Le Poker, mode passagère ou mode de vie ?

http://www.cyberpresse.ca/sports/201011/09/01-4340681-jonathan-duhamel-touche-le-magot.php

Jonathan Duhamel... Un nouveau modèle ?

Quand la nouvelle traverse tous les médias, qu’ils soient écrits, télédiffusés, audio et sociaux via Internet, c’est sans doute qu’il y a là quelque chose d’important pour la société tout entière. C’est habituellement ce que je me dis, moi qui aime bien croiser les sources d’informations pour me faire une meilleure idée de la teneur d’une nouvelle. Et c’est ce qui est arrivé, en ce début de novembre, lorsqu’un Québécois, Jonathan Duhamel, a remporté la victoire – et surtout la cagnotte – au plus grand tournoi de poker du monde, à Las Vegas.

Loin de moi l’idée de vouloir dénigrer cette victoire. Je ne joue pas au poker, mais je sais que c’est tout un art. Il faut déployer une grande expérience, une attitude à toute épreuve, et avoir beaucoup de chance pour réussir et se rendre jusqu’aux plus hauts sommets. Ce n’est sans doute pas par hasard que ce jeu est classé sous la rubrique « sports ». Si l’activité physique n’est pas apparente, la transpiration doit l’être particulièrement lors des moments de grande tension!

Je n’en ai pas contre le jeu en tant que tel. Je voudrais traiter des effets d’une telle médiatisation. On sait déjà que le jeu en ligne, sur Internet, est une source de revenus parmi les plus lucratives de la planète. Vous le savez bien, nous sommes constamment sollicités par des publicités intempestives qui arrivent dans nos boîtes à courriels ou, pire, qui surgissent comme ça lorsque nous visualisons une page web, sans l’avoir sollicité, également à la télévision depuis quelques mois. Si c’est lucratif, alors c’est que des gens y mettent de l’argent… on parle de plus en plus d’argent en échange d’aucun produit, seulement du divertissement, de l’adrénaline.

«Il existe une règle simple pour toutes les addictions […]: l’augmentation de l’offre augmente le risque qu’une personne potentiellement dépendante le devienne.» (Pr Michel Lejoyeux au quotidien Le Monde, 15 oct. 2009)

On devient très rapidement un joueur compulsif. Lisez ce témoignage d’un jeune qui montre qu’il ne faut que 2$ pour entrer dans la dépendance…

Ici au Québec, à partir de cet automne, Loto Québec devrait instaurer son site de jeu en ligne, incluant le poker Texas Hold’em en réseau. C’est une version semblable de ce jeu qui a mené notre champion à Las Vegas. Pour ce seul championnat, plus de 7000 participants s’étaient inscrits au départ, la grande majorité ayant dû payer des frais de 10 000$. Mais il s’agit là d’un très petit échantillon de joueurs sur Internet. Ce type de jeu s’est développé de manière effarante au cours des dernières années au point que les coûts sociaux commencent à peine à être soupçonnés. Et tous les joueurs ont en commun le désir de gagner, gagner encore, gagner plus. Il faut à un moment se poser la question du genre de société que nous construisons en encourageant les citoyens et les citoyennes à jouer toujours plus, à dépenser toujours plus, au point où un pourcentage inquiétant va peu à peu sombrer dans une dépendance dramatique.

“Les adultes ont une sorte de patrimoine, explique une spécialiste en prévention pour le jeu chez les jeunes de l’Université McGill, Isabelle Martin. Leurs problèmes de jeu ont un impact sur leur conjoint ou leur conjointe, sur leurs enfants, et même sur leur famille élargie. Ils vont aussi pouvoir parier leur voiture, leur maison, ce qui peut avoir un plus gros impact sur une vie. Les jeunes n’ont pas ces responsabilités. Il se sentent moins à risque.”
Cette insouciance qu’ils ont à l’égard du jeu ne rend les jeunes que plus vulnérables à développer une dépendance. Des études de l’Institut de la statistique du Québec le démontrent: il y a plus de joueurs pathologiques chez les jeunes (2,5 %) que chez les adultes (environ 1 %). Source

Si Loto-Québec veut offrir sa propre vitrine de jeu en ligne, c’est que cette société d’État a flairé les recettes qu’elle peut en dégager et poursuivre sur sa lancée de gagner, elle aussi, toujours plus sur le dos des joueurs à qui l’on fait miroiter des gains fantastiques.

L’argument financier étant au cœur de la question de l’étatisation du jeu, soulignons qu’une étude américaine démontre qu’aux États-Unis, chaque bénéfice de 1$ coûte 6$ à la société. Une autre étude américaine estime également qu’un joueur coûte 18 000$ à l’État tandis qu’au Canada, l’évaluation du Canada Tax Foundation estime que chaque joueur pathologique entraîne annuellement des coûts sociaux de 56 000$.
Ces études attestent des coûts sociaux et humains qui découlent des jeux de hasard et d’argent mais tiennent également compte des coûts liés aux soins de santé relatifs au jeu (traitement et prévention), des coûts du système judiciaire, de sécurité publique ou économiques.

Selon les données de l’Institut de la Statistique du Québec, le nombre d’élèves québécois du secondaire s’adonnant aux jeux d’argent sur Internet a doublé entre 2006 et 2008 pour atteindre près de 25 000 jeunes. Source

Voilà donc le point où je veux en venir. Nous dépensons des milliards en soins de santé pour remédier au tabagisme. Nous faisons de même avec l’alcool et les toxicomanies. Nous n’en avons pas assez, nous allons désormais via notre Loto-Québec soutenir des initiatives qui vont conduire d’autres personnes vers la dépendance et les envoyer à leur propre perte. Et nous corrigerons plus tard les excès par d’autres taxes et impôts. Et nous aurons de plus en plus de nos compatriotes qui seront sous l’emprise du dieu des dépendances, celui qui conduit à l’absence de liberté, qui rend prisonnier et confine à la déchéance. Résultat : nous générerons davantage de gens de la rue, appauvris par leur dépendance et laissés à eux-mêmes. Nous aurons un taux de criminalité en hausse. Nous en paierons le prix comme société pour n’avoir pas été en mesure, collectivement, d’imposer un cadre aux libertés individuelles. Il y a deux mille ans, un certain Jésus a dit quelque chose comme : « Vous ne pouvez pas adorer l’Argent et Dieu. Vous finirez inévitablement par oublier le second et vous perdre dans le premier. »

Les directeurs régionaux de santé publique au Québec s’entendent pour dire que, dans ce dossier, la prévention doit primer tout autant sur les avantages économiques attendus de cette nouvelle offre de jeu. (février 2010)

Mais il semble bien que nous n’avons toujours rien appris. Nous préférons une liberté individuelle qui finit par nous enfermer à un projet de société qui pourrait nous inciter à ne pas nous laisser dévier dans la dépendance. Comme parent de cinq enfants, je considère que la société dans laquelle je vis, et surtout l’État qui la gouverne, ne font pas leur part pour assurer un environnement favorable au développement humain.

Je vois déjà surgir une masse de nouveaux joueurs en ligne qui voudront, comme leur nouvelle idole Jonathan Duhamel, tenter leur chance au jeu même si celui-ci ne les y encourage pas. Ils le feront au point d’en oublier de miser d’abord sur leur formation et leur préparation à vivre dans un monde où la pensée magique est omniprésente, mais ne procure généralement que déception… Qu’en pensez-vous ?

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Jonathan Duhamel… Une inspiration pour la jeunesse ?

Quand la nouvelle traverse tous les médias, qu’ils soient écrits, télédiffusés, audio et sociaux via Internet, c’est sans doute qu’il y a là quelque chose d’important pour la société tout entière. C’est habituellement ce que je me dis, moi qui aime bien croiser les sources d’informations pour me faire une meilleure idée de la teneur d’une nouvelle. Et c’est ce qui est arrivé, en ce début de novembre, lorsqu’un Québécois, Jonathan Duhamel, a remporté la victoire – et surtout la cagnotte – au plus grand tournoi de poker du monde, à Las Vegas.

Loin de moi de vouloir démoniser cette affaire. Je ne joue pas au poker, mais je sais que c’est tout un art. Il faut déployer une grande expérience, une attitude à toute épreuve, et avoir beaucoup de chance pour réussir et se rendre jusqu’aux plus hauts sommets. Ce n’est sans doute pas par hasard que ce jeu est classé sous la rubrique « sports ». Si l’activité physique n’est pas totalement apparente, la transpiration doit l’être particulièrement lors des moments de grande tension.

Je n’en ai pas contre le jeu en tant que tel. Je voudrais traiter des effets d’une telle médiatisation. On sait déjà que le jeu en ligne, sur Internet, est une source de revenus parmi les plus lucratives de la planète. Vous le savez bien, nous sommes constamment sollicités par des publicités intempestives qui arrivent dans nos boîtes à courriels ou, pire, qui surgissent comme ça lorsque nous visualisons une page web, sans l’avoir sollicité, également à la télévision depuis quelques mois.

«Il existe une règle simple pour toutes les addictions […]: l’augmentation de l’offre augmente le risque qu’une personne potentiellement dépendante le devienne.» (Pr Michel Lejoyeux au quotidien Le Monde, 15 oct. 2009)

On devient très rapidement un joueur compulsif. Lisez ce témoignage d’un jeune qui montre qu’il ne faut que 2$ pour entrer dans la dépendance…

Ici au Québec, à partir de cet automne, Loto Québec devrait instaurer son site de jeu en ligne, incluant le poker Texas Hold’em en réseau. C’est cette version de poker qui a mené notre champion à Las Vegas. Pour ce seul championnat, plus de 7000 participants s’étaient inscrits au départ, la grande majorité ayant dû payer des frais de 10 000$. Mais il s’agit là d’un très petit échantillon de joueurs sur Internet. Ce type de jeu s’est développé de manière effarante au cours des dernières années au point que les coûts sociaux commencent à peine à être évalués. Et tous les joueurs ont en commun le désir de gagner, gagner encore, gagner plus. Il faut à un moment se poser la question du genre de société que nous construisons en encourageant les citoyens et les citoyennes à jouer toujours plus, à dépenser toujours plus, au point, dans un pourcentage inquiétant, de sombrer peu à peu dans une dépendance dramatique.

“Les adultes ont une sorte de patrimoine, explique une spécialiste en prévention pour le jeu chez les jeunes de l’Université McGill, Isabelle Martin. Leurs problèmes de jeu ont un impact sur leur conjoint ou leur conjointe, sur leurs enfants, et même sur leur famille élargie. Ils vont aussi pouvoir parier leur voiture, leur maison, ce qui peut avoir un plus gros impact sur une vie. Les jeunes n’ont pas ces responsabilités. Il se sentent moins à risque.”

Cette insouciance qu’ils ont à l’égard du jeu ne rend les jeunes que plus vulnérables à développer une dépendance. Des études de l’Institut de la statistique du Québec le démontrent: il y a plus de joueurs pathologiques chez les jeunes (2,5 %) que chez les adultes (environ 1 %). Source

Si Loto-Québec veut offrir sa propre vitrine de jeu en ligne, c’est que cette société d’État a flairé les recettes qu’elle peut en dégager et poursuivre sur sa lancée de gagner, elle aussi, toujours plus sur le dos des joueurs à qui l’on fait miroiter des gains fantastiques.

L’argument financier étant au cœur de la question de l’étatisation du jeu, soulignons qu’une étude américaine démontre qu’aux États-Unis, chaque bénéfice de 1$ coûte 6$ à la société. Une autre étude américaine estime également qu’un joueur coûte 18 000$ à l’État tandis qu’au Canada, l’évaluation du Canada Tax Foundation estime que chaque joueur pathologique entraîne annuellement des coûts sociaux de 56 000$.
Ces études attestent des coûts sociaux et humains qui découlent des jeux de hasard et d’argent mais tiennent également compte des coûts liés aux soins de santé relatifs au jeu (traitement et prévention), des coûts du système judiciaire, de sécurité publique ou économiques.

Selon les données de l’Institut de la Statistique du Québec, le nombre d’élèves québécois du secondaire s’adonnant aux jeux d’argent sur Internet a doublé entre 2006 et 2008 pour atteindre près de 25 000 jeunes.

Voilà donc le point où je veux en venir. Nous dépensons des milliards en soins de santé pour remédier au tabagisme. Nous faisons de même avec l’alcool et les toxicomanies. Nous n’en avons pas assez, nous allons soutenir des initiatives pour rendre encore d’autres personnes dépendantes et les envoyer à leur propre perte. Et nous corrigerons encore les excès par d’autres taxes et impôts. Et nous aurons de plus en plus de nos compatriotes qui seront sous l’emprise d’un dieu qui est tout le contraire du Dieu de Jésus. Celui-là appelle à la liberté et au don de soi. Le dieu des dépendances conduit à l’absence de liberté, il rend prisonnier et confine à la déchéance. Résultat : nous aurons encore davantage de gens de la rue, appauvris par leur dépendance et laissés à eux-mêmes. Un jour, un certain Jésus a dit quelque chose comme : « Vous en pouvez pas aimer le dieu Argent et Dieu. Vous finirez inévitablement par oublier le second et vous perdre dans le premier. »

Je ne peux que répéter les mots d’un communiqué émis par les directeurs régionaux de santé publique au Québec qui s’entendent donc pour dire que, dans ce dossier, la prévention doit primer tout autant sur les avantages économiques attendus de cette nouvelle offre de jeu. (février 2010)

Mais il semble bien que nous n’avons toujours rien appris. Nous préférons une liberté qui finit par nous enfermer à des lois qui nous privent de nous laisser entraîner dans la dépendance. Comme parent de cinq enfants, je considère que la société dans laquelle je vis, et surtout l’État qui la gouverne, ne font pas leur part pour assurer un environnement favorable au développement humain.

 

5 réflexions sur “Le Poker, mode passagère ou mode de vie ?

  1. Denise dit :

    Je porte les mêmes préoccupations que toi face à cette accessibilité grandissante des jeux de type « loterie ». Et à la publicité qu’on en fait. C’est un peu comme le reste: c’est toujours le Dieu-Argent qui est présenté et adoré… Il faut beaucoup de foi pour aller à contre-courant de cet immense mensonge véhiculé constamment à travers les choix de notre société.

  2. stephan dit :

    loto quebec raporte des milliard en argent a notre cher gouvernement an echange notre gouvernement les laisse agir
    un troupeau sans berger sa donne quoi?
    mais si on regarde chaque personne individuellement … je ne me considere pas comme une brebie egarer au contraire j’ai faite le choix de jouer au poker chez nous… je suis prie avec un probleme de dependance que je suis entrain de regler, je ne vais pas au casino je ne joue pas d’argent car je sait que en bon humain je serait tresssss vite atirer par ce reve de gagner des million et de devenir riche facilement.

    on attend que notre gouvernement enleve toute source de vice et d’atirance malsaine dans no vie ou dans nos face comme a la tele?

    en tan que personne je suis capable de me dire non tout seule…
    je n’est pas de solution a par ne pas attendre que le gouvernement m’enleve toute souce de « mal » je vais le faire tout seule et rester les pied sur terre pour le reste je peut rien faire je pence que la soufrance enjendre le changement 🙂 sa devrait etre pour bientot sur tere

  3. Céline dit :

    Merci Jocelyn pour cette réflexion.
    Je trouve l’opinion de Stéphan intéressante… toutefois, je suis scandalisée de constater que le gouvernement s’engage dans une « soi-disant » source de revenus qui nous coûtera des millions de dollars en frais de santé. Il va de soi que nous ne pouvons pas penser que tous sont aussi forts psychologiquement que notre beau Stéphan qui refuse le jeu parce qu’il en connait les conséquences ! Comment faire confiance en un gouvernement qui préfère tabler sur l’attrait des gens pour le « plaisir » et de ce fait, détruire à petit feu notre société. Moi je suis écoeurée et révoltée ! Nous sommes déjà dans le « boui-boui » jusqu’aux oreilles avec notre système de santé… comment sortirons-nous de ce marasme? Je ne suis pas rassurée de laisser mes enfants et petits-enfants dans une société qui se fiche totalement des lendemains de veille…

  4. stephan dit :

    oui celine je suis daccord j’ai traivailer moi meme dans un centre qui traitait les meme sorte de dependance seul 2/100 de ceux qui avais decider de sans sortir y arrivais la seul constante qui revenais de ceux qui par quasi miracle arrivais a se detacher de leur dependance etais les patien bien entourer, la famille proche un ami de confiance. mais ses personne de confiance etais la avant dans le cercle du « malade » sans que sa ne change rien…. c apres qui prenais l’aide de ses meme personne.

    pourtant tout les mediat, ecole, journeau ect.. ne valorise pas la drogue au contraire allord je me dit esse vrement les mediat qui accentue ce desir de reve et de vie facille non je pence qui a un autre facteur qui pousse les jeunne a avoir du mal a garder les pied sur terre… jocelyn ou celine une idee la dessu?

    • La médiatisation d’un tel succès a une influence réelle sur les gens. Quand l’Impact de Montréal se met à gagner au soccer et que les médias valorisent ses exploits, on voit plus de jeunes vouloir jouer au soccer et les inscriptions sont en hausse. C’est ainsi pour tous les sports. J’imagine un peu que la même chose peut arriver avec le poker… plus on verra des exemples de réussite, plus on encouragera les jeunes à y chercher leur voie.

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