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Vives les vacancesAh ! Les vacances ! Changer de rythme. Changer d’air. Oublier le travail, la routine… Profiter de la vie ! Oui, enfin les vacances!

Après une année de labeur et d’engagement quotidien, prendre du temps pour soi, seul ou avec d’autres, du temps pour se refaire, c’est toujours une bonne idée. Bien sûr, il faut prévoir toutes les conditions matérielles comme les réservations, les trajets, les attraits, etc. Il peut également s’avérer bénéfique d’ajouter une petite touche de spiritualité pour favoriser également un ressourcement de l’âme… Voici quelques petites notes personnelles assorties de liens pour des vacances réussies au plan spirituel.

Cultiver des attitudes

Dans la croissance spirituelle, l’une des toutes premières attitudes provient de l’enfance, c’est l’émerveillement. L’enfant en est rempli dès son plus jeune âge, mais nous en prenons conscience lorsqu’il commence à exprimer des émotions, avec son visage, ses yeux brillants, parfois les sons qui indiquent son intérêt pour quelque chose, un objet, un lieu, une personne… L’émerveillement n’est pas réservé aux enfants ! Au contraire, s’émerveiller devant les petites choses, les beautés de la nature ou bien du génie humain est une attitude qui permet de développer un esprit positif et même s’approcher du bonheur !

La gratitude est une autre qualité de l’âme qui permet de vivre plus harmonieusement. En vacances, on se permet de petites gâteries, des petits bonheurs. Il est important de redécouvrir la valeur de tous ces petits riens qui contribuent à la qualité de notre vie. “Cultiver la gratitude c’est se donner les meilleurs moyens d’être heureux.” Voici un petit présent que j’ai tiré du blogue de Sophie Gueidon pour nourrir la gratitude (n’oubliez pas de continuer votre lecture) :

Qu’on possède un tant soit peu ou qu’on reçoive beaucoup, il ne faut pas tout garder pour soi. La paix de l’âme trouve plus facilement sa voie lorsqu’on nourrit le sens du partage. Des recherches en psychologie de l’enfance ont permis de montrer que c’est peu à peu que l’enfant développe le sens du partage, en lien avec le développement de l’autonomie. Il faut être relativement autonome pour pouvoir partager! C’est donc le fruit d’une certaine maturité. Mais ne nous méprenons pas sur la gratuité pure, il y a toujours un quelque chose pour soi dans le partage, comme une recherche d’égalité plutôt que d’une générosité à sens unique. Abraham Maslow écrivait déjà, en 1950:

La meilleure manière de devenir un meilleur serviteur des autres est de devenir une meilleure personne. Mais, pour devenir une meilleure personne, il est nécessaire de servir les autres. Il est donc possible, obligatoire même, de faire les deux simultanément. (Source)

S’émerveiller (exaltation), nourrir de la gratitude (action de grâce) et partager (“être charitable”) sont trois vertus chrétiennes qui n’ont pas besoin d’être nommées religieusement… Il suffit de les vivre pour se mettre en chemin de croissance spirituelle…

Se repaître, sinon se priver !

Le mot “repaître” a une signification précise, soit manger, assouvir sa faim. Mais au sens figuré, on peut le comprendre comme “rassasier son esprit, ses yeux, se délecter” (Source). Les vacances devraient toujours nous donner l’occasion de nous délecter quand le travail ou la vie quotidienne apporte son lot de routine et de lassitude. Mais comme nous vivons de plus en plus dans une société qui estime hautement les valeurs épicuriennes du plaisir par les sens, peut-être avons-nous des occasions de nous délecter à l’année longue ! Si c’est le cas, une autre manière de nous déplacer durant les vacances serait d’expérimenter une forme de privation. Se priver de paroles (un lieu de silence), se priver d’abondance (un lieu de simplicité) ou se priver de technologies (un lieu sans écrans…). George Sand a peut-être le mieux exprimé cette invitation toute simple :

On se donne bien de la peine et on s’impose bien des privations pour guérir le corps; on peut bien, je pense, en faire autant pour guérir l’âme. (Source)

La délectation tout autant que la privation sont des attitudes qui favorisent la recharge de nos batteries spirituelles ! Voici pour finir un extrait d’un poème de Thérèse de Lisieux qui illustre à merveilles l’expérience spirituelle de la délectation.

L’abandon est le fruit délicieux de l’amour

Il est sur cette terre
Un Arbre merveilleux
Sa racine, ô mystère
Se trouve dans les Cieux

Jamais sous son ombrage
Rien ne saurait blesser
Là sans craindre l’orage
On peut se reposer

De cet Arbre ineffable
L’Amour voilà le nom
Et son fruit délectable
S’appelle l’Abandon

Ce fruit dès cette vie
Me donne le bonheur
Mon âme est réjouie
Par sa divine odeur

Ce fruit quand je le touche
Me parait un trésor
Le portant à ma bouche
Il m’est plus doux encore

Il me donne en ce monde
Un océan de paix
En cette paix profonde
Je repose à jamais

Seul l’Abandon
En tes bras, ô Jésus
C’est lui qui me fait vivre
De la vie des Élus

A toi je m’abandonne
O mon Divin Époux
Et je n’ambitionne
Que ton regard si doux

[...]

Non rien ne m’inquiète. (Source)

Dernière chose: n’hésitez pas à tenir un journal de bord de vos vacances ! Peut-être vous viendra-t-il une inspiration débordante qui vous fera livrer des lignes mémorables !

i_love_nature

Image by elbfoto via Flickr

Mon dernier article traitait de la mort dans le contexte du débat sur l’euthanasie et le suicide assisté. Depuis quelques semaines, ce thème revient constamment dans l’actualité et c’est tant mieux. J’ai participé à plusieurs discussions de couloir, durant des pauses et même à une journée complète de formation sur le sujet à Alma récemment. Ça fait beaucoup de temps passé sur la mort. Il m’est venu à l’idée que nous ne réfléchissons peut-être pas tant que ça sur la vie, cette période de notre existence qui est la seule réelle sur laquelle nous ayons prise… Je suis tombé, par hasard, sur cette citation du Père Marcel Provost, décédé en août dernier, et qui s’étonnait ainsi:

« Ne pensez-vous pas qu’il serait autrement plus urgent de nous demander quel genre de vie nous allons mener avant notre mort? La vie de beaucoup d’entre nous est un énorme bâillement avant de rendre l’âme. Avant de s’interroger sur la mort et ce qui la suivra, il est capital et incontournable de prêter la plus grande attention à notre vie de tous les jours. » (Le Messager de Saint Antoine, nov. 2003).

Un énorme bâillement: quelle tristesse ! Les bouddhistes tibétains voient la chose de manière intéressante : en fait, penser à la mort, ils ne font que ça… jamais pour la mort en elle-même, mais comme un passage à un autre état de conscience. Et la seule manière de faire un transfert de conscience positif, c’est de s’y préparer par une vie bonne, une vie de qualité. C’est ainsi qu’on influence son karma de manière positive et qu’on peut aspirer à une vie future meilleure que la précédente. Bien entendu, on parle ici de réincarnation.

En ce qui me concerne, je ne crois pas en la réincarnation. J’aime plutôt l’idée de la résurrection où, en toute confiance, je me laisse accueillir dans les bras d’un Dieu d’amour infini qui me donnera de vivre auprès de lui dans un horizon éternel. Mais tant dans le bouddhisme que dans le christianisme, la qualité de ma vie présente est vitale pour m’aider à “finir en beauté”.

Ainsi donc, en vivant et en agissant sur cette terre d’une certaine manière, j’en arrive à développer un goût du bonheur qui n’est pas que promesse future, mais plutôt quelque chose que je peux savourer à petites doses dès à présent. Comment puis-je me procurer ces petites doses de bonheur ?

L’enfant qui m’éduque à l’amour

À un moment de ma vie où j’étais défait, brisé par le sentiment d’avoir échoué dans mon rôle de père auprès de mes fils aînés que nous avions dû forcer à quitter la maison dès leur majorité, j’ai fait l’expérience de l’amour du Père, au sein d’un groupe de tradition évangélique. J’ai un autre fils, François, trisomique 21, qui accourt vers moi à chaque fois que je rentre à la maison. À ce moment, je ne peux que tout laisser tomber de mes mains pour les rendre disponibles à l’accueillir au terme de sa course vers moi. Il s’y jette entièrement, sans freiner, au point, parfois, de me faire perdre l’équilibre, et au son d’un “Aaaaah, papa !” qui m’enlève tous les tracas de la journée et me force à sourire de son geste si souvent répété… Voilà le meilleur exemple d’amour d’un fils envers son père. C’est cette image que j’ai transformée dans ce groupe de prière en m’identifiant à mon propre fils et en me projetant moi-même dans les bras de ce Père du ciel. J’ai alors compris l’amour de ce Père, à partir de mon propre amour pour mon petit François. Comment pourrait-il en être autrement ?

Je veux donc me préparer sur terre à courir vers ce Dieu au terme de ma vie. Pour cela, je dois cultiver plusieurs attitudes:

- la gratitude. La vie est reçue comme un don précieux. Chaque instant est une création nouvelle de vie. Chacune de mes respirations est un cadeau de vie. Tout ce que je vis est aussi occasion de devenir moi-même. Il me faut de temps en temps m’ouvrir à l’action de grâce pour cette vie qui me permet d’être ce que je suis.

- L’émerveillement. Chaque petite parcelle de vie est un miracle.  La configuration de la terre et de l’univers, l’eau, la végétation, les montagnes, la couleur du ciel, la vie sous toutes ses formes, l’animal de compagnie, etc. Et ce petit être qui naît dans une fragilité absolue, l’enfant que j’ai et que nous avons tous été et que nous demeurons sans cesse…

- La famille. C’est dès notre entrée au monde que nous sommes inscrits dans une famille. Des parents, souvent une fratrie. La vie commence toujours dans une famille, parfois aussi de remplacement comme pour mes enfants, et quelquefois dans une absence dramatique… La famille est le premier lieu pour découvrir la vie en société, les modes de relations, le respect. La famille est à investir plus que jamais.

- L’ouverture sur le monde. Notre terre est peuplée de plus de 7 milliards d’habitants. Notre univers immédiat en compte souvent quelques dizaines, mais l’ouverture réelle à la différence de ces autres proches est la source de nos relations avec l’humanité. C’est par une expérience positive de cette ouverture que nous créons un monde plus humain !

- L’entraide. Il ne suffit pas d’être ouverts, il faut parfois se mettre les deux pieds dedans ! S’ouvrir aux autres conduit toujours à s’ouvrir davantage. Les appels de la vie nous entraînent peu à peu vers les plus démunis, les exclus. Nous les aidons vraiment quand nous le faisons avec tout notre coeur, pas juste pour la “frime” comme on dit. Et si le coeur y est, le retour en rendement affectif est assuré  !

- Le pardon. J’ai beau être ouvert et vouloir aider, je trébucherai un jour ou l’autre sur un os, sur “l’écœurant” qui m’a fait du mal, quand moi-même je ne suis pas cet écœurant pour un autre que j’ai peut-être rejeté, engueulé ou même agressé. Alors il n’y a qu’une seule route possible, celle du pardon. La vie nous conduit sans cesse sur cette route car il faut la franchir pour grandir. On peut longtemps tenter de trouver des voies alternatives, mais un jour on doit se résigner positivement dans une démarche de pardon, c’est le prix de la croissance personnelle. Lorsqu’on grandit ainsi, la vie future est assurée, car on dispose des outils indispensables pour avancer.

Oui, la vie est plus importante que la mort. Pour le présent, comme pour l’après-mort. Alors je vote pour cette vie en abondance. Je vote pour que la vie continue de me mettre en relations avec tant de personnes bonnes au fond d’elles-mêmes et dont la bonté ne demande qu’à être mise au grand jour. Je veux de cette vie qui me comble en comblant les gens qui m’entourent.

Cette vie est possible ! Y croyez-vous ? Comment la faire surgir encore et davantage ?

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