Dieu censuré, l’espace public délavé

Un titre de roman qu'il faudra modifier?

Autrefois, on censurait au nom de Dieu. Mal lui en prit, car maintenant c’est Dieu lui-même qui subit la censure! En effet, ces jours-ci, à Sorel-Tracy, on censure Dieu à l’école tout comme autrefois on y censurait le sexe. Un prof de musique a beaucoup fait parler de lui en supprimant la dernière phrase de l’Hymne à l’amour d’Édith Piaf dans le cadre d’un concert qui sera donné par des jeunes de son école.  Le professeur de musique « ne voulait pas avoir à répondre à des questions liées à la religion de la part de ses élèves. » (Source)

Stéphane Laporte, qui est en voie de devenir peu à peu le pourfendeur de la bêtise humaine, en particulier lorsque celle-ci s’attaque au patrimoine religieux et à nos coutumes, a écrit sur son blogue : « Le métier de professeur, ce n’est pas de faire disparaître les mots, c’est de leur donner un sens. » Et pour s’assurer que l’enseignant n’aura pas à chercher longtemps, il lui donne en mille la signification de la phrase tronquée : « Ça veut dire que l’amour est plus fort que tout. Et qu’il unit à jamais ceux qui s’aiment pour vrai. » Alors que vient faire Dieu, là-dedans? Qu’on y croit ou non, il est le symbole par excellence de l’amour. Pas si compliqué, finalement…

Le député de Richelieu, Sylvain Simard, a lui aussi réagi vivement en demandant à la commission scolaire de corriger le tir. Il a surtout soulevé la question qui est probablement la plus sensée :

Imaginez un instant l’hécatombe culturelle à laquelle il faudrait se livrer si nous avions l’idée saugrenue d’éliminer toutes les références à la religion dans les romans, les livres d’histoires, la peinture, le cinéma… »

Il y a quelques mois, une autre chanson classique, du groupe Dire Straits, avait fait elle aussi l’objet de censure, cette fois-là pour des raisons de discrimination: « La chanson Money for nothing est jugée homophobe par le Canada, qui interdit la diffusion de la version non modifiée. » (Source) Le Canada (et le Québec), pays de la liberté d’expression, serait-il sur le point de devenir le champion de la réécriture de l’histoire et des textes pour s’assurer qu’ils correspondent à une certaine vision du politiquement correct en matières de droits des minorités et de laïcité?

Nous faudra-t-il tout revisiter, tout réécrire, pour que ce qui a été légué autrefois par nos prédécesseurs soit revu afin de ne pas troubler nos consciences modernes si peu préparées à lire ou à entendre de telles choses? Imaginez tout ce travail négationniste!

« Ils nous enlèvent notre religion »

Cela m’amène à un autre aspect de la réflexion. Dans mes échanges avec les gens, j’entends régulièrement l’expression de la peur que les immigrants apportent avec eux des coutumes et des religions différentes et réclament, une fois en place, que nous rejetions nos traditions et nos références religieuses. Je trouve ça injuste, car il est beaucoup plus fréquent de voir les nouveaux arrivants se réjouir de nos habitudes culturelles, de nos symboles saisonniers, de nos monuments religieux! D’ailleurs, à ce que je sache, ce n’est pas un groupe de juifs qui a demandé le retrait de la prière au conseil municipal de Saguenay; ce n’est pas un groupe de sikhs qui a exigé le retrait des décorations de Noël des bureaux de Service Canada; ce n’est pas plus des musulmans qui ont souhaité le retrait de la crèche de Noël et de la ménorah devant l’Hôtel de Ville de Mont-Royal!

La plupart des décisions de retirer des symboles visibles de notre héritage culturel et religieux sont conséquentes à l’action de personnes bien installées au Québec depuis des générations et qui le font au nom d’une certaine idée de la laïcité. Ils procèdent davantage d’un sentiment anti-religieux que de laïcité véritable. Ceux-là disent que la religion n’a sa place que dans le domaine privé: « C’est mieux vu si ça ne se voit pas! ». D’autres affirment que nous plions mollement et que nous ne savons pas nous tenir debout pour faire respecter ce que nous sommes et ce qui nous représente. Il n’en demeure pas moins que ce n’est généralement pas suite aux initiatives des nouveaux Québécois qu’il nous faut faire le vide de tout ce qui témoigne de notre passé. Au contraire, toute cette censure, tout cet anéantissement de notre culture religieuse est plutôt le fruit d’une minorité athée radicale qui s’en prend à tous les symboles religieux et qui veille à ce qu’ils disparaissent de l’espace public…

Grâce à ces stratégies radicales et parfois agressives, nous en viendrons peu à peu à une situation de facto où plus aucune religion ne pourra s’afficher d’une quelconque manière dans l’espace public. Nous pourrions donc voir arriver un temps où il ne restera plus rien pour rappeler que nous avons été et que nous sommes encore, envers et contre tout, pour au moins 90% d’entre nous, des êtres pour lesquels la dimension de la foi et des croyances religieuses demeure une réalité essentielle à notre identité profonde. Et ainsi, privés d’une part importante de notre identité, nous déambulerons laïcisés, neutralisés, dans un espace public dépouillé de toutes les couleurs de la diversité.

45 réflexions sur “Dieu censuré, l’espace public délavé

  1. Hier, aux nouvelles, il était question d’accommodements raisonnables !?!? Pourtant, à Sorel-Tracy, c’est pas trop bigarré il me semble!

    Le but, d’un coté comme de l’autre, c’est plus de dénoncer les immigrants et/ou de se défendre contre eux.

    Pareil pour le maire de Chicoutimi, il l’a dit clairement!

    J’embarque pas dans ces games d’idiots!

    J’ajoute, cette idée de changer les paroles de la chanson de Piaf est stupide, cela fait l’unanimité. Il ne faudrait pas crier à la « laïcité trop stricte » pour une pareille connerie, ce n’est que l’oeuvre de quelques idiots!

    Je sais de source certaine que les l’histoire des décorations de Noël au bureaux de Service Canada était aussi un non-évènement! Il y a eu interdiction de décorer, mais ce n’était pas pour des raisons d’accommodements raisonnables…mais bon, s’agit qu’un tartuffe offre une entrevue erronée à un journaliste pour que le bal reparte, et une fois parti, on ne peut plus rien faire! C’est assez enfantin!

    C’est comme quand on lit l’enquête dans Bouchard-Taylor sur les 4-5 histoires des accommodements raisonnables qui ont fait crier toute la province, on se rend bien compte que c’était 1000 fois moins important que ce qu’on en a dit!

    Je pense qu’on devient trop alarmementistes et c’est dommage parce que ce sont les immigrants, groupe de gens précaires et fragiles car minoritaires, qui vont en prendre plein la gueule au final.

  2. Serge dit :

    S’il faut retirer de notre folklore toutes les chansons, les écrits, les livres, les romans les articles où le mot Dieu est prononcé c’est incroyable de tout ce que l’on serait privé

    Le fait de retirer un mot de notre vocabulaire enseigne quoi à notre jeunesse. qu’il y a des sujets tabous, des sujets qu’il faut taire l’existence.

    Ne devrait-on pas, au contraire, leur apprendre à vivre au quotidien et avec tous ces mots et ses maux…

    À mon avis un prof n’a pas le droit de modifier une chanson encore moins de bannir un mot de notre langue.

  3. Diane dit :

    Bonjour Jocelyn, TRÈS bon commentaire!

    Il est en effet ridicule de censurer des chansons et ce professeur ainsi que la direction qui l’approuve?
    Ça en devient pathétique vraiment!!

    Devra-t-on changer le nom des rues, des paroisses, qui comportent le mot de Saint?

    Franchement…il s’agit d’un bagage culturel qui est le nôtre et qui a un fond religieux, et d’être aussi radical et rigoureux est vraiment pitoyable.

    Bon exemple du livre « Dieu réunit ceux qui s’aiment » , ça montre bien le ridicule de l’affaire!

    Par contre il y a d’autres domaines où j’approuverais de ne pas donner de caractère religieux, comme pour une assemblée municipale où quelqu’un a demandé le retrait de la prière avant.
    Que ce soit des immigrants, des juifs, athées, peu importe qui l’aient fait, il reste qu’un lieu municipal est une institution publique et gouvernementale et que cela doit rester laique.

    Comme Dieu entend tout 🙂 monsieur le maire et ceux qui le veulent pourraient simplement faire leur prière dans leur coeur s’ils le veulent bien dans leur bureau AVANT la réunion.

    Moi ce qui me fait peur est que si un jour un Sikh, Musulman, Juif, peu importe quelle religion il pratique en vient à faire partie du groupe municipal, voyant les autres faire la prière catholique, il pourrait exiger de faire la sienne aussi en public et ça n’en finirait plus. Je ne vois pas alors ce que monsieur le maire pourrait y dire, vu qu’il aura créé lui-même ce précédent.

    Alors à part cela, je suis entièrement d’accord avec ce que tu as écris! 🙂

  4. Sookie Stackhouse dit :

    Les religieux goutent à leur propre médecine.Ils ont tellement oppressé les gens par le passé.Je ne vais pas pleurer sur leur sort,maintenant.

    La religion c’est personnel.Vivez votre délire,àla maison.Cessez de nous harceler avec vos bêtises et contes de fée….

    Pour la chanson de Dire straits.Pas trop surprenant de voir un religieux homophobe applaudir devant des paroles homophobes.Sauf que Dire straits n’était pas homophobes,dans la chanson,c’est plutôt une caricature de redneck ignorant qui est en scène.

    Redneck ignorant et catho,même combat….

  5. Sookie Stackhouse dit :

    90%???Vraiment???Ça doit être pour ça que les églises sont vides….

    Sérieusement,je vous trouve vraiment présomptueux dans vos évaluation de chrétiens vraiment croyants dans notre société actuelle….

    Beaucoup ont cessé de croire à ces contes de fée abrutissants….

    Je n’ai rien contre des personnes qui aiment délirer et se vautrer dans des idolâtries
    archaïques,mais ce que je ne respecte pas,c’est quand ces personnes,du haut de leur
    piédestal,tentent d’imposer leur jugement de valeur teinté de religion,aux autres…

    Vivez votre maladie délirante dans le confort de votre foyer mais cessez de vouloir le rentrer de force dans nos gorges!!!!!Le temps de la Grande Inquisition est révolu!!!!!

  6. Je n’écrirai rien sur l’histoire de Sorel-Tracy puisque c’est en fait une non histoire qui ne s’est jamais passé comme décrit ci-haut. La pièce ne devait pas être présentée dans le spectacle de fin d’année et le professeur, loin de cacher la réalité de la dernière phrase, a dirigé ses élèves vers des gens qu’il considérait plus compétent que lui pour une telle discussion. (Professeurs d’histoire et éthique religieuse et parents des élèves).

    J’aimerais par contre copier une partie d’un texte écrit il y a presque 3 mois en réponse à une lettre ouverte dans La Presse sur la question de la laïcité. Le texte complet et le lien vers le texte d’opinion original se trouvent ici:

    http://sansdieunimaitre.wordpress.com/2011/12/10/un-moule-de-liberte/

    « (…) La position de l’athée est, je crois que l’on peut en convenir, rationnelle. Dans ses demandes quant à la laïcité, elles peuvent différer d’autres laïcs et d’un athée à l’autre, mais elles se résument souvent comme ceci : « Croyez ce que vous voulez, en autant que ces croyances n’interfèrent pas dans ma vie ». En d’autres termes, que les croyants présentent une thèse et fondent leur doctrine sur cette dernière, soit. Mais ils ne peuvent justifier que cette doctrine puisse avoir le droit de s’incruster dans la vie d’autrui sans permission.

    Rien ne vous empêche donc de porter votre manteau de croyant en tout temps. De fait, votre croyance même l’exige. Mais rien ne vous oblige à la montrer à qui que ce soit. (…)

    Vous parler aussi de la culture, d’héritage et d’histoire. Je comprends l’attachement de certains à ces notions, mais ce ne sont pas en eux-mêmes des raisons de perpétuer quoi que ce soit. Beaucoup de traditions, de par le monde, aussi ancestrales soit-elles, sont néfastes et mériteraient de disparaitre. L’excision par exemple. À l’inverse, beaucoup de gestes nouveaux gagnent à grandir en popularité et à se répandre. Je pense entre autre aux gestes d’aide internationaux lors de grandes catastrophes, impossibles avant le siècle dernier.

    Les préjudices que vous semblez remarquer, c’est en fait un recul de la religion et de la foi dans le monde. Les chiffres sont sans équivoque : avec l’avancé de la science et des moyens de communication, il est normal que beaucoup de gens voient dans les explications théistes du monde qui nous entoure une vision qui a de moins en moins sa place. Les non-croyants sont, en tant que groupe, celui qui grandit le plus rapidement depuis les dix dernières années et le mouvement prend de l’ampleur.

    La laïcité permet donc, non pas un moule restrictif, mais une possibilité pour tous de vivre librement, sans avoir à se heurter aux visions des autres, tout en permettant de vivre librement la sienne. L’athéisme, que je viens de décrire, n’est qu’une voix parmi d’autres qui composent la diversité laïque. La solution inverse, mais juste, serait de laisser les positions athées s’installer sur la place publique en aussi grande proportion. Mais je ne suis pas certain que vous apprécieriez devoir expliquer une banderole ou un panneau publicitaire avec un message athée à vos enfants. L’inverse est aussi vrai. Il s’avère donc, en vérité, que la neutralité est la voie du compromis.

    De cette façon, ne pas voir la crèche devant l’hôtel de ville vous enlève moins que de me forcer à la voir.

    Le reste est affaire personnel. Et comme je le disais plus haut, il vous appartient de sortir ou non avec votre foi, mais de grâce, laissez les places publiques libres de ces signes qui n’appartiennent plus à notre société moderne. »

    • « Croyez ce que vous voulez, en autant que ces croyances n’interfèrent pas dans ma vie ».

      J’ai tenté à maintes reprises d’expliquer que la foi n’est pas comme un manteau qu’on surajoute à un être humain. Elle fait partie intégrante de sa vie. Dans un de mes textes, je résumais votre point de vue ainsi: « C’est mieux vu si ça ne se voit pas » pour parler des expressions de la religion sur la place publique. Or, vous ne pourrez jamais complètement supprimer le besoin, quand ce n’est pas sur appel de leurs responsables, des croyants de rendre visible leur appartenance religieuse. Voici d’ailleurs une interview intéressante pour tenter de comprendre les motifs d’un prêtre catholique à remettre col romain et soutane. Je ne dis pas que je suis d’accord avec ses arguments, mais je tente de comprendre la démarche intérieure de cet homme qui, en cela, n’est pas différent d’un imam, un sikh, peut-être même une femme voilée.

      Quant aux signes « culturels » patrimoniaux qui ont fait vibrer les Québécois depuis la Nouvelle-France, leur retrait complet de tout espace public ne me semble pas un combat que les athées devraient mener au nom de la laïcité… Affichez vos (non) croyances, vous en avez le droit au nom de la liberté d’expression. Laissez les croyants afficher les leurs, au nom de la liberté de conscience et de religion. Ces droits sont égaux, inaliénables et interdépendants.

      Dans le cas contraire, nous ne parviendrons qu’à rendre encore plus grave le phénomène de ghettoisation, comme on le voit poindre dans une petite municipalité comme Hamstead… Plus les croyants pourront vivre et s’exprimer librement, dans le respect intégral des lois, et moins ils auront à s’assembler dans des secteurs pour en faire des communautés séparées et hermétiques.

      • Vous comprenez que lorsque je vois un symbole religieux, j’entends:

        « (…) que les femmes se taisent dans les assemblées, car il ne leur est pas permis d’y parler; mais qu’elles soient soumises, selon que le dit aussi la loi.

        Si elles veulent s’instruire sur quelque chose, qu’elles interrogent leurs maris à la maison; car il est malséant à une femme de parler dans l’Église. »

        Ce symbole m’est alors évident extrêmement offensant… Une fois le symbole lancée, sa signification échappe à son porteur.

        • Vous avez bien raison, ce qui est écrit là est offensant pour les femmes! Et c’est sans doute pour cela que ce n’est plus d’actualité dans l’Église catholique… L’égalité hommes-femmes a été encouragée par les évêques. Il existe dans mon diocèse un service du « partenariat hommes-femmes » pour assurer que l’égalité soit toujours respectée. Il reste encore l’accès aux ministères ordonnés. Espérons que les choses bougeront là aussi. Il y a tant de choses qui ont évolué que je ne serais pas surpris de voir, un jour, l’Église de Rome commencer à bouger sur cette question. Soyez assuré que c’est un débat interne dans l’Église!

      • Je n’arrive plus à suivre: la bible est-elle ou non, pour l’église catholique, la parole de dieu?

        Si ce n’est pas le cas, pourquoi garder ce livre horrible qui cause beaucoup de douleur de par le monde?

        Si oui, pourquoi la plus grande partie de ce que dieu, omniscient, n’a plus cour? Ne pouvait-il pas savoir où nous serions en 2012? Comment savoir, entre les 30 000 dénominations chrétiennes, qui a raison sur les bonnes et mauvaises parties de ce livre?

        • Bien sûr, la Bible « comprend » la Parole de Dieu, mais il y a des des dizaines d’années qu’on ne parle plus que la Bible a été « écrite » par Dieu lui-même! Nous plongeons ici dans le mystère de l’inspiration, de la révélation progressive de Dieu. Mon prof de Bible disait en commençant un cours d’introduction à la Bible : « Tout est vrai, dans la Bible, mais pas comme on pense! »

          Ce Livre horrible, comme vous dites, est d’abord et avant tout le récit d’histoires humaines. Dans ces histoires se révèlent un Dieu qu’il faut se mettre à chercher pour le découvrir! Même si le Lévitique, par exemple, donne des centaines de règles à suivre, celles-ci correspondaient à ce qu’un peuple, en son époque, se devait de se donner comme loi pour vivre le plus possible dans la dynamique de l’Alliance avec Dieu. Mettre toutes ces règles sur le même pied, c’est assurément conclure comme beaucoup que ce livre est une horreur! Les catholiques ne voient pas la Bible comme les groupes fondamentalistes ou même les Protestants. Les catholiques tirent leur doctrine des Écritures ET de la Tradition. Dégager le substrat de ce qui est attribuable à l’inspiration divine dans ces histoires, ces positions, ces enseignements et de ce qui est à mettre aux divers contextes socio-historiques est un travail gigantesque, d’où le besoin d’approfondir, relire, traduire… interpréter!

          Puisqu’il y a toujours une herméneutique à faire, une actualisation de la Parole de Dieu, il y a donc des positions morales qui ont été changées, d’autres le seront sans doute!

          Enfin, il n’y a certainement aucune, je dis bien aucune, dénomination chrétienne qui peut, à ce jour, prétendre « exprimer » la vérité sur tout. L’Église catholique prétend en avoir conservé « le dépôt » intégral. Mais dans ce dépôt, il y a tant de choses qu’il est complexe d’en mesurer toute la grandeur, la hauteur, la profondeur!

          La vérité « se donne » en la cherchant, jamais en la possédant… Je la cherche. Cherchons-là donc ensemble!

      • Bien sûr. En tant qu’athée, je cherche toujours la vérité sur dieu comme sur d’autres sujets. La première question à se poser alors est qu’est-ce qui pourrait me laisser savoir (non pas croire, mais savoir) que dieu existe?

        Plusieurs personnes estiment posséder la réponse, mais entendons nous: si quelqu’un avait un preuve quelconque, ou même un début d’explication crédible, un Nobel serait assurément à la clé. Sans ce savoir, j’estime pour ma part que le reste est un peu futile, non?

        • Comme vous, je serais ravi de faire reposer mes croyances sur des évidences scientifiques. La science n’explique pas encore de manière satisfaisante certains phénomènes mystérieux, comme des guérisons soudaines, le suaire de Turin, la vie de certains mystiques comme Marthe Robin… Et la foi ne se trouve pas en symbiose avec la science mais plutôt en dialogue! Une religieuse avait dit à un chercheur de l’Université de Montréal qui cherchait dans le cerveau où se trouve le centre de l’amour inconditionnel: « vous ne trouverez pas Dieu dans le cerveau! » N’y a-t-il pas place, dans votre esprit, à quelque chose qui sort de la compréhension purement matérielle de l’existence? Cette vérité « spirituelle » est autre que la vérité scientifique. Elle offre un sens à ce qui autrement n’en a que peu. Mais ce sens n’est ni unanime ni uniforme. Il est à chercher. Toutes les générations depuis les premiers homidés ont cherché du sens à leur existence. Nous n’en sommes pas exempts. Alors cherchons!

      • Sookie Stackhouse dit :

        Elle est bien bonne….Nous n’avons pas de réponse à certaine question,alors inventons des réponses….

        Juste…Bra…vo…..

      • Je dois être en accord avec Sookie sur celle là. Vous me parlez de mystères (dont certains n’en sont pas) et vous réclamer un sens. Mais vous créez la question et la réponse. Et vous y placez un « dieu des failles » (god of the gaps) pour expliquer l’inconnu.

        Mes questions sont plutôt claires. Pourquoi croire en un dieu? Pourquoi avoir besoin d’un sens? Pourquoi même croire qu’il DOIT y avoir un sens? Un certaine humilité pousse à penser que nous ne sommes pas si extraordinaires finalement.

        Je ne fais reposer mes croyances sur rien. J’ai soit des connaissances, soit des questions. Et je trouve mes questions très stimulantes. Mais je ne peux me résoudre à laisser aller un minimum de raison pour verser dans des croyances. Quelles qu’elles soient. Désolé.

        • Sébastien, je ne cherche pas à vous convaincre de croire! Vous me posez des questions, je vous apporte les éléments de réponse qui me conviennent. Ce dieu des failles n’est qu’un aspect de ma foi, ni le tout, ni son explication ultime. Que mes « raisons » ne vous satisfassent pas j’en conviens aisément. Je rappelle que la foi (et non pas la religion) ne part pas d’une volonté de raison, mais d’une expérience que les croyants jugent authentique. Je ne peux pas provoquer ce genre d’expérience dans la vie d’un autre. Alors restons-en à nos différences. Mon sens de l’humilité me porte à croire qu’il y a plus grand que ce que je vois et que je puisse mesurer (cf. psaume 8) et cela me pousse à l’émerveillement devant tant de grandeur, tant d’infini. Je suis prêt à accepter l’idée que tout ne s’explique pas, que ce soit une question de temps ou simplement que je découvre tout ce qui m’échappe dans une vie qui ne finit pas… Ça me fait vivre ma vie en m’ouvrant aux autres avec qui je partage une même humanité. Qu’y a-t-il de si difficile à avaler dans tout ceci? Que l’Église ne soit pas à la hauteur d’un tel Dieu et qu’elle n’arrive pas à montrer un visage qui témoigne avant tout de la tendresse infinie du Dieu auquel je crois, je le regrette. Mais cela ne me fait pas la quitter pour autant. Là aussi se trouve une voie d’humilité pour moi, sans doute pour bien d’autres croyants également.

      • Sookie Stackhouse dit :

        @Sébastien

        Exactement ce que je pense.L’homme se dit tellement humble devant son dieu,mais en même temps,il se croit si spécial dans cette  »création »

        Péché de vanité selon moi…:-P

        Blague à part,pourquoi il y aurait un sens à nos vie?Bonne question que je me suis posé si souvent,moi aussi 😉

      • Non, bien sûr. Je ne vais pas vous convaincre et l’inverse est tout aussi vrai. Là n’est pas la question. À la base nous avons un désaccord. Vous croyez que la foi et l’église ont leur place dans les lieux publics et j’affirme le contraire. J’explique pourquoi, selon moi, la religion est dommageable et c’est pour moi des raisons suffisantes pour garder l’exercice des croyances à la maison ou dans des lieux de culte.

        Autrement dit, je ne tiens pas à ce que mes enfants y soient exposés avant une certaine préparation et un certain âge. Et je comprends dans cet optique la décision du professeur dont il est question ici.

        Dans cette discussion, vous me faites part de votre désir d’en discuter. Chose que je désir, bien sûr. Vous me semblez une personne sincère et honnête dans sa démarche et je n’ai aucune prétention d’arriver à changer votre vision du monde. J’ai moi-même assez confiance en ma vision pour savoir que ça n’arrivera pas dans mon cas. Je n’ai en ce sens aucun problème à le comprendre. D’autant que j’ai eu, plus tôt dans ma vie, la foi. Eh oui! Je ne cherche vraiment pas à vous mettre au pied du mur.

        Ce que je vous demande dans cette discussion, c’est de me convaincre que cette foi et les religions (toutes) ont leur place dans les lieux publics. Pour moi, cette raison passe par la légitimité de son existance qui, selon mes recherches, ne passe jamais hors de l’expérience personnelle. De la croyance, de la foi.

        Hors, je trouve étrange que l’on demande un rigueure pour presque tout autour de nous, mais que l’on fasse exception quand nous touchons à ce domaine. Nous pouvons bien sûr rester sur nos positions, mais à ce moment je vais continuer à professer que la religion, qui fait du bien à certaines personnes j’en conviens, doit rester privée entre adultes consentants. Cordialement.

        • J’apprécie que vous rameniez le débat à cette question. Je vous répondrais simplement ceci: la foi est personnelle mais elle s’exprime le plus souvent dans une tradition religieuse qui se manifeste toujours dans des pratiques collectives. Ces pratiques ont des incidences sur la vie des croyants dans toutes les dimensions de leur être. Elles ont des ramifications dans les sociétés où elles s’épanouissent. Ici au Québec, les religions ont donné des institutions qui, même si elles ont été récupérées par l’État, trouvent leurs origines dans l’expression publique de croyants. Le patrimoine culturel québécois est aussi et souvent de type religieux. En ce qui concerne les pratiques actuelles, elles se manifestent sur l’individu qui porte sur lui des signes qui font partie de son identité. Personnellement, je ne porte qu’une petite croix discrète dans le cou. Je n’en porterais pas que ça ne me gênerait pas. Ça peut être différent pour un prêtre bien que, là encore, la discipline ecclésiastique n’impose pas le vêtement tout en l’encourageant fortement. Les croyants célèbrent également des fêtes propres à leurs traditions. Lorsqu’une communauté est en fête, par exemple un village, elle organise des activités, des manifestations publiques. Lorsqu’il s’agit d’une communauté religieuse, c’est la même chose. Cela ne sert pas à endoctriner ou faire du prosélytisme, mais plutôt à témoigner de son appartenance, ce qui est encouragé dans chaque religion particulière… Bref, en vertu du processus qui fait qu’un croyant s’identifie non pas seulement à son humanité, mais aussi à ses croyances et sa religion, il ne peut « réprimer » le besoin d’être ce qu’il est partout où il est… C’est là que nous devons considérer les droits fondamentaux, comme la liberté de conscience et de religion, garantis par la Charte canadienne ou québécoise. Ce droit est inaliénable et interdépendant des autres droits. Le législateur n’a pas cru nécessaire d’établir une hiérarchie des droits fondamentaux, car il est impossible de définir dans une société démocratique une telle hiérarchie qui pourrait causer des préjudices. Voilà pourquoi la laïcité est un concept qui doit donner à toutes les religions, comme à l’athéisme, un droit d’expression sur la place publique, tant qu’il ne nuit pas au bien commun et qu’il respecte les lois civiles.

      • Re-bonjour. Je suis d’accord avec tout ce que vous venez de dire, sauf sur le point de l’espace public. Je m’explique pour qu’il n’y ait pas de malentendu. La liberté (de religion ou la liberté tout court) permet bien sûr à toute personne de célébrer son culte de la manière dont il l’entend.

        Selon moi, il faut ajouter: dans un espace privé ou un lieu de culte. Entendons-nous: ceci représente probablement 90% de l’espace. De cette façon, pour reprendre l’exemple de la crèche, il est évident que cette dernière a sa place devant une église. Autant devant une résidence privée. Ce sont des choix personnels qui ne s’attaquent pas.

        Là où je tique, c’est lorsque l’hôtel de ville veut monter une crèche. Là où je tique, c’est une crise nationale se développe parce qu’un prof ne désire pas parler de dieu à ses élèves. Vous ne voudriez pas croyez-moi, si j’étais prof, que j’explique dieu à vos enfants. Et je ne voudrait pas que vous le fassiez avec les miens. Je crois qu’en ce sens ce professeur a fait preuve de gros bon sens.

        Un peu dans le même ordre d’idée, pourquoi l’hôtel de ville ne donne pas un place proportionnelle à toutes les confessions et à ceux qui n’en ont pas? Si vous voulez avoir une place dans l’espace public, il faudra compter sur une place grandissante de messages indiquant pourquoi dieu n’existe probablement pas. Et certains messages sont très convaincants!

        C’est de ça dont il est question. Pas du droit à porter la croix ou le voile en public. Mais de déborder de signes ostentatoires sur la place publique. La laïcité ne rime donc pas avec athéisme, mais avec neutralité. Pas de crèche devant l’hôtel de ville, pas de message appelant à l’apostasie.

        En tout cas, moi, c’est tout ce que je demande.

    • Sookie Stackhouse dit :

      Il est très révélateur de voir Jocelyn dire que l’église va changer les choses pour les femmes,même si ces règles sont pourtant inscrite dans sa chère bible.Mais pour les homosexuels c’est inconcevable…

      Cela démontre qu’en fait,ces croyants portent des jugements de valeur plutôt que de morale chrétienne….Jocelyn n’est pas homosexuel,c’est très facile pour lui de dire que ça ne devrait pas exister.Bien facile de dire qu’une chose est mal quand ça n’affecte pas notre vie.

      Bien sûr que je soutient l’ouverture de l’église pour les femmes qui ont besoin de croire et qui sont méprisées dans cette organisation.Mais je voit qu’ils ont un double discours selon envers qui ils doivent faire preuve d’ouverture….

      Je n’aurais absolument rien contre la religion,si ils ne faisaient pas tant de mal à certaines personnes,car même si je ne crois pas en dieu,je pourrais respecter une organisation qui veut le bien pour TOUS!!!mais ce n’est vraiment pas le cas.

      Tant que cette église va nous comparer à des gens qui font vraiment le mal,comme des meurtriers et des violeurs,elle fera le mal!

    • Sookie Stackhouse dit :

      @Sébastien

      Juste de voir la fameuse parole de dieu modifiée montre l’absurdité de la religion.

      Si il existe un dieu,si il est si puissant et omnipotent,il ne devrait jamais se tromper et réviser ses plans….

      Il est dit dans la bible que les homosexuels doivent être exécuté.Je ne vois pas pourquoi ce dieu si  »aimable » à changé d’avis.Il est parfait,un être parfait,ne peut se tromper…

      En fait,la religion,c’est une bande d’ignorant qui veulent modeler le monde à leur guise…Ils en ont rien à foutre du bonheur des gens.Il n’y a pas de dieu…En tout cas surement pas celui que les 30000 dénominations chrétiennes décrivent…Sans parler des Hindous,des Musulmans,etc….

      Je n’ai pas la prétention de connaitre tout,alors je me dis que peut-être j’ai tord et qu’il existe quelque chose.Mais pas le dieu que l’homme décrit.C’est un dieu mauvais,il est plus à l’image de l’homme(à son pire) que l’homme à son image…Un dieu vraiment aimable et bon ne peut pas condamner un groupes de personnes qui ne font de mal à personne et qui ne cherchent qu’à être heureux,comme tout le monde.Me semble que c’est légitime!

      • @Sookie Je te conseille te t’informer sur ces sectes puisque la situation discriminatoire te touches évidemment plus que moi. Il y a beaucoup de trucs qui te montreront ce qu’il en est exactement, comment défendre ton point, pourquoi l’être humain a besoin de la religion, etc.

        Je te conseille « God is not great » de Richard Hawkins (traduit en français) qui traite du sujet clairement et avec un peu d’humour. Je t’assure que malgré ces points de vus, il faut de l’humour sinon ça nous consumme!

        Si tu parles bien anglais, sur YouTube il y a une série de lignes ouvertes qui confrontent justement ces mêmes idées: the Atheist Experience. Si tu veux rire un peu, regarde les vidéos YouTube de Thunderfoot.

        J’espère que ça pourra t’aider à ne plus les laisser t’atteindre. Ça n’en vaut pas la peine. 🙂

        Bonne chance!

      • Sookie Stackhouse dit :

        @Sébastien

        Tu veux parler de God is not great de Christopher Hitchens?

        Il y a aussi The God Delusion de Richard Dawkins qui semble intéressant. 🙂

        Mais vraiment,quand je défend les homosexuels contre les religieux,je ne le fais pas pour moi.Comme je disais,les homophobes ne m’atteignent plus.C’est le mal qu’ils peuvent faire à des gens plus vulnérables et qui vont les croire,qui me dérange…

        Quand leur discours sera perçu comme il se doit,c’est à dire,comme un délire d’illuminé,ils ne me dérangeront plus.Mais il y a beaucoup de chemin à faire encore avant que ça arrive.Juste à voir ce qui se passe aux USA avec Santorum…

      • The god delusion de Richard Dawkins. Ouf, je mélange tout aujourd’hui. Ça doit être la tempête. 😀

        Je connais le livre de Hitchens de nom seulement. Sûrement une lecture sous peu.

        Je comprends le besoin de combattre quand on voit les dégâts occasionnés. Il est réjoissant de voir que le groupe athée/sans religion grandit chaque année.

    • C’est bien lui. Je trouve son point de vue intéressant et quoiqu’agressif dans son propos, on ne peut nier son intelligence et sa capacité d’analyse.

      Ceci étant dit, ce n’est pas pour moi un dieu et il n’a pas la science infuse. S’il devait écrire un livre, les positions de Matt Dillahunty, l’hôte de the Atheist Experience, représente de loin le type de vie laïc et humaniste que je tente de vivre.

    • P.S.: je ne fais point l’apologie de l’athéisme. L’athéisme n’est qu’une réponse à une seule affirmation. Ce n’est pas une position ni un système de pensée. Il n’y a ultimement rien, ou presque, pour en faire l’apologie.

      Je tenais à faire la distinction.

      • koval dit :

        Dawkins n’est pour moi rien de plus qu’un autre moralisateur, il est animaliste en plus, ce qui me dérange…..il y a bien des courants extrêmes parmi les animalistes, je me méfie de cette pensée!

  7. koval dit :

    « La science n’explique pas encore de manière satisfaisante certains phénomènes mystérieux, comme des guérisons soudaines, le suaire de Turin, la vie de certains mystiques comme Marthe Robin…  »

    Nous savons bien que la science n’explique pas tout, nous l’acceptons humblement….ce qu’on n’explique pas aujourd’hui, on le comprendra peut-être demain, en tant qu’athée, je peux vivre avec ça.

  8. Diane dit :

    « La laïcité permet donc, non pas un moule restrictif, mais une possibilité pour tous de vivre librement, sans avoir à se heurter aux visions des autres, tout en permettant de vivre librement la sienne. L’athéisme, que je viens de décrire, n’est qu’une voix parmi d’autres qui composent la diversité laïque. La solution inverse, mais juste, serait de laisser les positions athées s’installer sur la place publique en aussi grande proportion. Mais je ne suis pas certain que vous apprécieriez devoir expliquer une banderole ou un panneau publicitaire avec un message athée à vos enfants. L’inverse est aussi vrai. Il s’avère donc, en vérité, que la neutralité est la voie du compromis. »

    Monsieur Sébastien Letellier vous avez TOUT dit!
    Laïcité, neutralité est la voie à suivre et également « Vivre et laisser vivre, ma liberté s’arrête
    là où celle de l’autre commence ».

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