Qu’elle soit, celle-là, vraiment bonne!

Fin du monde

2012 sera peut-être l’année de la fin du monde! C’est aussi l’année de mes 50 ans. Une fin du monde pour ses 50 ans, c’est assez saisissant. Mais puisque mon espérance de vie devrait s’approcher du double, je trouve que c’est plutôt embarrassant que la fin du monde m’empêche de vivre plus longtemps!

Depuis le film 2012, une grande partie de la population terrestre estime possible que cette nouvelle année soit la dernière de l’histoire. Il suffit de consulter les blogues de fin du monde sur Internet pour s’en rendre compte. Ainsi, le 21 décembre serait le dernier jour qu’il nous soit donné de vivre. Et si c’était vrai? Jouons le jeu, voulez-vous?

Si 2012 est la dernière année, est-ce que je souhaiterais à tous mes proches les mêmes bons voeux habituels? « Bonne année, bonne santé et prospérité! » Que vaut la santé, si c’est pour que tout s’arrête? Que vaut l’argent, si c’est pour n’avoir pas le temps de le dépenser? Ne reste plus que “bonne”. Ce serait quoi, alors, une bonne année de fin du monde?

Si cette année était la dernière…

… Je la voudrais d’abord consacrée à la réconciliation et aux retrouvailles. Il y a plein de gens dans ma vie que je n’ai plus revus depuis longtemps. Certains, pour des raisons, finalement, assez banales, d’autres parce que nos routes se sont séparées. J’aimerais revoir toutes les personnes que j’ai aimées et appréciées, celles aussi qui m’ont fait suer (ou ch..). J’aimerais leur dire que leur passage dans ma vie a contribué à faire de moi ce que je suis. Mon coeur continue de porter tous ces visages qui se rappellent à moi parfois.

… Je la voudrais aussi la plus généreuse possible. La bonté est une attitude extraordinaire que nous avons parfois tendance à réserver pour plus tard! C’est donc maintenant qu’il faut se montrer magnanime, bienveillant, non seulement à l’endroit de celles et ceux qui nous sont proches, mais également envers les plus rébarbatifs! Si la fin est proche, alors cela devrait être plus facile de se dépouiller un peu. Pourquoi ne pas essayer?

… Je voudrais enfin – oh ! pas très longtemps – voir la paix régner sur terre. La paix n’est-elle pas l’une des aspirations les plus profondes de l’humanité? Si la fin est proche, n’est-il pas temps de remettre à plus tard nos velléités, nos rancoeurs, nos passions déchirantes, nos envies de posséder ou de nous approprier indûment ce qui est à d’autres, nos instincts de vengeance et de punition? Goûter à la paix ne pourrait-il pas ressembler à “pouvoir se vivre à la fois totalement vulnérable et en toute sécurité” (cf. Howard Thurman)?

… Enfin, je voudrais qu’elle soit reconnaissante envers tous les gens qui ne recevront jamais ou si peu de gratitude: tous ces prix Nobel de la paix qui accompagnent des gens en perte d’autonomie, en fin de vie ou en mal de vivre, ou qui font simplement rayonner un peu de bonté autour d’eux; tous ces compagnons de l’Ordre du Canada qui ont changé des vies et le visage de notre pays par leur travail quotidien, leur sens de la famille, leur implication au sein de leur collectivité; tous ces grands officiers ou grandes officières de l’Ordre national du Québec qui ont atteint l’excellence en vivant chaque jour leur vie du mieux qu’elles le peuvent, en se souciant de rendre le monde un peu meilleur parce qu’elles lui ont donné le meilleur d’elles-mêmes. Oui, si la fin du monde est proche, il vaudrait mieux ne pas l’attendre pour dire tout ce qu’on pense de bien à celles et ceux qui ont un quelconque mérite, à commencer par celui d’exister…

Pour la suite du monde

Mais si cette année n’est qu’une année de plus, alors il est certain qu’elle verra son lot habituel de conflits armés, surtout dans des pays qui auraient tant besoin de trêves; ses nombreuses famines avec un milliard d’humains qui vivent avec moins d’un dollar par jour; ses cataclysmes meurtriers; et la propension toujours plus grande à la peur qui se développe chez nous comme ailleurs, conscients que nous sommes de la convoitise que nous engendrons dans les autres parties du globe, etc.

Oui, si cette année ne devait être qu’une autre année qui succède à la précédente, alors il ne nous resterait plus que de souhaiter qu’elle soit vraiment bonne… Mais pour qu’elle le soit, encore faut-il qu’elle soit pleine de vie. Maurice Zundel dit: « la question n’est pas de savoir si l’on sera vivant après la mort, mais d’abord d’être vivant avant la mort » (Vie, mort, résurrection).

C’est ainsi que je vous la souhaite, l’année 2012 : pleine de vie, vraiment bonne!

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