Libres… pour chercher la vérité

Quand les médias relaient les réflexions et les enseignements de l’Église catholique, la plupart des gens que je connais s’en tiennent aux grands titres : « Le pape condamne à nouveau la contraception » ou « Le pape condamne l’euthanasie » ou encore « Condamnation de l’homosexualité par le Vatican« . Et s’il est vrai que ces interprétations se retrouvent dans les textes des déclarations ou des communiqués qui sont émis, il est juste également qu’en ne s’arrêtant qu’aux grands titres et aux conclusions rapides, on ne peut entrer dans la réflexion qui conduit les autorités de l’Église catholique à prendre position sur des sujets délicats, souvent à l’encontre de ce qui fait apparemment consensus dans nos sociétés. Il suffit alors de dire que ces hommes religieux sont arriérés, rétrogrades ou archaïques pour éviter d’avoir à débattre sérieusement. La cause est entendue, passons à autre chose !

Changer la perception

La première perception qu’ont souvent les gens en rapport avec l’Église catholique se réduit à ses interdits. Si l’Église ne fait qu’interdire, alors l’Église est forcément une force répressive, intégriste et anti-liberté. Tout contact avec celle-ci pourrait donc nuire à la liberté, alors il vaut mieux l’éviter et en rester sur ses positions.

Dans la blogosphère et les médias sociaux, on voit de plus en plus de catholiques prendre librement la parole et proposer à leurs lecteurs de ne pas en rester à la surface des choses. Quand parfois des croyants osent discuter avec respect sur les blogues des pourfendeurs de la religion, il arrive quelquefois que ceux-ci conviennent qu’ils sont allés trop vite en besogne, à preuve cet aveu d’un blogueur : « je suis bien heureux de savoir que l’Église a adouci son discours. Mais jusqu’à ce que je lise votre commentaire, je ne le savais pas » (source). Par ailleurs, des catholiques se lancent aussi dans l’arène et développent leur attachement à l’Église et à ses enseignements (voir À travers le sacré et le gothique,  et surtout la liste des blogs et comptes twitter du magazine Le Pèlerin).

En réalité, bien des gens ne savent pas que l’Église réfléchit très longuement avant d’en arriver à condamner ou interdire. En 1968, par exemple, le pape Paul VI a publié Humanae vitae, son Encyclique sur le mariage et la régulation des naissances, à la suite de cinq ans de réflexion avec une Commission d’experts internationaux. Il s’agit donc d’une réflexion approfondie sur le sens de l’amour et de la responsabilité parentale, à partir de ce que l’Église appelle la loi morale naturelle dont elle se dit être l’interprète (l’original étant attribué au Créateur). Cette encyclique avait été résumée simplement ainsi: « l’Église interdit la pilule contraceptive ». Des milliers de fidèles catholiques avaient alors exprimé leur colère en s’émancipant de l’Église, la quittant parfois avec fracas. De nombreuses femmes s’étaient senties blessées et trahies même par ce qu’elles ont jugé comme une position dogmatique mal adaptée. Mais en lisant attentivement le texte, même 43 après sa publication, on y détecte une sagesse prudente. Benoît XVI a d’ailleurs réitéré les conclusions de cette encyclique:

L’Église n’est pas ici dans la recherche d’une «solution technique», ce qui serait «plus facile». Elle traite d’une «question de fond qui touche le sens de la sexualité humaine et la nécessité d’une paternité responsable pour que son exercice puisse devenir l’expression d’un amour personnel». Conclusion de Benoît XVI : «Quand l’amour est en jeu, la technique ne peut se substituer à la maturation de la liberté.» (source)

Rien à voir, a priori, avec des interdits faciles, mais plutôt avec une recherche approfondie de sens auquel il n’est pas donné d’accéder sans se mettre soi-même en recherche, à l’image d’un John Henry Newman, qui était convaincu que de mettre sa conscience personnelle en quête sincère de la vérité ne conduit pas à un individualisme pur et donc au relativisme, mais plutôt à une objectivité (du dogme, de la morale) à laquelle on est amené peu à peu à consentir (cf. conférence de J. Ratzinger).

La sagesse de la conscience

Il est étonnant parfois de voir à quel point des recherches scientifiques viennent appuyer les positions de l’Église. Par exemple, même si aucune certitude n’existe, certaines études tendent à montrer qu’il peut exister un lien entre la pilule contraceptive et le cancer du sein. En général, quand la technique rend possible de nouvelles pratiques, nous ne doutons pas de leurs bienfaits et nous nous lançons tête première. Et si la sagesse et la prudence de l’Église à décourager certaines pratiques devenaient compatibles avec le fameux principe de précaution?

Le principe de précaution peut être invoqué lorsqu’un phénomène, un produit ou un procédé peut avoir des effets potentiellement dangereux, identifiés par une évaluation scientifique et objective, si cette évaluation ne permet pas de déterminer le risque avec suffisamment de certitude. (source)

En dernier lieu, lorsqu’il s’agit de passer à l’action, toute décision éthique ou morale est l’affaire de la conscience individuelle à qui il revient de faire les choix et de les assumer. L’Église reconnaît ce principe, mais elle rappelle à ses membres qu’ils ont le devoir d’éduquer leur conscience, car une conscience éclairée est mieux équipée pour approfondir les questions éthiques et résoudre les dilemmes moraux. Si l’Église impose à ses fidèles d’obéir à ses préceptes, ce n’est sans doute pas tant par volonté de régner sur les consciences que pour veiller à ce que la vie qu’ils mènent soit le plus en accord possible avec l’Évangile, un projet qu’ils ont fait leur par le baptême. La sagesse tirée de l’expérience du peuple juif et de 2000 ans de christianisme se trouve condensée dans les préceptes religieux qui, s’ils paraissent rigides, peuvent aussi parfois évoluer (pensons à l’interdit de la danse!). Il n’est pas exigé d’avoir une note parfaite quant au respect des préceptes, mais de se mettre sincèrement en chemin, avec une confiance inébranlable en l’amour infini de Dieu.

En 2012, un disciple de Jésus peut choisir de suivre la morale catholique avec une docilité sereine, ce qui est plutôt rare et peu en accord avec l’esprit du temps. Il peut aussi chercher par lui-même, en toute honnêteté et en considérant tous les apports, privilégiant celui du magistère, ce qui est aussi relativement rare! Ce faisant, il est probable qu’il parvienne à adhérer progressivement aux préceptes, avec l’assentiment de toute sa personne plutôt que par une soumission aveugle.

Là est sans doute le chemin d’une vraie liberté… C’est ce chemin que je préfère emprunter, en dialogue avec quiconque veut chercher avec moi.

13 réflexions sur “Libres… pour chercher la vérité

  1. Diane dit :

    Bien beau discours mais moi ce qui me navre, c’est que l’Église doit faire vite et qu’on est loin de simples changements à faire, que de lever naivement une simple interdiction de danser…
    En amérique du nord et même en Europe, les gens ne se laissent pas influencer et vont braver les interdictions de l’Église et faire ce que bon leur chante, selon leur gros bon sens….Mais dans des continents comme l’Amérique du Sud et l’Afrique, il y a famine, surpopulation et même le dangereux SIDA! Interdire la contraception orale ou le condom, c’est même criminel!
    On sait bien aujourd’hui qu’il ne sert à rien de ne prêcher QUE l’abstinence ou des moyens contraceptifs désuets comme la méthode du calendrier ou toute autre méthode peu fiable. La nature humaine étant de qu’elle est, plusieurs humains vont tout de même sauter la cloture et faire l’amour.
    L’Église est tellement déconnectée, qu’elle serait mieux et à toute vitesse de s’ajuster!
    Quant aux dangers de la pilule, il y a la même chose dans toute action que nous prenons, juste penser à certains aliments, si on écoutait tout ce qui se dit et s’écrit sur toute bouffe, on ne mangerait plus rien…il faut prendre ses décisions mais bien sûr bien s’informer avant de choisir une méthode contraceptive et aplliquer ce qui nous convient le mieux.
    Vous dites que l’église a consulté et étudié pendant des années avant de proclamer ces interdictions, je vous dirai que la plupart des gens cependant ont une tête sur les épaules et se renseignent probablement assez longuement avant de prendre leurs propres décisions, concernant leur vie sexuelle ou autre chose….
    Cela devient bien difficile de voir l’Église encore une fois s’immiscer dans nos lits, cette époque est révolue.
    La supposée modernité du discours catholique n’est pas encore assez moderne.
    Bien sûr ils ont une conception basée sur la Bible, les évangiles et leur image à promouvoir, mais de rester constamment sur ce genre de décisions ne va pas faire avancer la cause, attirer plus d’ouailles au contraire.

    J’aimerais bien parfois que soit poussé plus loin la conception de permettre par exemple aux prêtres de se marier et de fonder une famille s’ils le voudraient? Je suis sûre que vos confrères pasteurs anglicans ou protestants font un bon travail, même mariés et avec famille.
    Aussi, ce serait bien de permettre aux femmes d’accéder à la prêtrise.
    Il y a de moins en moins de vocations, peu de jeunes prêtres et il va bien falloir remplacer ceux qui mourront et prendront leur retraite. Une femme ferait un bon travail aussi, j’en suis persuadée!
    L’Église proclame aujourd’hui qu’elle croit en l’égalité de la femme et de l’homme.
    Pourquoi ne pas en faire la preuve en permettant aux femmes qui le désireraient de rejoindre les rangs de l’Église en tant que prêtres, et plus tard en montant dans la hiérarchie?
    Ça, ça m’indiquerait vraiment un progrès, une modernité.
    Sinon ça ne sert à rien de dire: « Faites ce que je dis, ne regardez pas ce que je ne fais PAS. »

    • Bonjour Diane,
      Merci de votre commentaire. Vous aurez compris que l’exemple de la danse était anecdotique! 😉 Je constate tout comme vous que les gens entendent les consignes de l’Église et choisissent parmi ce qui leur convient de mettre en pratique ou non. Votre analyse sur la situation de l’Afrique est généralement partagée par d’autres. Il est clair que des humains sauteront toujours la clôture, mais l’Église ne peut pas ne plus annoncer l’idéal de l’amour fidèle! Les gens se débrouillent avec leur conscience, mais l’Église se doit de rappeler ce qu’elle continue de croire comme le plan éternel d’amour de Dieu. Est-ce que l’Église ne devrait pas aussi proposer une forme de cheminement vers cet idéal plutôt que de proposer l’inaccessible tout de suite? Sans doute. D’ailleurs, le pape lui-même a ouvert une brèche sur l’utilisation du condom dans des situations très particulières où le condom peut éviter la contamination d’un partenaire, en tant que premier pas vers une sexualité plus responsable. C’est une ouverture que les pasteurs peuvent saisir sur le terrain, dans leur accompagnement pastoral…
      Vous avez raison quand vous dites que l’Église a des questions fondamentales à se poser quant à son organisation interne. Rien n’est simple. Mais l’Église a des antennes partout dans le monde et la situation des femmes, par exemple, est très différente dans certains, vous le savez. Le progrès féministe ici est souvent perçu comme de l’extrémisme ailleurs! Le mariage des prêtres, l’accession des femmes, même si ces sujets semblent clos, continuent de faire leur chemin lentement dans les consciences. L’état d’urgence commandera sans doute des adaptations là aussi, ou bien un personnage exceptionnel se lèvera et influera de manière déterminante sur la vie de l’Église, comme saint François d’Assise ou sainte Catherine de Sienne en leur temps!
      Il est plus difficile, en tout cas, de construire et de faire changer les choses en restant dedans qu’en quittant, un peu comme ce qui se passe au Parti Québécois ! Alors bien que je trouve comme vous une multitude de choses qui vont de travers, je continue à croire que c’est cette Église pauvre, pécheresse et limitée que Jésus veut voir remplir sa mission d’éclairer le monde sur les enjeux de justice, de paix, de compassion et… d’amour idéal ! Merci encore du temps que vous avez pris à écrire ce qui vous habite.

      • Diane dit :

        Bonjour à vous Jocelyn Girard, et merci encore du respect que vous démontrez toujours dans vos réponses.

        Vous dites: « ….mais l’Église ne peut pas ne plus annoncer l’idéal de l’amour fidèle ».
        Je comprends aisément car moi-même mariée et adepte de cet amour fidèle depuis 33 ans, je vois les choses comme cela, ainsi que mon mari pour notre couple.

        Pourtant, je suis capable de penser autrement et je sais que nous sommes tous uniques, différents et que mon modèle de vie ne convient pas à tous et qu’il faut aujourd’hui plus que jamais être RÉALISTE.

        Par exemple en éduquant mes enfants, je leur ai parlé ouvertement et avec un langage adéquat selon leur âge de la sexualité et les ai préparés sans m’enfoncer la tête dans le sable en ne me disant pas par exemple « qu’eux ne pensent pas à ça, ne feront pas cela, etc. » et je n’ai pas nié leur côté sexuel quand ils sont devenus adolescents. J’ai toujours répondu ouvertement à leurs questionnements en leur montrant tout autant le beau côté de la sexualité MAIS sans oublier leur responsabilitation. Alors je les ai dirigé vers le médecin de famille quand il a été question de contraception car je ne voulais pas retrouver ma fille enceinte trop jeune, ou mes fils responsables d’avoir mis une fille enceinte.
        Il ne faut pas se mettre la tête dans le sable et c’est ce que j’affirme pour l’Église également.
        Dans notre vie moderne, l’Église voit passer le train rapide et elle est malheureusement encore sur sa charette et c’est je crois, ce que bien des fidèles déplorent et le pourquoi l’église catholique perd de plus en plus d’adeptes.

        « Le pape lui-même a ouvert une brèche sur l’utilisation du condom dans des situations très particulières où le condom peut éviter la contamination d’un partenaire ».
        Vous m’en voyez RAVIE! Je n’étais pas au courant de cela…y a-t-il un texte, un discours qu’il a prononcé à ce sujet que je pourrais consulter?

        « Le progrès féministe ici est souvent perçu comme de l’extrémisme ailleurs! Le mariage des prêtres, l’accession des femmes… »

        Je comprends cela, par exemple on peut donner comme exemple un continent comme l’Afrique…mais en quoi cela empêcherait-il de consentir à des innovations de ce côté au Canada par exemple, ou l’idée de femmes prêtres serait sûrement amplement accueillit favorablement? Ce serait déjà un bon début.

        Bien à vous et à la prochaine! :o)

        • Merci Diane de votre feedback concernant le respect que je cherche à manifester face à toutes les positions.

          Le texte où Benoît XVI fait une brèche concernant le condom se trouve dans le livre-entrevue Lumière du monde. J’avait écrit un billet sur cette question que vous pouvez lire ici : http://wp.me/p13VAY-2i

          Vous prenez la peine de décrire l’éducation à la sexualité que vous avez accomplie avec vos enfants. Je vous en félicite, car bien des parents n’en font pas autant, surtout en ce qui concerne l’éducation à la responsabilité. Vous avez raison de penser que les jeunes peuvent aussi jouer avec les limites et se trouver dans une situation de grossesse non désirée. Personnellement, j’ai eu (jusqu’à présent) deux ados que j’ai tenté d’éduquer moi aussi du mieux que j’ai pu. Nous vivons dans une société où quoi qu’on fasse, nos jeunes ne « nous appartiennent plus » lorsqu’ils sont en possibilité de passer à l’acte. Je disais à mes gars à peu près ceci: « le mieux, c’est de ne pas le faire maintenant, car c’est préférable dans un projet d’amour engagé à long terme… le pire, ce serait de penser que le problème est du côté de la fille en ne prenant pas votre responsabilité… le moindre mal, ce serait de vous protéger ». Et ma femme et moi avions osé mettre des condoms à leur disposition, sans jamais les interroger sur le fait qu’ils aient servi ou non. Et pourtant, je suis un parent catholique, défenseur de la vie depuis la conception jusqu’à la mort, et promoteur de l’adoption! Voilà ce que j’entends par l’appel à la conscience comme le lieu ultime de décision en matière d’interdits…

          Pour votre question relative à la différence entre les nations, sachez que c’est déjà fort complexe de gérer une Église qui, à l’extrême droite, est haranguée constamment par ceux qui voudraient la voir revenir avant l’époque de la modernité et ceux qui, à l’extrême gauche, voudraient en faire une démocratie directe. Les tensions sont très vives. Un pas à droite et c’est la gauche qui rechigne. Un pas à gauche et c’est la droite qui monte aux barricades! L’ordination des femmes ne trouve malheureusement pas de fondements suffisamment explicites dans la Bible pour n’en faire qu’une affaire de machisme. Certaines églises sont passés à cette pratique en extrapolant les enseignements de Jésus sur l’égalité des sexes. Les Églises catholiques et orthodoxes en font une interprétation plus stricte du genre « Si Jésus avait voulu donner une place équivalente aux femmes, il en aurait pris parmi les Douze, étant donné sa liberté totale ». Enfin, si l’Europe et l’Amérique du Nord avaient la permission d’ordonner des femmes, il y a fort à parier que l’Église subirait une forme de désaffection dans les pays où la femme est à des lieues de pouvoir se vivre à l’égal des hommes, une crise au moins aussi importante que celle qui a suivi Humanae Vitae ! Alors il faut prendre le temps, diront-ils. Plusieurs évêques et cardinaux, lorsqu’ils partent en retraite, disent plus haut et plus fort ce qu’ils pensent de tout ceci, par exemple Joseph Moingt (voir Revue Études, janvier 2011) qui invite à relire les évangiles « au féminin pluriel ». Bref, à mon avis, le débat est loin d’être clos, malgré la fermeté de Jean-Paul II…

          • Diane dit :

            Bonjour Monsieur Girard et merci de votre réponse…

            Je suis contente de voir que certains de nos points de vue se rejoignent, comme par rapport à l’éducation sexuelle chez nos jeunes, notre devoir en tant que parents de leur parler ouvertement et de leur montrer la voie de la responsabilisation, tout en NIANT PAS que en effet, nos enfants grandissent et ne nous appartiennent plus et que tout comme tout autre être humain, ils vont devoir « dealer » avec leur sexualité et prendre des décisions qui ne nous feront pas toujours plaisir, mais il ne faut jamais se mettre la tête dans le sable.

            Cela étant dit, j’ai lu votre point de vue sur l’ordination des femmes et je peux comprendre la complexité de l’Église face à ces gros changements.
            Que rien n’ait été écrit dans les évangiles et que Jésus ait choisi 12 hommes comme apôtres et non quelques femmes, ne doit pas être une excuse.
            De un, à l’époque il aurait été par trop révolutionnaire qu’il le fasse, et cela aurait tant choqué ces contemporains par trop « machos » que le reste de son message n’aurait jamais passé.
            Deuxio, bien des organismes ont fait ces changements déjà même si cela n’a jamais été facile de le faire et a prisdu temos à se faire accepter dans les mentalités.
            On a qu’à penser aux universités où les femmes ont été admises plus tard, à la vie politique, police, armée, médecine.
            Si on vivait encore en 1920, je parie que ma merveilleuse fille ne serait pas chirurgienne aujourd’hui.
            Donc, bien des institutions ont fait de gros efforts pour se moderniser et faire de la place aux femmes et avec le temps, cela a fonctionné. Est-ce que les femmes font mieux ou pire que les hommes? Non, je crois que c’est égal car en effet pour moi les deux sexes sont égaux en tout.
            Enfin, j’ajouterai que si je décidais de revenir activement à la pratique religieuse, je me tournerais probablement vers une religion plus ouverte telle qu’une qui accepte les femmes en son sein ou bien le mariage de prêtres, bien que j’ai été baptisée et éduquée en tant que catholique.

            BIen que je ne suis pas toujours en accord avec vos billets que je ne lis que depuis tout récemment, sachez que je les apprécies. 🙂

            • Bonsoir Diane. Merci de poursuivre avec moi ce dialogue.

              Juste un mot pour nuancer. Je ne présente pas forcément « mon » point de vue sur l’ordination des femmes, mais je tente de comprendre celui de l’Église. Vous avez bien raison de mentionner tous les progrès effectués pour le rattrapage des femmes en matière d’égalité. Je vous avoue cependant que je suis assez inquiet actuellement devant le peu de relève chez les jeunes femmes quant à la défense des acquis chèrement gagnés par les générations précédentes. Je vois par exemple une nouvelle forme de génocide qui semble laisser bien des femmes indifférentes : l’avortement sélectif des filles. Comme il y a encore beaucoup de sociétés (parfois aussi un peu chez nous) qui valorisent le mâle, la technique sert désormais à aider les couples limités dans leur choix ou leur désir de procréation à garder les foetus mâles et à jeter les femelles… Il me semble que le combat pour l’égalité doit commencer dès l’origine de la vie ! Qu’en dites-vous?

              Si jamais vous pensez revenir à la pratique religieuse, je vous suggère quand même de revisiter une paroisse catholique. 😉 Elles ne sont pas toutes égales en vie fraternelle et en caractère festif, mais certaines sont vraiment vivantes! Même si le combat pour l’égalité semble perdu d’avance, sachez qu’un grand nombre de femmes engagées dans l’Église ne désespère pas, à preuve ces regroupements de « L’autre Parole ».

            • Diane dit :

              Bonjour Jocelyn, eh bien tant mieux si des femmes se rassemblent pour faire valoir leur droit à l’égalité au sein de l’Église! 🙂

              J’essaie d’enlever ce petit bonhomme vert fâché sur l’avatar pour répondre et n’y parvient pas car c’est une erreur, je ne suis ni amère ni fâchée mais bon…moi et l’informatique!

              Pour l’avortement, je me suis demandée si je veux vraiment m’aventurer là? C’est un sujet plus que délicat, et je ne me souviens pas tellement avoir lu sur une sélection des sexes ici, au Canada? Il me semble que s’il y en a, ça doit être infime, non? On voit plus cela en Chine et aux Indes…mais ces pays se tirent dans le pied, car un jour il n’y aura plus assez de femmes pour la reproduction!

              Quant à moi bien que je déplore l’avortement qui devrait rester un moyen extrême et JAMAIS un moyen de contraception, je serais plutôt pro choix, quoique ma réflexion personnelle n’est pas réellement arrêtée là-dessus.
              Quand quelqu’un se dit pro choix, toute de suite bien des pro vie croit qu’on est JUSTE pour l’avortement alors que c’est faux….cela veut plutôt dire que la femme est en droit de choisir pour elle-même ce qui est mieux, continuer la grossesse et le garder ou le faire adopter, ou interrompre la grossesse.

              On n’est pas tous né avec une cuillère en argent dans la bouche et il faut penser qu’il y a des femmes seules et désespérées qui ont la vie dure et bien des problèmes, et une grossesse non désirée peut être une réelle catastrophe.
              J’ai moi-même accompagnée une amie il y a bien des années lorsqu’elle s’est séparée d’un conjoint violent et abuseur physiquement et verbalement et qu’elle a découvert qu’elle éteint enceinte alors que les procédures de divorce étaient entamées. Elle se retrouvait démunie financièrement et ne voulait pas se battre pour la garde alors que le conjoint aurait probablement violenté également l’enfant.

              Elle a alors fait un choix déchirant.
              Elle est heureusement tombée sur des personnes formidable à la cliniques…personne ne l’a jugée et on lui a fait voir avec objectivité et sans l’influencer tous les choix qu’elle avait, ainsi que les recours si elle aurait décidé de le garder.

              Cela a été dur mais aujourd’hui elle est heureuse avec un nouveau conjoint et deux enfants.

              Dans un monde idéal, voyez-vous, il n’y aurait pas de pauvreté, de maladie, d’ados enceintes à 13-14 ans, de viols, d’incestes, de futures mères alcooliques et/ou droguées, de violence conjugale ou de rejet de la part du futur père et même de la famille.

              Mais ce n’est pas le cas et les situations qui font qu’une femme envisage cette dure décision sont différentes et bien loin parfois de nos propres points de vue qui découlent peut-etre de la facilité de notre propre standing de vie ou situation financière ou mentale.

              Je crois aussi que l’homme a son mot à dire bien sûr, mais la décision finale restera toujours à la femme, tant que seules les femmes pourront devenir enceintes.

              Je ne crois pas non plus qu’il faudrait criminaliser l’avortement à nouveau car bien des femmes prospères iraient simplement dans un pays qui l’autorise en payant le prix..et les pauvres, elles, feraient affaire avec des charlatans et risqueraient également leur vie!

              Je crois au contraire qu’il faut en faciliter l’accès, ceci pour éviter que des grossesses tardives soient interrompues, ce qui me fait frémir rien que d’y penser….
              ET bien sûr il faut continuer à promouvoir la contraception, une bonne éducation sexuelle et surtout la responsabilisation des gens, car faire l’amour a des conséquences….

              J’ai l’impression qu’il y aura toujours des avortements comme il y en a toujours eu, mais c’était gardé secret. Il faut simplement lutter avec les moyens que j’ai nommé plus haut pour qu’il y en ait le moins possible dans l’avenir.

              Pour terminer, j’ai dû avoir de la chance car je peux regarder mes trois enfants maintenant adultes dans les yeux et leur dire que je les ai désirés tous les trois…je souhaite la même chance à toutes les femmes!

            • Bon matin Diane. Je me faisais justement la réflexion à propos de votre avatar, car je ne sentais pas qu’il correspond tant que ça au ton de vos propos! Je sais qu’on peut le choisir et même le changer, mais je ne sais pas trop comment moi non plus…

              Sur l’avortement, j’ai écrit un billet qui a généré un grand nombre de commentaires. Je vous en suggère la lecture, vous verrez que nous ne sommes pas très éloignés non plus sur le fond: Soutenir pro-vie, quelle honte!

              Quant à l’avortement sélectif, il est vrai que c’est surtout à l’étranger, mais la question se pose également ici, au Canada, comme le montre cet article du Devoir suite à une lettre de la présidente du Conseil du statut de la femme.

            • Diane dit :

              Bonjour Jocelyn…oui j’avais lu votre intéressant billet et y ai même répondu.

              Bon alors si un de vos lecteurs sait comment je pourrais me débrouiller pour changer cet avatar en colère, faites le moi savoir! 🙂

  2. Enfin un discours sur la morale qui dépasse le degré zéro !
    En ce qui me concerne, le discours conscience/morale (CEC 1749 et suivants) m’a sacrément « déniaisé » il y a qqs années.
    Comme vous le rappelez, la morale n’est rien d’autre que la mise en valeur de la conscience personnelle et la liberté de chacun de faire « qui qui convient » en prenant en compte tous les paramètres, leur poids et l’histoire (les 3 critères de moralité).

    Et cette moralité ne peut exister que s’il y a pardon possible, qui n’est autre que la dissociation péché/pécheur, acte/personne. Or, l’énorme poids que pèse l’existentialisme aujourd’hui (définissant la personne par ses actes/son propre projet et non par son essence pour simplifier) empêche tout pardon réel, toute humanité profonde et aimante…
    Et induit une perte de ce sens moral.
    Il faut donc annoncer et demander une modification profonde du sens de la vie, vers le don et l’accueil (de Dieu, de la nature, des hommes selon ce que l’on peut) au lieu des projets (parentaux, de vie, etc…), par nature égoïstes et changeants.

    Par contre, je ne vois pas ce que font « Le mariage des prêtres, l’accession des femmes » à « accéder dans les consciences ». Rien à voir avec la morale, et d’un tout autre ordre (et à la fois très accessoires, hors sujets et dénaturant pour l’Eglise)

    • Bonjour Jean. Merci de votre visite sur mon blogue.
      Merci également pour votre appréciation. J’essaie effectivement d’élever un peu le niveau de réflexion et j’espère y parvenir quelque peu, bien qu’imparfaitement. J’aime bien votre référence au pardon. Je n’ai pas explicitement abordé le sujet, l’ayant déjà fait à quelques reprises, mais vous avez bien compris qu’il était implicitement présent dans ma réflexion.
      Sur la question du mariage des prêtres et les femmes, il s’agit évidemment d’une tentative d’entrer en conversation avec mon interlocutrice. Il ne s’agit pas d’une question morale, mais dans les mentalités, les gens ont tendance à tout mettre dans le même panier. Merci encore.

    • Diane dit :

      Cher Monsieur Dùma, il me semble au contraire que cela a quelque chose à voir, puisque le billet parlait au début des interdits dans l’Église.

      Alors en tant que femme, je me suis toujours posée des questions sur les interdictions du mariage des prêtres et de l’accession à la prêtrise pour les femmes….je trouve cela par trop injuste.
      Ce n’est peut-être pas primordial pour vous en tant qu’homme, mais croyez-moi, pour bien des femmes c’est très très important.

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