 2005, ce n’était pas la génération enfants-rois et c’est pourtant les gouvernements de l’époque qui ont reculé avant un mois de grève!

      Tous les observateurs même ceux qui sont favorables à la hausse admettent que de laisser régler cette situation par les injonctions est une manière inacceptable. Oui, bien sûr, une injonction a valeur de loi. Mais ajouter injonctions après injonctions quand on sait par avance qu’elles seront défiées et pratiquement impossibles à appliquer ne fait aucun sens. Demandez plutôt au gouvernement de changer de stratégie, c’est la seule façon correcte d’en venir à une solution convenable. Cela ne veut pas dire reculer sur le principe des hausses, comme il l’a évité avec l’entente de principe sabotée. Il faut que ça cesse. C’est à cela qu’il faut appeler.

      Personnellement, j’ai écrit au ministre de notre région de réfléchir avant de choisir la loi spéciale. C’est un aveu d’échec lamentable (et une stratégie bassement électoraliste) si le gouvernement choisit cette voie.

  4. Diane dit :

    Merci Jocelyn, il y a matière à réflexion dans votre réponse mais pour ce qui est de devenir âgé et d’adopter la ligne dire, je dirais que c’est de la sagesse ET de l’inquiétude. Je vais donc lire et commenter plus tard.

    Par contre, vous n’avez pas répondu à ma question sur l’implication de certains profs dans ce conflit, ce qui les met en conflit d’intérêt?

    Je vais me garder une p’tite gêne de penser que vous évitez de le faire et me dire plutôt que vous y réfléchissez et aller y répondre plus tard.

    Bonne journée!

    • Oui, les profs… C’est plus compliqué, disons. Il y a l’éthique professionnelle. Sur cette ligne, il est clairement préférable que les profs se tiennent à distance. Je vous suis là-dessus.
      Mais il y a un mais et ce mais commence il y a déjà plus d’un an, quand, à la suite des fameuses consultations sur le rehaussement du financement des universités, il fut démontré que les décisions avaient déjà été prises et que la « consultation » n’était que de la frime. Au sortir de cette mise en scène, les frais de scolarité sont devenus des « droits » à payer (plutôt que contributions qui aurait été plus sympathique) et c’est là qu’on a commencé à parler de la juste part. Les profs savent plus que vous et moi qu’il y a des choses aberrantes dans la gestion des universités. Ils vivent quotidiennement la dérive qui pousse les universités à devenir des entreprises de formation au service des multinationales de ce monde et à financer leurs recherches pour qu’elles soient rentables pour leurs « mécènes »! Ils connaissent leurs étudiants pour les fréquenter au quotidien et ils savent reconnaître lorsqu’ils se font berner. Les profs contre la hausse ont commencé à se « manifester » à partir du moment où le ton s’est durci et lorsque la désinformation jouait contre le mouvement. Jusqu’au 25 mars, cela demeurait discret. Mais les événements des deux derniers mois ont tellement cristallisé la politique de division, notamment par la stigmatisation des leaders étudiants, que les profs en sont venus, eux aussi, à se positionner de manière plus radicale, non pas en faveur des « rebelles » comme vous les appelez, mais de ces groupes de citoyens qui ont des droits collectifs à manifester leur opposition à des politiques gouvernementales. Je vous le redit, les associations étudiantes sont régies par une loi (http://www.ageefep.qc.ca/docs/reflex/mouvementQuebecois.pdf). Les associations étudiantes prennent des votes en assemblées générales selon les termes de cette loi. Ils prennent des décisions à majorité que tous doivent respecter. C’est dans la loi, ça aussi, Diane! Les injonctions viennent imposer des actions judiciaires contre des associations qui ont pris des décisions démocratiques. Être un prof, je pense que je soutiendrais les étudiants qui sont ainsi brimés dans leur droit d’association et de manifester pacifiquement…

  5. Marie-Claude dit :

    Une loi, si elle est injuste et tyrannique, peut être contestée. Un groupe d’avocats s’affairent présentement à préparer une contestation de la Loi 78 devant les tribunaux. Sans manifestation, sans violence, sans bombes.

    On peut les appuyer en signant le formulaire que voici:

    http://www.loi78.com/

  6. Diane dit :

    Le billet de Mr. Lisée tend à montrer que les étudiants ont été lésés.

    Pourtant, il ne parle pas du tout des chefs syndicalistes qui étaient présents pour les conseiller.

    Même qu’en sortant, Louis Roy de la CSN a dit que le texte signé reflétait les discussions pendant la longue réunion.

    Bon, on voit les représentants qui avaient tous l’air soulagé et étaient souriants, sauf GND qui semblait moins confiant.

    Puis Mme Beauchamps qui affirme qu’il n’y a pas eu d’ouverture de la part des étudiants.

    On se demande qui ment, ou bien si leur perception sont tellement diamétralement opposé qu’il serait presque impossible qu’ils en viennent à une entente?

    Même chose lorsque Mme Courchesne a rencontré les représentants étudiants.

    J’ai eu le même feeling*, une rencontre très courte pour une discussion* comme avait avisé Mme Courchesne, NON une négociation. À la sortie encore une fois, les étudiants ont l’air satisfaits et disent qu’ils en viendront bientôt à dénouer le conflit, mais Mme la ministre a l’air mécontente et désillusionnée par la fermeture des édudiants.

    Cela me laisse perplexe et me fait dire que la vérité on ne la connaîtra jamais, à moins d’être une petite mouche voletant dans le bureau de cette rencontre et transportant une caméra et un micro 😉

    J’ai laissé passer quelques jours, car comme tout le monde j’ai été plutôt assommée par les dernières nouvelles, les remous en chambre pendant la lecture de la loi 78 et finalement l’adoption de celle-ci.

    Est-ce que je trouve cette loi correcte? En quelques points non, car elle me semble abusive des droits et libertés.
    Et puis elle va mettre de l’huile sur le feu.

    J’écoute depuis quelques jours les pour et les contre, je réfléchis et je suis désolée qu’on en soit arrivé là, je ne comprend pas où les choses ont dévié?

    Premièrement, le gouvernement a attendu bien trop longtemps avant d’agir, considérant les étudiants avec un non-sérieux déplorable et comme s’ils étaient des sous-citoyens.

    Je gage qu’ils ont été les premiers surpris à voir qu’ils étaient tenaces.

    Deuxièmement, une fois que ce constat est fait, un gouvernement (peu importe le parti au pouvoir!) ne peut laisser la situation dégénérer et que quelques-uns défient des injections, mettent des étudiants, des parents, des professeurs et des direction de collège tout à l’envers, empêchent enfin les étudiants verts de recevoir un service pour lequel ils ont payé.

    C’est bien sûr que cela ne fait pas un climat sain pour enseigner, et je pense que quelque chose devait être fait.

    J’avais très peur qu’il n’y ait un retour forcé à l’école et ç’aurait été un vrai non sens, puisque je ne crois pas qu’il aurait été possible de faire respecter cela.

    Par contre, fermer les cours dans les institutions impliquées me semble une bonne idée car il sera difficile aux casseurs de venir manifester et intimider si les cours ne se donnent plus et que les écoles sont….fermées.

    En août, il y a aura moyen grâce au direction et recteurs qui ont réaménagé le calendrier scolaire de reprendre, et ce POUR CEUX qui le veulent, les autres ne sont pas obligés d’assister à leurs cours s’ils veulent encore manifester, cela va de soit, c’est leur droit.

    Pendant ce temps passe la loi anti-masque et moi je suis soulagée car enfin, les policiers pourront faire leur travail et identifier les fameux casseurs.

    Donner son parcours, je ne crois pas que ce soit une atteinte aux droits et libertés, c’est pour aider encore une fois les forces de l’ordre à mieux sécuriser le périmètre et donner la chance à la population de ne pas être prise là-dedans.
    Pour les masques, cagoules, etc. ? Si on manifeste avec fierté pour quelque chose, pourquoi se cacher? C’est de la lâcheté de faire autrement, ou bien la personne a quelque chose à cacher, de mauvaises intentions.
    Et puis comme les rouges se sont évertués depuis le début du conflit à nous dire que c’était des cas isolés et des casseurs qui les infiltraient, ce que je vois est que cette loi anti-masques va les aider à se débarrasser des fauteurs de troubles, donnant ainsi la chance aux policiers d’arrêter ces trouble-fête. Ça ne peut que jouer pour la bonne marche de la manifestation, je crois.

    C’est évident qu’il aurait été mieux pourtant de ne PAS en arriver à cette loi, mais je pense que Mr. Charest n’avait plus le choix.

    La liberté des uns s’arrêtent où commence celle des autres. Les gens ont droit de vivre, travailler, circuler dans la paix.
    Les manifestations ne seront pas impossibles ou interdites, seulement balisées.

    Et si les étudiants avaient manifesté dans la paix (ils l’ont fait au début), se seraient distancés de ces casseurs, dénonçant leurs méfaits, si le représentant de la CLASSE avait fait la même chose que Martine et Léo en dénonçant tout de suite la violence physique ET sur les biens des autres, alors je crois que le gouvernement n’aurait eu AUCUNE ARME pour se défendre et la majorité du peuple appuierait les étudiants.

    Quel gâchis!

    J’espère que d’ici peu tout ce beau monde recouvrera leurs esprits et qu’ils pourront parler calmement et en venir à une entente.

    Le gouvernement doit donner l’exemple, mais les représentants des associations étudiantes doivent savoir ce que le mot « négociation » veut dire.

    Ça ne veut pas dire « Tu fais ce que je demande et moi je ne donne rien ».

    Le gouvernement ne cédera pas sur la hausse des frais scolaires.

    J’aurais une suggestion pour les jeunes?

    Retournez aux études, faites des cours en politique, économie si vous aimez cela, partez votre parti politique et présentez-nous un programme intéressant qui serait un peu comme le centre, et non de la gauche ou de la droite.
    Faites du lobbying auprès des organismes, des jeunes, des gens âgés, des industries et commerces, etc.

    Ça a marché le lobbying pour la cigarette. On vit de plus en plus dans un monde sans fumée, ce qui n’était pas le cas il n’y a même pas 20 ans.

    Oui, ça prend plus de temps que de manifester, mais c’est plus constructif.

    Encore une fois pour la loi, même si elle met fait grincer des dents, c’est comme la décision d’un médecin qui vous annonce qu’il doit envisager de vous opérer pour sauver votre santé, voire votre vie. Personne ne souhaite passer sur la table d’opération, mais parfois cela vaut le coup pour survivre et jouir à nouveau de la vie!

    • Marie-Claude dit :

      Ce qui se passe, c’est qu’il sera très difficile de faire respecter cette loi.

      On ne peut prévoir à quelle heure une manifestation se terminera.
      Il est à peu près impossible, dans une manifestation de plusieurs milliers de personnes (ou même plusieurs centaines), de contrôler tout le monde pour que personne ne porte de masques ou ne dévie de l’itinéraire.

      Alors ça revient à dire qu’il est interdit de manifester, puisque chaque manifestation est à risque d’être sanctionnée. Et c’est plutôt inacceptable…

  7. Diane dit :

    Marie-Claude, c’est sûr que ce ne sera pas facile de tout encadrer. Je me demande comment ils vont faire?
    La durée de la manif c’est pas tellement ça mais c’est plutôt de donner son trajet, car s’ils refusent de le donner, alors bien sûr elle sera déclarée illégale. Donc, tant qu’à réunir tout ce monde et pour assurer la sécurité, je pense qu’ils doivent donner le trajet.

    Pour les masques oh évidemment que ça sera pas facile.

    Je lisais que la police peut demander à quelqu’un d’enlever le masque ou la cagoule. Si la personne obéit, il ne devrait pas avoir de problème. Si elle refuse, eh bien elle sait la conséquence.

    On va voir comment les choses vont se dérouler.

    Entretemps, je me croire les doigts pour que les deux partis recommencent le dialogue et que cette loi devienne inutile!

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